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| Le pouvoir de la vaccination |
| Présentation : un nouveau programme |
Un score inégal |
Les victoires remportées sont source de satisfaction, certes, mais elles doivent nous encourager à poursuivre notre effort et à nous attaquer aux maladies qui continuent à tuer et à handicaper des millions denfants. Nous devons nous efforcer dobtenir une couverture vaccinale complète et efficace ; les succès enregistrés dans certaines régions du globe ne suffisent pas : 30 millions denfants ne sont toujours pas vaccinés avant leur premier anniversaire dans le monde en développement ; plus de 900 000 enfants de moins de 5 ans meurent encore chaque année de la rougeole ; le tétanos néonatal tue 200 000 enfants par an ; 370 000 enfants de moins de 5 ans succombent à la coqueluche chaque année et 50 000 à la tuberculose ; la diphtérie est réapparue dans certaines régions de lex-Union soviétique ; la moitié des femmes enceintes ne sont pas vaccinées contre le tétanos néonatal, qui tue 30 000 femmes par an. Comment justifier la passivité devant ces souffrances inutiles, toutes ces pertes en vies humaines ? Imaginez le choc et lhorreur si un séisme se produisait et que les gens restent là à regarder sans porter secours aux survivants ! Pourtant, cest léquivalent dune catastrophe qui tuerait chaque jour plus de 30 000 enfants sans que personne ne bouge ! Ils meurent en silence dans les villages les plus pauvres de la planète, loin du regard et de la conscience du monde. Humbles et faibles dans la vie, ils sont encore plus invisibles dans la mort. Tous les enfants, partout dans le monde, doivent pouvoir bénéficier des avantages de la science et de lexpérience acquise en matière de vaccination. Tous les enfants, partout dans le monde, sans discrimination, ont les mêmes droits et doivent pouvoir les exercer. La Convention relative aux droits de lenfant, qui a été ratifiée par tous les pays sauf deux, oblige les États à appliquer ces droits. Il ne faut pas que la distance et léloignement réduisent notre vision, émoussent nos sentiments ou freinent notre action face à cette tragédie qui se perpétue jour après jour. Notre responsabilité collective est de tout faire pour que ces décès soient évités. Et il est possible de les éviter. Nous pouvons et nous devons aller de lavant. Nous pouvons et nous devons accomplir notre tâche libérer toute la puissance de la vaccination contre les six maladies de lenfance qui fauchent tant de vies. La rougeole représente toujours une grave menace, en particulier en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. Nous devons redoubler defforts pour freiner le déclin de la couverture vaccinale observé en Afrique au cours des années 90. La moitié des enfants qui naissent dans les pays en développement ne sont pas protégés contre le tétanos et 200 000 dentre eux succombent chaque année à cette maladie parce que leur mère na pas été vaccinée. Les nourrissons ne sont pas les seuls à payer leur tribut à la maladie, les femmes aussi : dans certaines régions dAfrique, moins de 40 % des femmes sont vaccinées contre le tétanos. Et dans certaines poches rurales de Chine et dInde, la couverture vaccinale ne dépasse parfois pas 10 %. La coqueluche frappe toujours entre 20 et 40 millions denfants par an, surtout dans les pays en développement, bien quun vaccin existe depuis plus de 70 ans. Les efforts visant à atteindre les laissés-pour-compte doivent aller de pair avec une plus grande sécurité de la vaccination. Il faut sattacher à trouver des solutions pour éviter la réutilisation daiguilles non stérilisées, le manque dhygiène et lélimination inadéquate des dé-chets. Les pannes de la chaîne du froid qui empêchent de conserver les vaccins à la bonne température posent également problème. Il faut former le personnel et introduire des systèmes permettant déviter ces pratiques dangereuses. Le Réseau mondial dinjection sans danger --qui regroupe des organisations internationales, des ONG et des entreprises du secteur privé-- encourage lutilisation de seringues quon ne peut utiliser quune seule fois. Il étudie aussi la possibilité dadministrer certains vaccins par voie buccale, par injecteurs à pression, par pulvérisation nasale, sous forme de crèmes cutanées et même daliments génétiquement modifiés. Avec ces nouvelles méthodes, on éviterait lutilisation des seringues. Aujourdhui, il est prioritaire de renouveler les engagements à tous les niveaux pour obtenir les objectifs déjà définis et atteindre tous les laissés-pour-compte : les pauvres, les personnes déplacées, les habitants des villages isolés et des zones en conflit, les enfants vivant dans les rues et les réfugiés. Il faut aussi lancer de grandes campagnes déducation et de sensibilisation dans les pays les plus frappés, et inciter les gouvernements à résoudre les problèmes liés à la corruption, la pénurie de services et la mauvaise gestion des ressources. |