Protection de l'enfant contre la violence, l'exploitation et les abus

Tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines

Image de l'UNICEF
© UNICEF WCARO/2005/Page
Aïcha, 11 ans, a été excisée à l’âge de 5 ans et sa sœur aînée l’a été à 7 ans. Dans leur école d’un village rural du Niger, elles apprennent les dangers pour la santé des mutilations génitales féminines (MGF).

NEW YORK, 4 février 2005 – Deux millions de filles sont exposées chaque année au risque de l’excision – female genital mutilation or cutting (FGM/C). La Journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines du 6 février 2005 assure la promotion des droits des femmes et des enfants dans le but d’éliminer toute forme de MGF.

En préparation de cette journée, les représentants de 10 pays d’Afrique australe et plus de 100 dirigeants religieux se sont réunis à Djibouti afin de débattre des mesures contre les MGF. La responsable de l’UNICEF à la protection de l’enfant contre les pratiques nocives et liées à la spécificité des sexes, Maria Gabriella Devita, a déclaré que cet évènement avait été une réussite, avec des moments d’intense émotion.

« Lorsque le ministre du culte de Djibouti a lu à haute voix à la tribune une proposition tendant à autoriser les MGF en certaines circonstances et sous contrôle médical, environ 150 femmes se sont levées et pendant 10 ou 15 minutes et elles ont tapé sur leurs tables en criant « NON…NON…»

« Il lui a été impossible de poursuivre la lecture de sa proposition. En fin de compte, les dirigeants à la tribune ont accepté d’abandonner cette disposition et ils ont annoncé un accord sur le renoncement aux MGF. Nombreux étaient ceux qui se congratulaient ».

Les MGF sont pratiquées par un bon nombre de pays dans le monde tels que le Sénégal, le Mali, le Yémen et Oman. La Guinée figure parmi les pays où cette pratique est la plus répandue – 99 % des femmes y ont subi des MGF. Ces pratiques sont également signalées en Europe, en Amérique du Nord et en Australie, parmi les populations immigrées.

Les incidences à long terme sur la santé

Aïcha, 11 ans, est du village de Komba au Niger. Elle a été excisée (elle a subi des MGF) à l’âge de cinq ans. « Je ne m’en souviens guère, mais je sais que cela a été pratiqué ici dans notre village » se remémore-t-elle.

« Je me souviens bien de l’excision de ma petite soeur, Fatima. Cela s’est passé il y a trois ans. On l’a emmenée après l’école dans la brousse, loin du village. Lorsqu’elle est revenue, elle pleurait. Du sang coulait sur ses jambes. J’étais triste. Je savais ce qui s’était passé.
J’ai demandé à ma mère pourquoi elle avait excisé Fatima. Je lui ai dit que c’était mauvais pour les filles! »

Une excision forcée est douloureuse et traumatisante. Ceci est bien pire en l’absence d’anesthésie. Une lame non stérilisée peut exposer au VIH/SIDA ou à des complications à long terme d’ordre médical, notamment des infections pouvant conduire à la stérilité, entraîner des hémorragies, des règles douloureuses et des accouchements potentiellement mortels.

Aïcha se rappelle que sa mère expliquait que leur coutume avait toujours prévu les MGF.  Le tour de sa cousine Alima est venu alors qu’elle avait sept ans, raconte Aïcha. « Elle a compris ce qu’ils voulaient faire. Elle a essayé de courir. Mais on l’a tout de même rattrapée. Elle n’a pas cessé de perdre du sang de toute la journée. Cette nuit-là, elle a perdu connaissance. Ils ont dû la conduire à l’hôpital. Elle y est restée cinq jours. Elle doit y retourner tout le temps. Elle a toujours mal, même maintenant ».

Le travail de l’UNICEF Niger a eu une incidence positive. Alima a été la dernière fille de Komba à être excisée. Les MGF ont été abandonnées depuis à Komba, dans les villages environnants et dans quatre autres districts. Les dangers des MGF, qui étaient autrefois un sujet tabou, sont à présent admis ouvertement par le gouvernement et on en discute en classe dans les villages.

Dans les campagnes de sensibilisation de la population, on cherche à atteindre les acteurs clés de la société dans la lutte contre les MGF : les chefs de village, les médias, les dirigeants traditionnels et religieux, les jeunes, les enseignants, les infirmières, les sages-femmes et les femmes qui pratiquent l’excision.  En 2003, le gouvernement du Niger a adopté une loi prévoyant des amendes ou des peines de prison pour ceux qui effectuent des MGF.

Dans cette campagne pour l’abandon de la pratique des MGF partout en l’espace d’une génération, l’UNICEF travaille en étroite collaboration avec ses partenaires dans le monde


 

 

Audio

4 février: le Djibouti vient de ratifier le protocole de Maputo. Mme. Hawa Ahmed, Ministre de la promotion de la Femme, du Bien-être familial et des affaires sociales.

Vidéo (en anglais)

9 février 2005 : Rachel Bonham Carter rend compte des efforts de Tostan, le partenaire de l’UNICEF, en vue d’éradiquer les MGF au Sénégal.

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Vidéo (en anglais)

4 février 2005 : Molly Merching, directeur de l’ONG Tostan, explique comment, en travaillant avec l’UNICEF, ils ont pu persuader presque un tiers de toutes les  communautés du Sénégal pratiquant les MGF d’abandonner cette coutume.

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