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Quand les chefs montrent la voieUn petit nombre de dirigeants courageux ont su discerner dans le SIDA l'énorme problème qu'il est pour le développement, et ont lancé en conséquence un appel sans précédent à l'action. Quand cela devient conscient au niveau national, il est possible d'éviter les pires effets de l'épidémie. Ainsi, en Ouganda, le président Yoweri Museveni évoque le SIDA dans presque tous ses discours, et c'est en partie au moins aux retombées de cette éloquence qu'est dû le tassement des taux d'infection dans les zones urbaines du pays. Selon des enquêtes dans des dispensaires de soins prénatals, la prévalence du VIH chez les femmes de 15 à 24 ans a baissé de 35 % entre 1990-93 et 1994-95. En Afrique du Sud, le président Nelson Mandela a appelé à lancer contre le SIDA une lutte de la même ampleur que celle qui fut menée contre l'apartheid. Le Zimbabwe, où les taux de prévalence du VIH sont élevés, a réagi en instituant un cours hebdomadaire obligatoire d'«appren-tissage de la vie» pour tous les élèves de 9 à 19 ans. Ce cours, qui a débuté en 1993, traite du VIH/SIDA dans le respect de la culture et des sentiments, des rôles respectifs des deux sexes et des plans d'avenir, et les élèves élaborent, au travers de jeux de rôle, des stratégies pour répondre aux pressions de leurs camarades.
On trouve aussi en Asie de brillantes réalisations dues à des dirigeants éclairés. Il y a quelques années à peine, la Thaïlande était considérée par des voisins quelque peu condescendants comme le seul pays de la région susceptible d'être confronté à un grave problème de SIDA. Le virus s'y était implanté en 1988, et grâce au commerce du sexe très répandu dans ce pays de 59 millions d'habitants, s'était largement propagé - si bien qu'en 1995, quelque 45 000 Thaïs sont morts d'une infection à VIH.
De pareils succès démontrent que si nous concentrons nos efforts sur les plus vulnérables, si nous nous servons davantage des instruments de communication efficaces et si nous nous attachons à mettre au point vaccins et médicaments de prix raisonnable, nous pouvons arrêter le fléau. Nous avons déjà prouvé qu'il est possible de mobiliser volonté et ressources à l'échelon mondial, par la campagne qui a fait passer en cinq ans à peine les taux mondiaux de vaccination de 40 % à 80 %. Dans la perspective de faire disparaître ce virus de la surface de la terre, le pire qui puisse arriver est de permettre que l'autosatisfaction et le fossé entre les nantis et les pauvres nous empêchent d'élaborer des réponses efficaces pour les pays qui en ont le plus besoin. Nous pouvons vaincre le VIH/SIDA - si nous reconnaissons que c'est une chose qui nous concerne tous. On ne saurait mieux l'exprimer que le président Mandela: «De même que la liberté de chaque nation dépend de celle des autres, de même en est-il de la santé et du bien-être de leurs populations. En aucun domaine cela n'est plus vrai que pour le SIDA. Le problème du SIDA peut être résolu si nous travaillons tous ensemble, comme une communauté mondiale.» |