Un traité contre la guerre...
L'influence de la Convention est particulièrement décisive
là où tous les systèmes normaux de protection de l'enfant
ont été détruits.
La Sierra Leone, par exemple, s'est référée à
la Convention pour démobiliser les enfants soldats entraînés
dans la guerre civile. Au Zaïre, l'UNICEF a transféré
1500 jeunes Rwandais des camps militaires vers les camps de réfugiés,
pour éviter qu'ils ne soient impliqués dans les hostilités.
A Sri Lanka, l'âge de l'engagement dans les forces armées a
été récemment relevé de 15 à 18 ans,
et le gouvernement a excipé de la Convention pour résister
aux tentatives de l'armée qui voulait enrôler des jeunes avant
l'âge légal.
Photo: Le droit d'être éduqué et
non exploité, d'aller à l'école et non à la
guerre. ©
Fait extraordinaire, deux groupes rebelles -- le Mouvement de libération
du peuple soudanais et le Mouvement pour l'indépendance du Sud-Soudan
-- ont convenu d'appliquer les principes de la Convention pour protéger
les femmes et les enfants. Les traités ne lient que les Etats qui
les ratifient, mais, dans ce cas, deux factions en lutte pour le pouvoir
ont aussi accepté la Convention.
C'est en invoquant la Convention au milieu des troubles en Afghanistan que
l'UNICEF a suspendu son assistance à des programmes d'éducation
dans certaines parties du pays où des groupes musulmans fondamentalistes
ont fermé les écoles de filles.
Dans bien des nations les enfants continuent à être les victimes
de la guerre des adultes, d'un mécanisme de violence qui les prive
de leur enfance et de possibilités d'éducation, les mutile,
leur fait perdre leur foyer et leurs parents, et même la vie. La Convention
s'efforce de protéger les enfants contre les conséquences
funestes des échecs des adultes. Un premier petit pas en avant a
été
fait.
... et pour l'école
Treize des 43 pays* ont incorporé la Convention dans leurs programmes
scolaires.
Aujourd'hui, de nombreux pays, dont El Salvador, le Portugal et Sri Lanka,
travaillent à incorporer les droits de l'homme dans leurs programmes
scolaires.
En 1991, le Danemark a aussi lancé une campagne pour faire connaître
au grand public les principes de la Convention; des documents sur les droits
de l'enfant ont été distribués à tous les jeunes,
de la première à la dixième année d'école.
L'Egypte intègre les principes de la Convention dans les programmes
des écoles de droit, de travail social et de police, tandis que la
Zambie prévoit de créer à la Faculté de droit
un diplôme post-universitaire sur les droits de l'homme, avec des
cours spécialement consacrés aux droits des enfants.
Le Chili a pris une autre voie, ouvrant en 1994 une institution pour la
défense des écoliers, chargée d'examiner les plaintes
des enfants contre les autorités scolaires.
* Analyse préliminaire des 43 rapports nationaux qui avaient été examinés par le Comité des droits de l'enfant à la fin de 1995.
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