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| Un bon départ dans la vie |
| Présentation : la petite enfance |
Au coeur du développementGaspiller les capacités innées de nos enfants et les priver de soins au cours de ces premières années décisives, cela coûte très cher. Refuser aux enfants le minimum dont ils ont besoin, cest dabord violer leurs droits légitimes et leur porter préjudice autant quà nous-mêmes ; cest aussi permettre aux germes de la pauvreté, de laliénation, de la haine et du désespoir de prendre racine. Les soins aux jeunes enfants sont au coeur du développement humain. Ceux qui sont sensibles aux arguments économiques doivent savoir que le rendement des investissements dans les services et dans la protection de la petite enfance est sept fois supérieur à celui de tout autre investissement. Avec 130 millions de naissances par an, voilà une occasion de développement social que les dirigeants se doivent de saisir et un investissement quils ne peuvent plus se permettre de laisser passer. Dautant que cest notre meilleur espoir de soulager la pauvreté dont sont prisonniers tant dêtres humains et déliminer la discrimination à légard des femmes, bafouant leurs droits et entravant le progrès social. La pauvreté et la discrimination à légard des femmes se perpétuent de génération en génération. En prodiguant aux enfants les soins nécessaires dès leur plus jeune âge, sur la base de légalité des sexes, nous parviendrons à briser ces cycles vicieux de discrimination et de privations et à libérer enfin de nouveaux pouvoirs créateurs.
Il est bien évident que les soins aux jeunes enfants dépassent le foyer pour englober le milieu et la culture de la famille immédiate. Les notables, les chefs religieux, les responsables de la santé et de la nutrition, les enseignants, les employeurs et les nations tout entières ont un intérêt et leur part de responsabilité dans les soins prodigués aux enfants. Le respect des droits de lenfant a des avantages immenses, tant immédiats quà long terme, pour le développement humain. Les enfants que lon protège dès leur naissance, et même avant, ont toutes les chances de survivre, dêtre en meilleure santé et plus heureux, de sépanouir tout au long de leur vie et de devenir des citoyens productifs. Les résultats sinscrivent aussi dans les bilans financiers, avec des coûts inférieurs pour lenseignement de rattrapage et les soins curatifs, et des dividendes à plus long terme : des soins efficaces donnent des sociétés plus solides et plus stables, avec des citoyens mieux nourris, en meilleure santé et plus productifs. Partout dans le monde, des millions de familles prodiguent dexcellents soins à leurs enfants. Mais des millions dautres familles ne sont pas en mesure de le faire, généralement parce quelles font partie du 1,2 milliard de personnes qui, dans les pays en développement, vivent en dessous dun seuil de pauvreté fixé à un dollar par jour. Ces familles mènent un combat acharné, bien que largement méconnu, contre la maladie, le manque dhygiène, lignorance, la malnutrition, le sexisme et souvent la guerre et la violence. Comment sétonner alors que plus de 11 millions denfants de moins de 5 ans succombent chaque année à cette lutte inégale et que des millions dautres enfants gaspillent leur potentiel physique et intellectuel ? Il est difficile de saisir les effets de la malnutrition sur le développement physique et cognitif : la moitié des enfants en Asie du Sud et un tiers des enfants en Afrique subsaharienne sont malnutris, ce qui émousse leur motivation, leur concentration, leur curiosité et leurs capacités cognitives. La malnutrition et les infections fréquentes qui laccompagnent plongent le jeune enfant dans la léthargie et lempêchent de tirer profit des soins quil reçoit. La malnutrition, à laquelle on attribue près de la moitié des décès denfants et un nombre incalculable de vies gâchées, pourrait coûter chaque année au monde léquivalent de 46 millions dannées de vie productive sans incapacité. Au cours de la petite enfance, linsuffisance pondérale à la naissance, des maladies fréquentes, le manque de stimulation, une mauvaise nutrition et les tensions engendrées par la pauvreté compromettent la santé et entraînent une baisse générale des capacités intellectuelles, comportementales et sociales. On pourrait pourtant éviter ce gâchis grâce à des solutions connues, à notre portée et extrêmement rentables. Elles consistent à investir en faveur des enfants du temps, de lénergie, des soins et des ressources et à le faire le plus tôt possible, dès la naissance et même avant, au moment où les investissements ont le meilleur impact sur le développement humain.La création et le renforcement des services sociaux de base, ainsi que létablissement de partenariats solides avec les communautés pauvres, sont autant de mesures qui permettront aux enfants de prendre un bon départ dans la vie. |