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Une loi pour éteindre le feu
Depuis son adoption en 1987, cette loi a sans aucun doute aidé des centaines de milliers d'Américains à quitter les rangs des sans-logis. Mais la tendance à «éteindre le feu», à traiter les symptômes du mal plutôt que de s'attaquer à ses racines, fait que le nombre de sans-abri ne cesse d'augmenter. On peut toutefois faire preuve d'un optimisme prudent. Certains pays industrialisés, en Europe notamment, se montrent de plus en plus créatifs dans leur recherche de solutions. La Belgique, l'Espagne, la Finlande, les Pays-Bas et le Portugal ont intégré dans leur Constitution le droit au logement. Peut-être s'agit-il plus souvent d'une déclaration d'intention que de l'affirmation d'un droit, mais cela montre que les attitudes face aux sans-logis se font peu à peu plus humaines et plus réalistes. D'autres pays devront faire de même en réservant une attention plus soutenue et plus pratique à ce droit humain fondamental qu'est un logement décent. Un certain nombre de villes belges taxent maintenant les maisons inhabitées pour lutter contre la spéculation et la négligence des propriétaires; cette initiative a permis de réduire de moitié en tout juste cinq ans le nom-bre de logis inhabités recensés à Gand. La France a pour sa part annoncé un ambitieux programme de construction de logements pour les plus désavantagés, et de réquisition de locaux vacants appartenant à des sociétés. En Autriche, le Bureau spécial d'assistance aux personnes menacées d'expulsion a mis en place un service de conseil pour aider les individus à réorganiser leur budget: des locataires ont réussi à régler 60 % de leurs arriérés de loyer, évitant ainsi des expulsions, qui coûtent très cher au contribuable. L'un des exemples les plus intéressants nous vient de la Finlande où, à la suite de l'Année internationale du logement des sans-abri (1987), le Gouvernement a entrepris de construire des habitations et de renforcer les services de protection sociale et de soins de santé, tout en obligeant les autorités locales à assurer à chaque sans-abri un logement répondant à des normes minimales. En dix ans, le nombre de sans-logis en Finlande a diminué de moitié. Les autorités finlandaises se sont également rendu compte qu'il fallait aux sans-abri, aux jeunes en particulier, plus que quatre murs et un toit. Elles ont donc créé un programme pour loger ces jeunes à proximité de «familles d'appui» qui peuvent les aider à tenir le bon cap dans la vie. De toute évidence, le problème des sans-logis n'est pas insoluble s'il existe une volonté politique de supprimer les obstacles et de mettre en oeuvre des solutions novatrices. D'ici l'an 2000, le temps est court et les célébrations du nouveau millénaire risquent de sonner bien creux si nous ne mettons pas en place de nouveaux plans, de nouvelles idées et si nous ne faisons pas preuve d'une détermination nouvelle pour fournir des réponses à ce drame qui assombrit notre histoire. «Ce que le parent le meilleur, le plus sage, souhaite pour son enfant, la communauté doit le souhaiter pour tous ses enfants.» C'est en ces termes qu'au début de ce siècle John Dewey, un grand éducateur américain, décrivait l'objectif à atteindre. Ce but est aujourd'hui tout aussi lointain, mais tout aussi riche d'espoir.
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