Protection de l'enfant contre la violence, l'exploitation et les abus

L’UNICEF s’associe à l’appel lancé pour mettre fin à l’impunité de ceux qui violent les droits des enfants dans les conflits armés

Image de l'UNICEF: NYC, Executive Director Ann M. Veneman
© UNICEF/HQ08-0680/Markisz
La Directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman s’exprimant lors de la réunion du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés. L’UNICEF collabore actuellement avec la Représentante spéciale du Secrétaire général pour réaliser un manuel consacré aux meilleures méthodes de réinsertion des enfants soldats.

Par Elizabeth Kiem

NEW YORK, 17 juillet 2008 – A l’occasion du dixième anniversaire du statut faisant de l’enrôlement des enfants un crime de guerre, les membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies ont été appelés à prendre rapidement des mesures destinées à mieux protéger les enfants dans les zones de conflit ainsi qu’à mettre un terme à l’impunité de ceux qui violent leurs droits.

Lors du débat public sur les enfants et les conflits armés, les intervenants - dont la Directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman -  ont rappelé aux membres du Conseil que les enfants continuent à être victimes de violations de leurs droits, à subir des violences sexuelles, à être enrôlés et visés dans les zones de conflits alors que les adultes qui commettent ces délits se sont pas redevables de leurs actes. 

« Le Conseil de Sécurité est l’organe exécutif de l’ONU pour les problèmes de paix et de sécurité, » a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée des enfants et des conflits armés, Radhika Coomaraswamy. Elle a appelé le Conseil de sécurité à considérer « l’imposition de mesures ciblées » contre ceux qui violent constamment le droit et figurent sur ce qu’on appelle la « liste de la honte », un document annexe établi par le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés dans le dernier rapport du Secrétaire général. 

Conflits et mortalité infantile

Apportant son soutien à la demande de Mme Coomaraswamy, Mme Veneman a ajouté que « la meilleurs protection pour les enfants est d’empêcher dès le départ les apparitions de conflits. »

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La Représentante spéciale Radhika Coomaraswamy s’exprimant lors de la réunion du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés. Elle a déclaré que de récents voyages l’ont convaincue que « la nature de la guerre est en train de changer. »

Mme Veneman a fait valoir que, outre les crimes physiques et les pertes familiales imposées aux enfants par la violence et la guerre, les conflits armés ont de lourdes conséquences sur leur santé. Dans les zones de conflits et post-conflictuelles, il arrive souvent que des maladies évitables telles que le paludisme, la rougeole et la diarrhée réapparaissent.

Selon Mme Veneman, dans les trente-trois pays les plus touchés par les conflits armés de 2002 à 2008, vingt d’entre eux n’ont pas fait de progrès, ou peu, en matière de réduction de la mortalité infantile parmi les enfants de moins de cinq ans.

La violence sexuelle comme « motif d’action »

Les intervenants ont aussi demandé que le recours endémique à la violence sexuelle dans les situations de conflit soit examiné par le Conseil de sécurité, rappelant l’adoption récente de la résolution 1820 qui fait du viol un crime de guerre.

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Le Conseil de sécurité de l’ONU débat de la question des enfants et les conflits armés lors d’une réunion organisée au Siège des Nations Unies à New York.

Au cours des débats, Kathleen Hun, de Watchlist, une coalition d’ONG, a demandé l’extension des compétences des organismes de l’ONU chargés de la surveillance et de la communication de l’information afin d’inclure la violence sexuelle comme « motif d’action » par la Représentante spéciale.

Un tel élargissement de l’annexe actuelle, qui est seulement limitée aux factions qui utilisent et recrutent des enfants, a reçu le soutien des représentants des Etats Membres comme la Belgique, la France, les Etats-Unis et l’Italie.

Pousser plus loin la résolution 1612

Cette réunion extraordinaire avait été demandée par le Gouvernement du Vietnam dont le Ministre des affaires étrangères est l’actuel président du Conseil de Sécurité. Les débats antérieurs sur la question des enfants dans les conflits armés s’étaient clos par des déclarations mais jamais par aucune nouvelle résolution du Conseil de sécurité depuis celle de 2005 permettant la surveillance et la communication de l’information sur le recrutement des enfants.

La réunion s’achèvera avec une déclaration du Président réaffirmant le rôle des mécanismes de surveillance et de communication de l’information pour protéger les droits des enfants ainsi que la nécessité d’améliorer encore le groupe de travail.


 

 

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