Libéria

De jeunes Libériens présentent des reportages sur les injustices du système éducatif au Libéria

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© UNICEF/Libéria/Gordon
Emmanuel, 16 ans, de Monrovia, au Libéria, veut participer à la reconstruction de son pays mais il n'a pas les moyens de payer les frais universitaires nécessaires à la poursuite de ses études.

Dans l'élan du 20ème anniversaire de la Convention sur les droits de l'enfant - un accord international de référence sur les droits humains fondamentaux de tous les enfants - l'UNICEF présente une série d'histoires sur les progrès réalisés et sur les défis qui restent à relever. Voici l'une de ces histoires.

MONROVIA, Libéria, 11 janvier 2010 – Alors que le Libéria se remet lentement d'une guerre civile longue de 14 années, son système éducatif garde certains côtés de l’anarchie qui y régnait pendant le conflit.

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Payer pour les diplômes
Lorinah Kolleh, une jeune fille de 17 ans de Kakata, au Libéria, a fait un rapport sur la corruption des enseignants qui acceptent de l'argent - et quelquefois des faveurs sexuelles - des étudiants en échange de meilleures notes

Selon un grand nombre d'élèves qu'elle a interviewés, ces deux pratiques sont répandues et la Directrice de l'enseignement secondaire du Libéria l’admet : « Il est exact que parfois des élèves achètent de meilleures notes pour pouvoir être admis dans la classe supérieure, » a-t-elle déclaré à Lorinah.

« Mais les enseignants sous-payés qui acceptent cet argent pour augmenter leurs salaires sont aussi responsables, » dit Lorinah.

Esprit brillant, avenir sombre

« Je veux être ingénieur et participer à la reconstruction de mon pays, » dit Emmanuel Woanyean, 16 ans, de Monrovia, au Libéria.

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Emmanuel en train d'interviewer la Directrice de l'enseignement secondaire du Libéria.

Mais bien qu'il ait fini premier de sa classe au lycée, Emmanuel n'ira pas à l'école au cours du prochain semestre. Quand sa bourse d'études d'un an dans un institut technique a expiré en juin, il s'est rendu compte qu'il n'avait pas les moyens de continuer.

« Ma mère est enseignante et elle gagne environ 100 dollars par mois soit 1200 dollars par an, » dit Emmanuel.

Coïncidence, c'est exactement ce que coûte une année dans une école d'ingénieurs. Mais sa mère doit payer le loyer, acheter de quoi manger et payer les frais scolaires de la sœur cadette d'Emmanuel.

« Elle fait de son mieux mais ça ne semble simplement pas marcher. C'est désespérant, » dit Emmanuel. 

L'atelier radio de Monrovia

En août, Emmanuel et Lorinah ont participé à un atelier de production d'émissions radiophoniques d'une durée d'une semaine à l'attention de sept jeunes du Libéria. Radio UNICEF - en partenariat avec le programme de l'UNICEF « Back on Track » consacré à l'enseignement dans les situations d'urgence et de transition postérieures à une crise, UNICEF Libéria et les Studios Talking Drums - a animé cet atelier avec trois garçons et quatre filles choisis dans le pays.

Ces jeunes ont appris à enregistrer, monter, écrire et réaliser eux-mêmes un reportage.

Lorinah dit qu'elle n'a jamais payé des enseignants pour obtenir ses diplômes mais elle connaît des élèves qui l'ont fait.

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Lorinah, 15 ans, du Libéria, a participé à l'atelier de radio de jeunes. Elle a réalisé un reportage sur la corruption de certains élèves et enseignants, par l’argent et quelquefois le sexe.

« C'est grave parce qu'ils ne pourront pas faire face aux difficultés, » dit Lorinah, faisant allusion aux défis que pose l'enseignement supérieur. Surtout, Lorinah a demandé à ce que les enseignants qui ont eu des relations sexuelles avec leurs élèves soient démis de leurs fonctions. « En tant que jeune femme, je suis très gênée car cela peut avoir des conséquences très négatives dans la vie de ces filles, » dit-elle.

Le reportage d'Emmanuel raconte ce que c'est que d'être un jeune homme brillant et plein de motivation au Libéria sans avoir les moyens de poursuivre ses études. 

Un des professeurs d'Emmanuel a essayé de l'encourager. « Notre pays se relève de la guerre et sa population est confronté à la crise [économique] mondiale, » dit le professeur. « On ne peut pas se reposer sur ses lauriers. » 

Il a dit à Emmanuel de faire davantage de demandes pour des bourses d'étude auprès du ministère de l'Éducation : « Si tu fais cela en ayant les notes moyennes exigées, je pense que tu peux arriver à être ingénieur et tu seras un espoir pour ton pays. »   
 
L'UNICEF au Libéria diffusera les reportages de ces jeunes pour commémorer le 20ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant.

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Lorinah en train d'interviewer une élève de l'Ecole méthodiste unie J.J. Roberts, à Monrovia.

La Convention garantit aux enfants, entre autres, le droit à un enseignement de qualité.

Le point de vue des jeunes

Il s'agissait du second atelier, d’une série de plusieurs, menés par Radio UNICEF et le programme « Back on Track ». Leur but : introduire le point de vue des jeunes dans le débat sur l'enseignement dans les situations d'urgence et de transition postérieures à une crise; et aussi de célébrer la Convention.

Parallèlement, le programme de l'UNICEF pour le Libéria continue de fonctionner avec les radios locales de tout le pays afin de faire participer les jeunes journalistes à leurs programmes, ce qui renforce les capacités personnelles des jeunes en leur donnant la chance de diffuser leurs voix dans tout le Libéria.  

 

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Audio

Emmanuel, 16 ans, de Monrovia, veut être ingénieur mais il n'a pas les moyens de se payer les frais d'université.
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Lorinah, 17 ans, de Kakata, au Libéria, parle des élèves et des enseignants corrompus.
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CRC @ 20


La Convention sur les
droits de l'enfant a
20 ans

Tous les droits,
pour tous les enfants

(Site Web en anglais)

La voix des jeunes

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