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 Je chante contre le sida
 
 Chiffres : progrès et disparités
  

860 000 enfants sans enseignants : un autre aspect du sida

Selon les estimations, en 1999, 860 000 enfants vivant en Afrique subsaharienne ont été privés de leurs enseignants, morts du sida. Les enfants de l’Afrique du Sud, du Kenya et du Nigéria sont les plus gravement touchés par ces pertes.

Pour des raisons difficiles à expliquer, la séroprévalence est très élevée chez les enseignants et les directeurs d’écoles. La Zambie, par exemple, a affiché 1 300 décès d’enseignants au cours des 10 premiers mois de 1998, soit deux fois plus qu’en 1997, ce qui représente aussi les deux tiers du nombre de nouveaux enseignants formés chaque année. En République centrafricaine, entre 1996 et 1998, le nombre d’enseignants décédés était pratiquement équivalent au nombre d’enseignants partis à la retraite.

Bien que le VIH/sida touche tous les secteurs, c’est dans l’éducation que ses répercussions sont les plus graves. Aujourd’hui, dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, des acquis obtenus à grand peine en termes de scolarisation --et les rendements des investissements que les pays ont consentis pour améliorer l’éducation-- sont peu à peu réduits à néant. La scolarité pâtit de l’absence des enseignants lorsque ceuxci sont malades ou décédés, parce qu’ils doivent soigner un membre de leur famille ou lorsqu’un nombre plus restreint de maîtres d’école doivent prendre en charge des classes bondées. Les enseignants séropositifs, qui travaillent dans des régions retirées, sans établissements de santé, demandent à être transférés dans des écoles proches d’un hôpital.
Des enfants privés d’enseignants
Enfants des écoles primaires dont l’ enseignant est mort du sida, 1999
Afrique du Sud 100,000
Kenya 95,000
Zimbabwe 86,000
Nigéria 85,000
Ouganda 81,000
Zambie 56,000
Malawi 52,000
Éthiopie 51,000
Tanzanie 49,000
Congo,Rép.dém 27,000

Source : ONUSIDA,UNICEF

Les enfants subissent aussi les contrecoups du VIH/sida: ils doivent quitter l’école lorsque les familles n’ont plus les moyens de payer les frais de scolarité parce que le soutien de famille est malade et ne travaille plus ou parce que le traitement du sida engloutit une part plus importante du budget familial. Dans certains pays, les parents gardent leurs filles au foyer de crainte qu’elles ne contractent l’infection.

Dans de nombreux pays, d’autres secteurs sont privilégiés au détriment de l’éducation pour faire face à d’autres aspects de la crise du sida, ce qui signifie que le secteur de l’éducation n’a les moyens ni d’engager et de former des enseignants, ni de remplacer ceux qui sont morts. La qualité de l’éducation souffre également de la pénurie de ressources disponibles pour les classes et pour acheter du matériel scolaire. Les attitudes et les pratiques discriminatoires à l’égard des malades du sida perturbent le processus d’apprentissage. Des taux élevés de rotation du personnel enseignant et les fluctuations des effectifs scolaires s’opposent également à une planification efficace de l’éducation.

Toutefois, l’éducation doit être protégée contre la crise du sida car les écoles ont un rôle essentiel à jouer pour limiter l’impact de la maladie. Les programmes scolaires de lutte contre le VIH/sida mis en place dans certains pays ont reçu un coup mortel et l’aide de la communauté internationale est nécessaire de toute urgence.