The Progress of Nations

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 Les enfants perdus

Chiffres : Progrès et disparités
   

Des milliards n’ont ni eau salubre, ni assainissement

Bien que, chaque année, près de 2 millions d’enfants meurent encore des suites de la diarrhée et d’autres maladies d’origine hydrique, la communauté internationale n’arrive toujours pas à garantir une eau salubre et un bon assainissement à ceux qui en ont le plus désespérément besoin. Quelques progrès modestes ont certes été enregistrés ces dix dernières années : entre 1990 et 1999, la couverture mondiale de l’approvisionnement en eau est passée de 78 à 82%. Plus de 800 millions de personnes ont obtenu un accès à l’eau salubre. Et l’accès à l’assainissement est passé de 54 % en 1990 à 59 % en 1999.

Toutefois, en termes absolus, ces améliorations ne suffisent pas à couvrir les besoins : plus d’un milliard de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable salubre et environ 2,5 milliards de personnes --soit plus d’un tiers des habitants de la planète-- ne disposent d’aucune installation sanitaire pour le traitement des excréments.

Dans les 16 pays en développement les plus densément peuplés du globe, où se concentrent les 80% de la population mondiale, la couverture de l’assainissement constitue un défi encore plus cru-cial que l’accès à une eau salubre. Moins de 50% des habitants de la Chine, de l’Éthiopie, de l’Inde et de la République démocratique du Congo ont accès à des installations sanitaires adéquates. Même lorsque la couverture s’étend, comme ce fut le cas au Bangladesh, où elle est passée de 37% en 1990 à 53% en 1999, et au Pakistan (de 34 à 59% pour la même période), la santé de nombreuses personnes reste menacée faute de traitement adéquat des excréments.

Sur les quelque 2 millions d’enfants qui meurent chaque année des suites de la diarrhée et d’autres maladies d’origine hydrique, presque tous ont moins de 5 ans. Des millions de personnes souffrent en outre d’helminthiases, dues à la présence d’excréments humains et de déchets solides dans l’environnement, cause d’anémie, de malnutrition et pouvant même entraîner la mort.

À la maladie et la mort s’ajoutent des épreuves plus subtiles, y compris l’existence misérable des habitants des com-munautés privées d’accès à une eau salubre et à des installations sanitaires adéquates, ainsi que la corvée de l’eau, qui pèse de façon disproportionnée sur les filles, au détriment de leur scolarité, et sur les femmes, au détriment de leur propre santé et des soins qu’elles peuvent prodiguer à leurs enfants.

Malgré une amélioration globale de l’accès à l’eau salubre, certains pays restent à la traîne, tels l’Éthiopie, le Nigéria, la République démocratique du Congo et le Viet Nam, avec des niveaux d’accès inférieurs à 60 %.

Dans certains pays, comme le Bangladesh, la contamination par l’arsenic pollue dangereusement l’eau que l’on croyait salubre.

Mais c’est dans les régions rurales que l’enjeu est le plus crucial : plus d’un quart (29 %) de la population rurale du globe n’a toujours pas accès à de l’eau salubre, et près des deux tiers (64 %), à des installations sanitaires. En milieu urbain, l’élargissement de la couverture de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement n’arrive pas à suivre l’expansion démographique.

L’objectif de l’accès universel à l’eau salubre et à l’assainissement en l’an 2000, fixé lors du Sommet mondial pour les enfants en 1990, ne pourra pas être réalisé dans les délais à l’échelle mondiale, mais cette tâche --compliquée par l’expansion démographique des villes-- n’a rien perdu de son urgence.

Copyright© UNICEF/99-0594/Pirossi

Un village au nord de l’Iraq: la corvée de l’eau à une pompe installée par l’UNICEF. Plus de 1 milliard de personnes de par le monde n’ont toujours pas accès à l’eau salubre et 2,5 milliards de personnes n’ont pas de systèmes d’assainissement satisfaisants

Eau et assainissement : aujourd’hui et hier

Pourcentage de la population couverte dans les 16 plus grands pays en développement

Sources d’eau salubre*

Installations sanitaires**

1999 (1990) 1999 (1990)
Bangladesh 97 (91) Thaïlande 96 (86)
Égypte 95 (94) Égypte 94 (87)
Iran 95 (86) Turquie 92 (88)
Inde 88 (78) Philippines 83 (74)
Pakistan 88 (84) Iran 81 (81)
Philippines 87 (87) Mexique 73 (69)
Mexique 86 (83) Viet Nam 73 (No data)
Brésil 83 (83) Brésil 72 (63)
Turquie 82  (78) Indonésie 65 (54)
Thaïlande 80 (71) Nigéria 63 (60)
Indonésie 76 (69) Pakistan 59 (34)
Chine 75  (71) Bangladesh 53 (37)
Nigéria 57 (49) Chine 38 (29)
Viet Nam 56 (No data) Inde 31 (21)
Congo, Rép. dém. 45 (No data) Congo, Rép. dém. 20 (No data)
Éthiopie 24 (22) Éthiopie 15 (13)

Population totale couverte, dans le monde (en millions)

Sources d’eau salubre*

Installations sanitaires**

1999

(1990) Changement

1999

(1990) Changement

4,932

(4,110) +821

3,599

(2,826) +772   

n.d. =données non disponibles

* Y compris branchements au réseau, bornes-fontaines, trous de sonde avec pompes à main, puits ordinaires couverts, sources protégées, captage des eaux de pluie. Les camions-citernes et l’eau en bouteille ne sont pas inclus. Ces données ne supposent nullement que le niveau des services ou la qualité de l’eau soient suffisants ou sûrs, et elles n’ont pas été actualisées pour tenir compte des intermittences des services ou de la qualité de l’approvisionnement en eau.

** Y compris raccordements aux systèmes d’égouts ou aux fosses septiques, latrines simples à chasse d’eau, latrines améliorées à fosse ventilée, et autres installations, dans la mesure où elles sont privées ou communes (mais non publiques). Sont considérées comme peu hygiéniques, les tinettes, latrines à eau, les fosses d’ai-sance non couvertes, et les toilettes « de brousse », en plein champ.

Source : Estimations UNICEF/OMS, mars 2000, pour Year 2000 Global Assessment of the Water Supply and Sanitation Sector, par le Conseil de concertation UNICEF/OMS pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (à paraître en octobre 2000).