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 Les enfants perdus

Chiffres : progrès et disparités
   

Mutilation génitale des femmes : la bataille est gagnée mais pas la guerre

En décembre 1999, plusieurs milliers d’habitants de Kouroussa, à l’est de la Guinée, étaient présents lorsqu’une douzaine d’exciseurs jetèrent leurs couteaux et refusèrent de continuer à pratiquer la mutilation génitale des fillettes et des femmes. Au Sénégal, 148 villages ont déclaré publiquement qu’ils avaient l’intention de mettre un terme à cette procédure. C’est une grande victoire pour les organisations communautaires, les ONG et les organismes internationaux engagés dans la lutte contre cette pratique douloureuse.

En Afrique, des efforts ont été déployés pour proscrire l’excision, allant de lois qui la criminalisent, à des programmes d’éducation et de sensibilisation. À ce jour, l’excision est interdite dans neuf pays, des poursuites judiciaires ont été engagées dans trois pays, et des lois ont été proposées contre la mutilation génitale des femmes dans trois autres. Vingt pays appliquent ou soutiennent des programmes d’éducation et de sensibilisation. Lespersonnes reconnues coupables encourent des peines allant d’une simple amende à la détention à perpétuité.

 

La lutte continue


Législation/décrets adoptés contre les mutilations génitales féminines (année d’entrée en vigueur) Pays africains   Pays industrialisés
Burkino Faso (1996) Australie (lois étatiques, 1994-97)
Côte d’Ivoire (1998) Canada (1997)
Djibouti (1994) États-Unis (loi fédérale, 1996; lois étatiques, 1994-98)
Ghana (1994)
Guinée (1965) Norvège (1995) 
Rép. centrafricaine (1966) Nouvelle-Zélande (1995)
Sénégal (1999) Royaume-Uni (1985)
Tanzanie (1998) Suède (1982, 1998)
Togo (1998)
Égypte (Décret ministériel, 1996)
Nigéria (État d’Edo uniquement, 1999)

Poursuites en cas de mutilations sexuelles féminines Burkino Faso France
Égypte
Ghana

Projets de lois contre les mutilations génitales féminines Bénin Belgique
Nigeria
Ouganda

Programmes d’éducation et de sensibilisation organisés ou financés par le gouvernement * Bénin Guinée Australie
Burkino Faso Kenya Belgique
Cameroun Mali Canada
Côte d’Ivoire Niger Danemark     
Djibouti Ouganda États-Unis
Égypte Rép. centrafricaine France
Éthiopie Sénégal Norvège
Érythrée Tanzanie Nouvelle-Zélande
Gambie Togo Pays-Bas
Ghana Royaume-Uni
Suède
*Selon les informations les plus récentes communiquées au Centre d’études juridiques de défense des droits de la procréation (CRLP).
Source : CRLP, mars 2000.


En outre, sept nations industrialisées où vivent de nombreux ressortissants de pays où cette pratique existe ont adopté une législation interdisant l’excision. La France s’appuie sur la législation existante, qui interdit les actes de violence entraînant une mutilation, pour poursuivre en justice les personnes pratiquant l’excision ou les parents faisant subir une telle mutilation à leurs filles. La Belgique a proposé des lois pour interdire la procédure, 11 pays industrialisés soutiennent des programmes d’éducationet de vulgarisation, et deux pays ont fait des déclarations condamnant cette pratique.

L’OMS estime que 130 millions de fillettes, de jeunes filles et de femmes (depuis des enfants en bas âge jusqu’aux femmes adultes) ont subi une mutilation sexuelle, à savoir, l’ablation partielle ou complète des organes génitaux externes. L’excision est pratiquée dans près de 30 pays d’Afrique et au sein de quelques minorités d’Asie. En Afrique, le taux de prévalence oscille entre 5% environ en Ouganda et en République démocratique du Congo, et 98% à Djibouti et en Somalie. Environ 75% des cas de mutilation sexuelle des femmes ont été enregistrés en Égypte, en Éthiopie, au Kenya, au Nigéria, en Somalie et au Soudan.

Bien qu’elle soit perçue comme un rituel destiné à garantir la chasteté et à augmenter les chances des filles de trouver un mari, les mutilations génitales constituent une violation des droits fondamentaux des filles et des femmes; on procède à l’ablation d’organes sexuels sains, sans aucune indication médicale, ce qui peut entraîner des complications physiques à long terme, parfois graves,voire fatales, ainsi que des traumatismes psychologiques très sérieux. Cette pratique porte atteinte au droit fondament à la santé et à l’intégrité physique.

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