Protection de l'enfant contre la violence, l'exploitation et les abus

La ratification universelle des deux protocoles facultatifs sur les droits de l’enfant, c’est possible

Le forum pour la promulgation des mesures de protection des enfants contre l’exploitation sexuelle et le conflit armé

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2011/Caldeira
Les hôtes du forum sur les protocoles facultatifs sont (de g. à d.) la Directrice générale adjointe de l’UNICEF Hilde F. Johnson, la Représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence contre les enfants, Marta Santos Pais, l’Ambassadrice de Slovénie Sanja Štiglic, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy, et le Sous-Secrétaire général chargé des droits de l’homme Ivan Šimonovic.

Par Emily Meehan

NEW YORK, États-Unis, 18 mai 2011 – À l’occasion du premier anniversaire de la campagne pour la ratification universelle des deux protocoles facultatifs de la Convention relative aux droits de l’enfant, ses défenseurs ont tenu un forum à New York cette semaine pour la promulgation de la loi de protection de tous les enfants contre la violence et l’exploitation d’ici 2012.

Le forum a été organisé par le gouvernement de Slovénie, l’UNICEF et les partenaires des Nations Unies. Les parlementaires, les représentants de la société civile et d’autres participants à l’événement ont abordé l’objectif de la campagne de ratification : encourager tous les États Membres de l’ONU à devenir parties aux protocoles facultatifs adoptés en 2000.

Les protocoles interdisent la vente d’enfants ; érigent en crime toute forme d’exploitation sexuelle, dont la prostitution et la pornographie ; et interdisent le recrutement et l’utilisation des enfants par les forces et les groupes armés.

Depuis son lancement l’an dernier, la campagne a enregistré 15 nouvelles ratifications pour chaque protocole facultatif et de nombreux engagements officiels vis-à-vis des traités. Les trois quarts des États Membres ont maintenant ratifié les deux protocoles.

Mettre fin aux mauvais traitements et à l’exploitation

Lors du forum, trois pays (la Finlande, l’Île Maurice et le Pakistan) se sont engagés à ratifier le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. Peu après, le Pakistan s’est engagé à ratifier le protocole facultatif sur l’implication des enfants dans les conflits armés.

La Directrice générale adjointe de l’UNICEF Hilde F. Johnson a fait remarquer que malgré ces progrès, il reste du chemin à parcourir. Ce n’est qu’avec une application plus généralisée et plus efficace des dispositions établies par les protocoles que pourra s’effectuer un véritable changement, a-t-elle suggéré.

« Alors que les réseaux internationaux et les mécanismes légaux contribuent à la baisse de l’exploitation sexuelle et des mauvais traitements subis par les enfants, des millions d’enfants continuent d’être attirés, forcés, et vendus dans le cadre de la prostitution, la pédopornographie et le travail des enfants chaque année », a expliqué Mlle Johnson.

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© UNICEF/2011/Caldeira
Pamela Falk (au centre), la correspondante de CBS News, anime un groupe sur la mise en œuvre des protocoles facultatifs avec l’Ambassadeur des Philippines Libran Cabactulan, le Premier Conseiller italien Luca Zelioli et la représentante de Save the Children auprès de l’ONU, Görel Bogärde.

La représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence contre les enfants, Marta Santos Pais, a affirmé que ces enfants étaient exposés à la stigmatisation après avoir été exploités, et qu’ils risquaient d’être criminalisés au lieu d’être protégés.

Luca Zelioli, Premier Conseiller à la Mission permanente de l’Italie auprès de l’Organisation des Nations Unies, a expliqué comment son pays, qui a ratifié les protocoles en 2002, a mis en place un Observatoire national de lutte contre les mauvais traitements infligés aux enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. Le gouvernement a également impliqué les autorités et la société civile dans la lutte contre les mauvais traitements faits aux enfants. Mais les données sont toujours très difficiles à recueillir et analyser, a expliqué M. Zelioli.

Les enfants dans les conflits armés

Entre temps, l’UNICEF et ses partenaires ont contribué à la libération d’environ 20 000 jeunes impliqués dans les conflits armés entre 2008 et début 2010. Les enfants affectés ont depuis bénéficié de programmes de réintégration dans la société. Mais un nombre inconnu d’enfants sont toujours affectés, un problème qu’aborde le protocole facultatif sur l’implication des enfants dans les conflits armés.

Ces derniers mois, le Comité des droits de l’enfant (chargé du suivi de la mise en œuvre des protocoles facultatifs) a relevé des cas d’exécutions extrajudiciaires d’enfants, de poursuites d’enfants devant des tribunaux militaires et d’utilisation d’enfants comme espions ou boucliers militaires. Il s’agit de violations du protocole sur les conflits armés, a affirmé Ivan Šimonovic, Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme, qui participait au forum.

« Tous les pays, peu importe leur taille, qu’ils soient pacifiques ou sans armée permanente, doivent appuyer cette initiative afin d’établir un consensus moral selon lequel les filles et les garçons n’ont pas leur place dans la guerre », a ajouté Radhika Coomaraswamy, représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés.

L’action

« Ces protocoles sont axés sur l’action », a conclu M. Šimonovic. « Ils obligent les Etats à rendre compte régulièrement des actions menées pour mettre en oeuvre les protocoles ».
Le Comité des droits de l’enfant a jusqu’à présent reçu plus de 80 rapports de ce type pour le protocole facultatif sur l’implication des enfants dans les conflits armés et 70 rapports pour le protocole facultatif sur la vente des enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, a-t-il précisé.

L’UNICEF et ses partenaires de la campagne de ratification sont prêts à assister les pays qui rencontrent des difficultés dans la mise en œuvre des protocoles. « Quel que soit le processus ou le prix, a ajouté Mme Johnson, comment le comparer au prix de la vie d’un enfant, à sa liberté, ou à son droit de ne pas être exposé aux mauvais traitements et à l’exploitation ? ».


 

 

CRC @ 20


La Convention sur les
droits de l'enfant a
20 ans

Tous les droits,
pour tous les enfants

(Site Web en anglais)

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