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L'accès se réduit

Les installations d'assainissement, quand il en existe, sont souvent tristement inadéquates. A Kampala par exemple, on comptait dans les années 80 jusqu'à 40 usagers par latrine municipale. Etant donné la quantité des gens qui les utilisent, il est inévitable que ces latrines publiques soient sales, qu'elles attirent des essaims d'insectes vecteurs de maladies et qu'elles débordent souvent, notamment pendant les orages.

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Les vecteurs de maladie - insectes et autres - pullulent dans les masses de détritus autour des bidonvilles. Aux portes de Guadalajara (Mexique), des habitants du voisinage fouillent une décharge à la recherche de produits récupérables.

Je cherche un réconfort dans quelques bonnes nouvelles. L'une d'elles est que, si les efforts d'assainissement ont essuyé un échec honteux, l'accès à l'eau potable a nettement progressé. En 1994 en effet, les trois quarts de la population mondiale avaient accès à une eau saine, contre tout juste 61 % quatre ans plus tôt. C'est un point très important, car l'eau potable est un élément essentiel dans l'équation de l'assainissement. Mais au cours de cette même période, la proportion des gens disposant de moyens hygiéniques d'évacuation des excréta est tombée de 36 à 34 %.

Cette chute devrait déclencher une sonnette d'alarme. Elle est pour moi signe que la communauté mondiale est bien loin du bon chemin, et qu'à trois ans du nouveau millénaire il ne lui reste aucun espoir d'atteindre son objectif - assurer à chaque habitant de la planète un assainissement adéquat d'ici l'an 2000. La faiblesse des taux d'accès tient en partie à ce que certains pays ont adopté une définition plus stricte de ce qui constitue un assainissement adéquat. Si cette redéfinition est une bonne nouvelle, le fait que les normes minimales aient été relevées d'un cran ne justifie pas que les pouvoirs publics ne puissent, à la fin du XXe siècle, assurer à tous les habitants du pays la satisfaction d'un besoin humain aussi fondamental.

C'est dans les années 80 - souvent appelées «la décennie perdue» du développement -, quand de nombreux pays pauvres ont constaté qu'une partie considérable de leur budget était dévorée par le remboursement d'énormes prêts internationaux, qu'a commencé à s'évanouir l'espoir d'élargir l'accès à l'assainissement.

En Afrique par exemple, le remboursement de la dette a absorbé 22 % de la valeur totale des exportations en 1990. En outre, un nombre considérable d'économies nationales ont subi le traitement de choc des programmes d'ajustement structurel demandés par les institutions de Bretton Woods et les pays donateurs. Des coupes ont été opérées dans les dépenses publiques, et souvent dans les services de base.

Citons quelques chiffres. A Nairobi (Kenya), les investissements en capital pour l'eau et l'assainissement ont été divisés par plus de dix, tombant de 27,78 dollars par habitant en 1981 à 2,47 dollars en 1987, tandis que les dépenses d'entretien diminuaient des deux tiers. Au Zimbabwe, près d'un quart des pompes à eau des villages sont devenues inutilisables lorsque le Gouvernement a coupé dans les crédits destinés aux réparations, les ramenant de 12 dollars par point d'eau en 1988 à 5,30 dollars en 1990. A Kinshasa (République démocratique du Congo), l'incidence du choléra et de la dysenterie est montée en flèche plusieurs mois durant, en 1995, quand les fonds destinés à la chloration de l'eau ont été épuisés.

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