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Les enseignants, un élément cléLa classe doit être pour les enfants un lieu qui les stimule - et pour cela il faut des enseignants de qualité. Dans les pays à faible revenu (et sans compter la Chine et l'Inde, les deux pays les plus peuplés du monde) il faudrait, selon certaines projections, quelque 4,5 millions d'enseignants supplémentaires pour assurer une éducation primaire à tous les enfants d'ici l'an 2000 - c'est-à-dire 1,8 million de plus qu'il n'y en aura si les tendances actuelles se maintiennent. On n'a plus le temps de construire assez d'écoles normales pour former tous les enseignants nécessaires si l'on veut atteindre l'objectif de l'an 2000. Il faut donc trouver d'autres moyens de former ces enseignants, par exemple en cours d'emploi, dans le cadre de séminaires ou de sessions régulières. L'Inde offre un modèle pour améliorer la formation des enseignants, avec son Teacher Empowerment Project. Lancé en 1994, il est maintenant opérationnel dans deux des Etats les plus pauvres de l'Inde, le Madhya Pradesh et l'Uttar Pradesh. Ce projet, connu aussi sous le nom de Shikshak Samakhya Pariyojana, ou «voix égale», part du principe que le contrôle local améliore le respect de soi chez les enseignants, et renforce la confiance et la coopération entre ceux-ci et la communauté. Il privilégie l'échange de compétences entre enseignants et recourt à des centres de ressources où les enseignants peuvent se communiquer réciproquement des idées. Il encourage à prêter une attention individuelle à chaque élève, et fait figurer le chant, la danse et les arts au programme d'études.
Le Zimbabwe a réorganisé l'éducation en 1980, après l'indépendance. Aujourd'hui, la formation associe des études à plein temps et des stages pédagogiques. Les élèves-maîtres perçoivent une rémunération qui augmente à la fin de chaque année d'études couronnée de succès, jusqu'à la qualification finale et le plein traitement. Les anciens barèmes salariaux fondés sur la race et le sexe ont été abolis. Pendant les deux premières années, il y a eu pénurie de candidats qualifiés, mais le succès du programme a rapidement attiré dans les écoles du pays un flux d'enseignants compétents. Les sessions de formation en cours d'emploi, régulières et de haute qualité, sont l'une des clés du succès de l'approche Escuela Nueva en Colombie. Des ateliers sont pour les enseignants l'occasion d'échanger idées et méthodes, ce qui est particulièrement important dans les zones où les instituteurs peuvent se trouver assez isolés de leurs collègues. Pour les enseignants, l'avantage de cette formation continue ne réside pas seulement dans l'acquisition de techniques spécifiques, mais aussi dans le message implicite que leurs compétences sont appréciées. Une autre raison du succès des écoles du type Escuela Nueva est qu'elles sont adaptées à la vie des élèves. Le processus d'apprentissage, dynamique et souple, demande aux élèves une participation active, tout en les laissant avancer à leur propre pas et s'absenter s'il est nécessaire, par exemple au moment de la moisson. Le programme d'études est pratique, mettant l'accent sur les modes de vie locaux et couvrant des sujets tels que l'agriculture et les coutumes locales.
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