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Les mines tueuses

Nombre estimatif de mines terrestres

Source: Nations Unies, Département des affaires humanitaires, janvier 1997.

Plus de 115 millions de mines antipersonnel menacent la vie ou l'intégrité physique des habitants dans une bonne soixantaine de pays du monde. Comme chaque année voit poser environ 2,5 millions de mines nouvelles, l'addition mortelle ne cesse de grossir.

C'est en Egypte que l'on trouve le plus grand nombre de mines (estimé à 23 millions) - héritage de la Deuxième Guerre mondiale et des conflits israélo-arabes ultérieurs. Ensuite viennent la République islamique d'Iran, avec 16 millions de mines, et l'Angola, 15 millions. La Bosnie-Herzégovine est le pays le plus lourdement miné, avec une densité de 59 mines au km2. L'Afghanistan, l'Angola et le Cambodge représentent ensemble 85 % des morts et des blessés par mines terrestres.

Le déminage est aussi dangereux que coûteux: s'il ne faut que trois dollars pour fabriquer une mine antipersonnel, il en faut de 300 à 1000 pour la mettre hors d'état de nuire. Il avance également beaucoup moins vite que la pose de nouvelles mines. Jusqu'ici, quelque 15,6 millions de mines ont été enlevées (la plupart en Egypte), soit seulement 13 % du nombre de mines en place. On estime qu'il en coûterait 33 milliards de dollars pour supprimer toutes les mines actives dans le monde.

Les mines terrestres tuent ou estropient une personne toutes les 20 minutes - plus de 25 000 individus par an. Sur ce nombre, 5000 à 6000 sont des enfants. L'Angola compte environ 70 000 amputés, dont 8000 enfants, ce qui fait un amputé pour 154 habitants. La plupart des victimes sont des civils, tués ou blessés après la fin des hostilités.

Les espoirs de mettre un terme à cette mortelle épidémie se concentrent autour de l'initiative du Groupe d'Ottawa et de l'invitation lancée par le Canada aux pays du Groupe et à tous les autres intéressés à revenir en décembre 1997 dans la capitale canadienne pour signer un traité international interdisant la production, l'emploi, le stockage ou l'exportation des mines antipersonnel. Une soixantaine de pays se sont prononcés en faveur de cette interdiction totale, d'autres n'apportant qu'un soutien partiel.

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