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La croissance des villes

Numériquement, c'est dans les campagnes que les besoins d'assainissement sont les plus grands. Selon les statistiques de l'ONU, la proportion d'habitants de pays en développement ayant accès à l'assainissement est de 18 % seulement en zone rurale contre 63 % dans les agglomérations urbaines. Toutefois, les données urbaines ne tiennent pas toujours compte des communautés de squatters qui souvent représentent entre 30 et 60 % de la population de certaines villes.

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L'absence d'installations sanitaires hygiéniques nuit à la santé des enfants. Le problème est encore plus aigu dans les camps de réfugiés (ici en République démocratique du Congo, près de Goma).

Mais quoi que disent les chiffres, les lacunes de l'assainissement sont beaucoup plus graves en ville qu'à la campagne, principalement à cause de la densité de la population. En effet, plus les gens sont nombreux dans un espace donné, plus ils risquent d'être en contact avec les détritus et excréta humains.

Or notre monde est en marche vers une urbanisation croissante. D'ici l'an 2000 la moitié de sa population vivra dans les villes, et la proportion atteindra 61 % vers 2025. Dans mon pays, le Pakistan, on compte aujourd'hui environ 70 % de ruraux; il y en aura moins de 45 % d'ici 30 ans.

Comme les autorités n'aident guère les migrants à trouver un logis, ceux-ci vont prendre les choses en main eux-mêmes. Après que les riches se sont bâti des maisons, des bureaux et des magasins, les pauvres s'installent comme ils peuvent sur ce qui reste - les terrains indésirables, marginaux, trop rocheux ou trop sablonneux, mal situés en bordure des décharges, au flanc des collines, dans le creux des ravins, ou encore en > zone inondable.

Les équipements publics sont à peu près inconnus dans ces établissements «informels» surpeuplés, avant tout parce que l'administration se refuse à reconnaître l'existence même de ces colonies. Comment s'étonner alors que ces communautés ne connaissent pas l'hygiène, que la maladie s'y déchaîne? Chez les pauvres des villes, les taux de mortalité infantile sont parfois de 1,5 à 3 fois plus élevés que chez les citadins nantis et que chez les ruraux, principalement à cause du manque d'eau potable et d'assainissement.

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