Analyse de politiques et partenariats pour les droits des enfants

La violence contre les femmes entrave le développement

Cette année, la Journée internationale de la femme a pour thème  «Une promesse est une promesse : il est temps d’agir pour mettre fin à la violence contre les femmes. »

© UNICEF video
[Vidéo en anglais] Anju Malhotra, Conseillère principale de l'UNICEF pour les questions relatives à l'égalité des sexes et l'engagement civique, explique comment la violence contre les femmes entrave le développement social et économique des nations.  Regarder dans RealPlayer

 

Par Chris Niles

NEW YORK, États-Unis d'Amérique, 8 Mars 2013 –A l’occasion de l’édition 2013 de la Journée internationale de la femme, l'Organisation des Nations unies met en relief le problème de la violence à l'égard des femmes.

Un problème auquel nous devons tous faire face

La violence contre les femmes est un obstacle majeur pour le développement. A moins que ses causes profondes ne soient résolues, la plupart des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne seront pas atteints. Les droits des femmes sont liés à tous les OMD.

Cette violence gangrène l'avenir de millions de femmes et de filles partout dans le monde.

«La violence liée au genre est un problème auquel nous devons tous nous attaquer si nous voulons que nos sociétés correspondent à ce que nous souhaitons pour nos enfants», explique Anju Malhotra, Conseillère principale de l'UNICEF pour les questions relatives à l'égalité des sexes et l'engagement civique. 

Sept femmes sur 10 déclarent avoir été agressées physiquement ou sexuellement dans leur vie. Environ 50 pour cent des agressions sexuelles sont commises à l'encontre de filles de moins de 16 ans.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NYHQ2010-1886/Brooks
Momina écrit sur un tableau dans la salle de classe d'un abri à Kaboul, en Afghanistan. Il y a trois ans, elle et ses enfants ont fui son mari héroïnomane violent et sont venus trouver refuge dans cet abri. Elle y a appris à lire, à écrire et à coudre.

Une femme sur quatre subit des violences physiques ou sexuelles pendant la grossesse.

Un problème qui n'est pas reconnu comme une priorité

Une partie du problème vient du fait que la violence contre les femmes n'est souvent pas reconnue comme une priorité.

Six cent trois millions de femmes vivent dans des pays où la violence domestique n'est pas considérée comme un crime. Selon l’estimation des Nations Unies, 127 pays ne condamnent pas explicitement le viol au sein du mariage. Plus de 60 millions de filles sont mariées avant l'âge de 18 ans.

« Comment pouvons-nous créer l'indignation publique contre cette situation? Il faut que nous fassions passer le message que cette situation n’est pas acceptable », ajoute Mme Malhotra.

Un problème qui menace le développement

Les attitudes qui perpétuent la violence entravent également le potentiel d'un pays.

Un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé de 2005 déclare que la violence contre les femmes est une menace majeure pour le développement social et économique.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/ZAMA2011-0255/Nesbitt
Sylvia [nom modifié] prépare un paquet d'arachide pour la vente au marché communautaire Chibolele dans le quartier de Chipulukusu, Ndola, en Zambie. Son mari l’a battue, aspergée de kérosène et l’a brûlée vive.

Elle est liée à la pauvreté, au manque d'éducation, à  l'inégalité entre les sexes, à la mortalité infantile et aux problèmes de santé maternelle.

«Ceci nous montre que nous devons examiner la question de la violence liée au genre d’une perspective beaucoup plus large que nous l’avons fait jusqu’à présent», dit Mme Malhotra.

Un problème à impact humanitaire

La Journée internationale de la femme intervient à un moment où les Nations Unies sont de plus en plus alarmées par les conséquences désastreuses pour les femmes et les enfants du conflit dans la République arabe syrienne.

Erika Feller, Haut Commissaire assistant pour la protection au Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, a indiqué au Conseil des droits de l'homme l'énorme impact humanitaire de ce conflit, en particulier sur les civils déplacés.

«Ce déplacement n’occasionne pas uniquement la perte de foyers de sécurité économique de millions de personnes, a déclaré Mme Feller, il est aussi accompagné de crimes liés au genre, de la victimisation délibérée des femmes et des enfants, ainsi que d’un  nombre effrayant d’autres violations de la dignité humaine. »


 

 

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