L'impact sur les enfants
L'article sur ces pages
parle à dessein des femmes en tant que femmes, plutôt que des
femmes comme agents de protection des enfants. Mais les conséquences
pour les enfants sont trop importantes pour être omises.
Environ un tiers des décès d'enfants se produisent pendant
le premier mois de vie -- la plupart pendant la première semaine.
Ces vies ne peuvent être sauvées que par une naissance hygiénique
et sans risque, le maintien de la température du bébé,
le lancement de la respiration spontanée et la mise au sein presque
immédiate. Autrement dit, il faut que des compétences et des
soins efficaces soient disponibles pendant la grossesse et l'accouchement.
Les mesures à appliquer pour protéger les femmes et celles
visant à protéger les nouveau-nés sont donc clairement
complémentaires.
Une conséquence encore plus évidente est que les 585 000 femmes
qui meurent chaque année pendant l'accouchement laissent derrière
elles au moins un million d'orphelins. Le coût physique et émotionnel
est incommensurable. On peut en avoir une idée avec une étude
menée au Bangladesh, qui montre des différences très
notables dans les taux de survie des enfants selon qu'ils ont ou non perdu
leur mère (particulièrement chez les filles).
«On constate une grande réticence à parler
de ces avantages pour des millions d'enfants» écrit Carla
AbouZahr, de l'OMS, «de crainte qu'en pensant au nourrisson on n'oublie
les besoins de la mère. Mais cet argument est avancé par ceux
qui n'ont jamais donné la vie à un enfant pour le voir mourir,
qui n'ont jamais passé neuf mois dans l'attente et l'anxiété
pour perdre tous leurs espoirs au dernier moment. La plupart des femmes
veulent leur bébé, et peu de choses sont plus importantes
pour elles que de s'assurer que leurs enfants sont vivants et en bonne santé.
Quelqu'un a-t-il jamais essayé d'évaluer les souffrances des
millions de femmes qui voient mourir leur bébé?»
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