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 Le pouvoir de la vaccination
 
 Présentation : un nouveau programme
 

Le pouvoir de la vaccination

Par le Dr William Foege

 

Copyright© UNICEF/ 99- 1112/ Lemoyne

Après 15 ans de campagnes ininterrompues dans le monde entier, la vaccination est à la croisée des chemins. Grâce aux efforts des gouvernements, des organisations internationales et de centaines de milliers de bénévoles, la vaccination sauve chaque année 2,5 millions d’enfants. Mais dans les pays en développement, 30 millions de nourrissons ne sont toujours pas protégés et, parmi eux, 11 millions d’enfants meurent tous les ans de causes parfaitement évitables. Le monde a aujourd’hui deux défis à relever : d’une part, atteindre tous ces enfants et, d’autre part, faire en sorte qu’ils profitent des nouveaux vaccins.

Je ne connais aucune autre initiative qui ait laissé un héritage aussi important à l’humanité, avec des effets aussi profonds et positifs, que la vaccination. Dans d’innombrables hameaux comme dans les centres urbains les plus peuplés, en Afrique, en Asie, en Amérique latine ou dans l’ex-Union soviétique, plus de 100 millions de bébés sont vaccinés chaque année contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, la rougeole et la tuberculose. Des millions d’enfants sont ainsi sauvés d’une mort certaine et des millions d’autres soustraits aux handicaps, aux déficiences visuelles ou aux lésions cérébrales.

Des générations d’adultes en bonne santé doivent la vie à des vaccins qui les ont protégés dans leur enfance contre des maladies meurtrières. Les progrès économiques et humains qui font la fierté de tant de sociétés dépendent largement de l’amélioration de la santé publique, dont la vaccination est un pilier.

Pourtant, la vaccination n’est pas reconnue à sa juste valeur, particulièrement dans les pays industrialisés, où elle fait partie des acquis. Et dans le monde en développement, elle ne reçoit pas l’attention qu’elle mérite, même si son apport a été remarquable au cours des 15 dernières années. Depuis les années 70, la couverture vaccinale dans le monde est passée de moins de 10 % à près de 75%, sauvant ainsi la vie de 2,5 millions d’enfants chaque année.

Depuis l’éradication de la variole il y a plus de 20 ans, rien n’illustre mieux le pouvoir de la vaccination que les succès étonnants enregistrés par la campagne visant à éliminer la poliomyélite depuis 12 ans. Le monde entier a les yeux fixés sur les efforts de vaccination qui ont permis de stopper cette maladie, et son cortège de handicaps, de souffrances et de décès. Les cas annuels de poliomyélite, qui se chiffraient encore à 350 000 en 1988, étaient en 1999 inférieurs à 7 000.

Grâce à une mobilisation sans précédent en temps de paix, 470 millions d’enfants de moins de 5 ans ont été vaccinés en 1999. Cet exploit est le fruit du désintéressement, du dévouement et des efforts à long terme déployés par le Rotary International, l’UNICEF, l’OMS et par plus de 10 millions de bénévoles dans une centaine de pays.

Ces efforts ont été couronnés de succès. L’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud ont été déclarées officiellement exemptes de poliomyélite, et dans le continent européen, seule la Turquie a notifié quelques cas en 1998. La maladie disparaît rapidement de la plupart des pays d’Afrique orientale et australe, d’Afrique du Nord et de la Péninsule arabe. En Asie de l’Est et dans le Pacifique, le dernier cas a été notifié en 1997, au Cambodge. En Asie, la poliomyélite s’est aussi retirée mais reste présente en Afghanistan, au Bangladesh, en Inde, au Népal et au Pakistan. En Somalie, au Soudan et dans certaines régions d’Afrique occidentale et centrale, elle se maintient encore en raison des guerres, de la pauvreté et des difficultés d’accès dans certaines régions. Mais le monde est fermement résolu à gagner cette bataille.

* Le Dr William Foege est professeur émérite de santé internationale à la Rollins School of Public Health de l’Université d’Atlanta (État de Géorgie, États-Unis). Il est conseiller principal de la Fondation Bill et Melinda Gates et enquêteur principal sur les bourses accordées à l’Équipe spéciale pour la survie et le développement de l’enfant.

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