Protection de l'enfant contre la violence, l'exploitation et les abus

Lors de la clôture de la Clinton Global Initiative, les partenaires s'engagent à agir contre la violence envers les filles

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2009-1432/Markisz
Les responsables et les partenaires se réunissent lors de séance plénière de clôture de la Clinton Global Initiative pour annoncer un nouvel engagement afin de faire face à la violence contre les filles.

Par Amy Bennett

NEW YORK, États-Unis, 25 septembre 2009 – L'ex-Président des États-Unis Bill Clinton a clôturé l'édition 2009 de la réunion annuelle de la Clinton Global Initiative (CGI) - quatre journées de dialogues et de collaboration qui se sont achevées ce jour même à New York - en annonçant de plus amples engagements pour faire face à l'un des défis les plus urgents de la planète. 

Une nouvelle façon d'aborder le problème de la violence contre les filles figurait en tête de liste.

Pour tenter de faire face aux violations des droits et aux impacts sur la santé résultant de la violence sexuelle, la CGI avait organisé des débats au sein des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), des représentants du secteur privé et cinq institutions des Nations Unies : l'UNICEF, l'ONUSIDA, le Fonds des Nations Unies pour la population, le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme et l'Organisation mondiale de la Santé.

« Toutes ces organisations s'unissent pour combattre la violence sexuelle contre les filles en portant une attention particulière sur les pays qui luttent contre la propagation du VIH/SIDA, » a dit le président Clinton. « Elles rassembleront de nouvelles données dans sept pays d'Asie et d'Afrique et développeront des stratégies de communication afin de toucher des millions de personnes grâce à des compagnes de sensibilisation et mobilisation, » a-t-il ajouté.

« Une violation flagrante de leurs droits »

« La violence sexuelle contre les enfants est une violation flagrante de leurs droits, un scandale moral et éthique ainsi qu'une agression contre la conscience mondiale, » a déclaré la Directrice générale de l'UNICEF Ann M. Veneman. « La violence sexuelle peut aboutir à des enfances perdues, à une éducation abandonnée, à des problèmes physiques et émotionnels, à la propagation du VIH et souvent à la perte irrévocable de la dignité et de la confiance en soi. »

Avant la poursuite de la clôture de la séance plénière de la CGI durant l'après-midi, Ann M. Veneman a rejoint la Secrétaire d'État américaine Hillary Rodham Clinton et divers autres responsables pour un petit déjeuner de travail officiel au siège de l'ONU. Co-organisé par les Gouvernements des Pays-Bas, des États-Unis et du Brésil, la réunion avait aussi pour sujet la nécessité de combattre la violence contre les filles.

Le petit déjeuner de travail offrait l’occasion d’attirer sur cette question l’attention de la communauté internationale au plus haut niveau; de mettre en relief le mandat du Représentant spécial du Secrétaire général pour la violence contre les enfants; et de renouveler les engagements pris afin de mettre en place les recommandations de l'Étude du Secrétaire général sur la violence contre les enfants.

Un passé lié à la violence sexuelle

Les recherches cautionnent l'appel à l'action urgent lancé par les participants de la réunion à propos de la violence sexuelle.

Par exemple, en 2007, les CDC, l'UNICEF et des organisations servant de partenaires locaux ont mis en place une enquête nationale sur la violence contre les filles et les jeunes femmes au Swaziland, le pays ayant la prévalence de VIH chez les adultes la plus élevée du monde.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2009-1428/Markisz
Lors d'un petit déjeuner de travail officiel au siège de l'ONU, la Secrétaire d'État des États-Unis Hillary Rodham Clinton prend la parole contre la violence envers les filles.

Environ un tiers des filles concernées par l'enquête ont fait état d'un passé lié à la violence sexuelle. Plus de 40% de celles qui ont été victimes de violences sexuelles au cours de leur vie ont subi deux agressions ou plus avant d'avoir atteint 18 ans.  

L'enquête a débouché au Swaziland sur une série d'actions politiques et législatives dont la création de la première Unité de lutte contre les agressions sexuelles contre les enfants du pays. Elle doit être discutée au Parlement d'ici la fin octobre.

Risque d'infection par VIH

Les recherches montrent également que la violence sexuelle contre les filles est à la fois un vecteur direct et indirect de la pandémie de VIH/SIDA, le risque d'infection par VIH étant augmenté à la suite de rapports sexuels sous la contrainte, particulièrement chez les enfants.

« Notre fondation a un programme contre le SIDA et deux des porte-paroles les plus marquants que nous ayons jamais eues étaient deux jeunes adolescentes, une de Zambie, l'autre du Lesotho, » a dit l’ex-Président Clinton. « Elles ont été infectées parce qu'elles avaient été violées en revenant de l'école. »

Évoquant les filles menacées de violence sexuelle dans le monde, il a ajouté : « Nous avons beau faire tout cela, l'éducation, les écoles... Mais si celles-ci ne sont pas sûres, nous faisons tout cela pour rien. »


 

 

Recherche