Analyse de politiques et partenariats pour les droits des enfants

Un nouveau rapport publié par l’UNICEF dresse un état des lieux du bien-être des enfants dans les pays riches

Image de l'UNICEF
© UNICEF/SWIT2006-0002/Auf der Mauer
Une jeune fille en train de jouer sur une balançoire dans une cour de récréation de la ville de Zurich, en Suisse. Selon le Bilan 11, réalisé par le Bureau de recherche de l’UNICEF qui évalue le bien-être des enfants, la Suisse est au huitième rang parmi les 29 pays du monde industrialisé.

Un nouveau rapport publié par l’UNICEF dresse un état des lieux du bien-être des enfants dans les pays riches

FLORENCE, Italie, 10 avril 2013 – Le sauvetage de la Grèce, la dette espagnole et les efforts tous azimuts la zone euro revêtent peu de signification pour un enfant de 10 ans mais l’impact des réductions des dépenses publiques et les mesures de restriction se traduisent par de réelles difficultés pour les enfants pauvres et leurs familles.

Il est difficile de dire combien l’actuelle crise financière est profonde et durable. Ce qui est clair cependant, c’est que ses résultats seront perçus dans les années à venir, aussi bien en fonction des politiques engagées pour protéger les droits des enfants et des jeunes durant cette crises qu’en en fonction de la crise elle-même.

Situation des enfants dans les pays riches

Bilan 11 : le bien-être des enfants dans les pays riches, du Bureau de recherche de l’UNICEF, examine la situation des enfants des pays « riches ». Alors que les débats continuent de nourrir des vues diamétralement opposées sur les avantages et les inconvénients des mesures d’austérité et des diminutions des dépenses sociales, le Rapport n° 11 dresse un état des lieux des réalisations des 29 économies les plus avancées du monde pour assurer le bien-être de leurs enfants pendant la première décennie de ce siècle.

Cette comparaison internationale, selon le rapport, prouve que la pauvreté des enfants dans ces pays n’est pas inévitable mais susceptible d’être réduite – et que certains pays font mieux que d’autres pour protéger les enfants les plus vulnérables.

• Télécharger l’intégralité du rapport.
• Voir l’infographie interactive (en anglais) pour les détails concernant chaque pays.
• Voir la vidéo de l’interview de Peter Adamson (en anglais), l’auteur du rapport.

Le rapport conclut que les Pays-Bas et trois pays nordiques – la Finlande, l’Islande et la Norvège – se trouvent de nouveau au tableau d’honneur du bien-être des enfants alors que quatre pays de l’Europe du Sud – la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne – se trouvent placés dans la moitié inférieure. 

Mesure du bien-être des enfants

Bilan 11 : il mesure le développement selon les cinq dimensions de la vie des enfants : bien-être matériel, santé et sécurité, comportement et risques, habitat et environnement.  

L’étude ne conclut pas à une relation ferme entre le PIB par habitant et le bien-être des enfants dans son ensemble. Par exemple, la Slovénie se trouve à un rang supérieur par rapport au Canada mais la République Tchèque à un rang supérieur par rapport à l’Autriche et le Portugal à un rang supérieur par rapport aux Etats-Unis d’Amérique.

Malgré des revers pour certains pays en ce qui concerne certains indicateurs, le tableau général des années 2000 pour le monde industrialisé est celui d’une amélioration régulière dans les différents domaines du bien-être des enfants. Chaque pays pour lequel des données sont disponibles a été témoin de réductions de la mortalité infantile et de « l’aisance familiale réduite » tandis que le taux de scolarisation plus avancée a augmenté.   

Cependant, étant donné l’absence continuelle de données comparatives actualisées au niveau international sur les vies des enfants (la plupart des données dans le rapport s’appliquent à la période 2009-2010, les dernières informations comparatives disponibles), le Bilan 11 rend compte des résultats des décisions gouvernementales durant la période se situant avant la crise. Le rapport affirme que les trois années de difficultés économiques depuis cette période ne présagent rien de bon pour le présent et le proche avenir.  

Informations positives dans le domaine des comportements et des risques

Toutefois, dans leur plus grande partie, ces données suivent des tendances à long terme et rendent compte des résultats des investissements à long terme dans les vies des enfants. Les niveaux moyens de performance scolaire ou les taux de vaccination, ou la prévalence des comportements à risque, par exemple, ne connaîtront probablement pas de changements significatifs à court terme à cause de la récession des trois dernières années.

Et quand on examine la dimension « comportements et risques » du bien-être des enfants, les informations sont positives à tous les niveaux.

Par exemple, parmi les enfants de 11, 13 et 15 ans dans les 29 pays examinés, seulement 8% affirment qu’ils fument des cigarettes au moins une fois par an, seulement 15% déclarent avoir été en état d’ébriété au moins deux fois dans leur vie et environ les deux-tiers n’ont pas été impliqués dans du harcèlement ou des querelles. Parmi les filles, 99% ne tombent pas enceintes entre 15 et 19 ans.

Cependant, le niveau d’activités physiques est faible, l’Irlande et les Etats-Unis étant les seuls pays avec plus de 25% d’enfants déclarant faire de l’exercice pendant au moins une heure par jour.

Des voix trop rarement entendues

À l’occasion du lancement du Bilan 11, l’UNICEF organise une manifestation à Dublin, en Irlande, les 10 et 11 avril en association avec la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne et en collaboration avec Eurochild et le Réseau européen de lutte contre la pauvreté. Cet événement tirera parti de l’élan généré par l’adoption de la Recommandation de la Commission européenne « Investir dans les enfants pour briser le cercle vicieux de l’inégalité»

« Si dans la période actuelle de crise économique, ou dans des périodes meilleures sur le plan financier, l’UNICEF demande de toute urgence aux gouvernements et au partenaires sociaux de placer les enfants et les jeunes au cœur de leurs processus de prises de  décision, » a dit le Directeur du Bureau de recherche de l’UNICEF, Gordon Alexander. « Pour chaque nouvelle mesure politique considérée ou introduite, les gouvernements doivent explicitement explorer son impact et ses effets sur les enfants, les familles ayant des enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Ces groupes n’ont pas de voix dans le processus politique et leurs voix sont rarement entendues. »


 

 

Interview de Peter Adamson, auteur du rapport

Focus

Recherche