Portraits de l’UNICEF

Le monde entier rend hommage à l’ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF Sir Peter Ustinov

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© © UNICEF/HQ95-0043/Maass

GENÈVE/NEW YORK, 3 avril 2004 – Des centaines de personnes en deuil issues du monde entier se sont rassemblées à la cathédrale St-Pierre, à Genève, afin de faire leurs adieux à l’acteur et à l’écrivain Sir Peter Ustinov. Après un office commémoratif à la cathédrale, Sir Peter a été inhumé au terme d’une cérémonie privée dans le petit village suisse de Bursins, où il vivait depuis 1970.

La troisième épouse de Sir Peter, ses quatre enfants et la Directrice générale de l’UNICEF, Mme Carol Bellamy figuraient dans la foule attristée. « C’était un homme extraordinaire, un esprit extraordinaire, doté d’un humour extraordinaire, qui a servi l’UNICEF pendant 35 ans et qui a été au service du monde, de chacun, y compris des enfants, de façon merveilleuse. C’est une grande perte, » a déclaré Mme Bellamy.

« Aujourd’hui, ce qui me frappe, c’est le choc de sa mort. Mais, bien sûr, c’est de lui dont je me souviens, de sa vie, des moments passés ensemble, » a indiqué Igor, le fils de Sir Peter, à son arrivée à la cérémonie.

Sir Peter est mort lundi 29 mars à l’âge de 82 ans.

Né à Londres en 1921, ayant dans ses ascendants des russes, des allemands, des français et des italiens, Sir Peter a dit qu’il avait  « spontanément un lien d’allégeance à une organisation comme les Nations Unies. » Bien qu’il ait été reconnu internationalement en tant qu’acteur, producteur, auteur dramatique, romancier et conteur, on se souviendra autant de Sir Peter pour son travail en faveur des enfants que pour son apport artistique. Parmi ses innombrables récompenses et distinctions, la reine Elizabeth II l’avait fait chevalier en 1990 pour son œuvre artistique et humanitaire.

  Lorsque Sir Peter a dit, à l’âge de 77 ans, qu’il n’était pas de ceux qui prennent très facilement leur retraite, « il s’agissait peut-être là d’une de ses meilleurs litotes, » a déclaré Mme Bellamy. « Il y a peu d’endroits au monde où Sir Peter ne se soit pas rendu afin de rencontrer des enfants et de plaider leur cause, et peu de communautés dont la condition n’ait pas été améliorée grâce à ses interventions. »

Nommé en 1968 Ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF, Sir Peter a rempli cette fonction bénévole avec son zèle habituel. Pour le compte de l’UNICEF, il a voyagé notamment en Chine, en Russie, au Myanmar, au Cambodge, au Kenya, en Egypte et en Thaïlande.

Sir Peter pressait les gouvernements de reconnaître les droits de tous les garçons et filles. Il a apporté son prestige, son pouvoir de persuasion et son esprit sophistiqué à d’innombrables évènements, qui ont permis d’obtenir des centaines de millions de dollars pour des programmes de l’UNICEF, visant à ce que tous les enfants survivent et aient une adolescence épanouie.

Sir Peter a animé pour l’UNICEF beaucoup d’émissions de télévision spéciales et internationales, ainsi que des concerts de bienfaisance, mêlant toujours avec finesse les distractions et la pédagogie, afin d’attirer partout l’attention sur les questions auxquelles les enfants sont confrontés dans le monde. Il le faisait avec humour et assurance. En 1969, présidant son premier gala, au Théâtre de l’Odéon à Paris, il a parfaitement gardé son sang-froid lorsqu’un danseur du Ballet national polonais, mimant un alpiniste, a coupé accidentellement le fil de son micro. Sir Peter a tout simplement poursuivi comme prévu, et s’est adressé au public en criant pendant le reste de la soirée.

Sir Peter parlait huit langues, mais son véritable don était de parler la langue universelle des enfants. S’il ne pouvait pas s’adresser à eux directement, il les faisait rire d’une manière ou d’une autre, au point – et cela est souvent arrivé – de se mettre à quatre pattes et d’émettre des bruits d’animaux étonnamment vraisemblables.

« Sir Peter pouvait faire rire n’importe qui, » a dit Mme Bellamy. « Son numéro en allemand était le spectacle le plus drôle que j’aie jamais vu – et je ne parle pas un mot d’allemand. »

Sir Peter n’allait pas voir les enfants pour les observer, mais pour discuter avec eux. Avec eux, il a joué au ping-pong en Egypte, fait de la bicyclette au Kenya ; il les a vaccinés en Chine, et il a dansé avec eux au Cambodge et en Thaïlande.

Les films de la visite historique qu’a effectuée en 1986 Sir Peter en Chine, pour des projets concernant la santé et l’éducation des enfants, et de sa visite de 1993 en Russie, pour des installations hospitalières, des refuges et des centres de soins, ont alerté des millions de personnes sur la situation des enfants dans ces deux pays.

Rencontrant et plaidant la cause des enfants les plus nécessiteux du monde pendant des décennies, il a toujours fait preuve d’une énergie et d’un optimisme sans limite.

« Sir Peter a toujours cru que le monde pouvait changer, et que même les enfants vivant dans les conditions les plus épouvantables pourraient connaître un avenir meilleur, » a déclaré Mme Bellamy. « Il va nous manquer terriblement, mais nous garderons son souvenir vivant du mieux que nous pourrons – en nous inspirant de son engagement inébranlable de donner partout aux enfants la vie qu’ils méritent. »


 

 

Visionner l’office funèbre célébré en l’honneur de Sir Peter Ustinov (en anglais)

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