Arménie

En Arménie, les parlementaires s’engagent à investir dans les programmes de développement de la petite enfance

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© UNICEF Arménie/2011/Ghazaryan
Des délégués de 10 pays se sont réunis à Erevan, la capitale de l’Arménie, pour discuter des meilleures manières d’assurer le développement et la protection des enfants vulnérables.

Par David Ponet

YEREVAN, Arménie, 21 juin 2011 – Plus de 40 parlementaires de l’Europe centrale et orientale et de la Communauté d’États indépendants se sont réunis pour une conférence régionale de trois jours en Arménie.

Ils étaient là pour discuter du besoin urgent d’investir dans les politiques et programmes de développement de la petite enfance, et d’intensifier les efforts destinés à renverser la tendance d’institutionnalisation et de violence qui frappe les enfants les plus vulnérables de la région. 

Des réformes en stagnation

La conférence, animée par l’Assemblée nationale d’Arménie et organisée par l’Union interparlementaire et l’UNICEF, a aussi permis aux délégués d’identifier des façons d’améliorer leur rôle de supervision pour soutenir les droits des enfants.

Parlant au nom du Directeur régional de l’UNICEF pour l’Europe centrale et orientale et la Communauté d’États indépendants, M. Steven Allen, la Représentante de l’UNICEF en Arménie Laylee Moshiri a noté que les enfants ne jouissaient pas du meilleur départ dans la vie quand ils sont placés dans des institutions gérées par l’État.

« En fait, c’est à peu près ce qu’il y a de pire », dit-elle. « La région de l’Europe centrale et orientale et de la Communauté d’États indépendants a le plus grand nombre d’enfants institutionnalisés dans le monde : plus de 600 000. Et malgré de nombreuses réformes, ce chiffre est demeuré statique ».

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Ara Babloyan (à droite), parlementaire arménien et Chef du Comité permanent de l’Assemblée nationale d’Arménie sur les soins de santé, la maternité et l’enfance, visite le centre de santé et de la petite enfance « Arbes » au cours de la conférence parlementaire régionale de l’Europe centrale et orientale et de la Communauté d’États indépendants à Erevan.

La discussion a porté sur l’inquiétude que suscite l’institutionnalisation des enfants de moins de trois ans car elle a des répercussions négatives sur le développement physique et cognitif, la sécurité et l’attachement affectifs, l’identité personnelle et culturelle et le développement des compétences peut être irréversible.

Investir dans le développement de la petite enfance chez les enfants pauvres et ceux qui sont les plus vulnérables est tout particulièrement essentiel car cela peut briser l’engrenage de la pauvreté et permettre aux enfants d’avoir une existence saine et productive. Mais lorsque des soins familiaux ou de type familial adéquats font défaut au début de la vie, cela conduit souvent à des retards, des incapacités et des problèmes psychologiques jusque dans l’adolescence et l’âge adulte.

La phase cruciale de la petite enfance

«  La petite enfance est une période qui détermine l’avenir des enfants. C’est donc notre priorité que de fournir les occasions nécessaires au développement de nos plus jeunes citoyens », a déclaré le président adjoint de l’Assemblée nationale d’Arménie Samvel Nikoyan.

Les parlementaires ont reçu des avis d’experts et fait part de leur propre expérience et de leurs connaissances sur la manière dont l’investissement dans les compétences parentales, les services de santé et de nutrition, les services pour les tout-petits et les services de soutien familial se soldaient par des gains à la fois économiques et sociaux. 

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Gagik Baghdasaryan, Représentant arménien de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, lors de son allocution à la Conférence parlementaire régionale de l’Europe centrale et orientale et de la Communauté d’États indépendants.

Les participants ont aussi visité plusieurs projets soutenus par l’UNICEF dans la capitale Erevan et aux alentours, et ont été aux premières loges pour constater la valeur cruciale des programmes de développement de la petite enfance. Il s’agissait de visites à des garderies et des centres de santé et de soutien pour les enfants qui offraient tout un éventail de services - services de santé et d’assistance psychosociale ou d’éducation, développement des compétences et prévention du crime - et présentaient une alternative nécessaire aux installations résidentielles. 

 Tout au long de la conférence, les participants ont été interrogés par des enfants journalistes qui affichaient des « blogs », des interviews et des analyses en ligne alors que la conférence progressait.

Engagement à l’action

À la clôture de la conférence, les parlementaires ont adopté une déclaration d’intention dans laquelle ils se sont engagés à prendre diverses mesures, notamment :

  • renforcer ou développer les mécanismes destinés à défendre les droits de l’enfant et à soutenir l’établissement et le fonctionnement d’un bureau de protection de l’enfance ;
  • investir en priorité dans le développement de la petite enfance, empêcher l’institutionnalisation des enfants de moins de 3 ans, et investir dans des alternatives de qualité dans les soins et le soutien à l’enfance

« En tant que parlementaires, vous pouvez vous assurer que les droits de l’enfant demeurent au premier plan de l’ordre du jour politique de votre pays et sont traités de façon prioritaire », a conclu Anders Johnsson, Secrétaire général de l’Union interparlementaire.

Il a ajouté qu’il leur incombait de soulever des questions au Parlement et de parler haut et fort pour s’assurer d’une visibilité nationale.

« Vous pouvez aussi fixer des cibles, élaborer des plans d’action nationaux et mettre votre gouvernement face à ses responsabilités dans ce domaine », a-t-il dit. « Vous tenez les cordons de la bourse et pouvez vous assurer qu’un financement suffisant est disponible ».


 

 

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