Portraits de l’UNICEF

David Gressly : « On ne s’ennuie jamais »

« La difficulté, quand on travaillait à Abidjan, explique David Gressly, qui était Représentant de l’UNICEF en Guinée avant d’accepter le poste de fonctionnaire principal chargé des opérations de l’UNICEF en Inde, c’était d’essayer d’intervenir dans des opérations humanitaires dans d’autres pays, alors qu’Abidjan lui-même était en train de plonger dans la crise. »

Les représentants de l’UNICEF ont besoin de sources fiables. Dans le cas du coup d’Etat de 1999 à Abidjan, capitale de la Côte d’Ivoire, où il occupait le poste de fonctionnaire régional des opérations pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, David Gressly n’aurait pu rêver meilleur informateur.

« Ca a commencé par un coup de fil de ma femme, qui faisait ses courses de Noël dans un grand magasin, se rappelle-t-il. Elle me prévenait qu’un certain nombre de militaires était entré de force dans le magasin et avait commencé à tirer. Après plusieurs appels téléphoniques, il devint évident qu’une mutinerie militaire venait d’éclater. Avec le personnel sur place, j’ai organisé l’évacuation du bureau.

« Entre-temps, chez moi, tout le monde s’était mis au travail pour faire face à la crise. On remplit les baignoires au cas où l’eau serait coupée, on mit des couvertures aux fenêtres pour empêcher que les déplacements dans la maison puissent se voir de la rue, on baissa les lumières pour ne pas attirer l’attention. Une course rapide dans un magasin tout proche permit de s’approvisionner en nourriture, on vérifia les walkies-talkies. Mes aînés connaissent la routine. »

Prévoir les urgences

C’est ce genre de situations que le personnel de l’UNICEF apprend à gérer. Mais il faut plus qu’un ou deux coups d’Etat pour qu’un homme comme David Gressly perde son sang-froid. Pendant toute cette période, lui s’activait à créer des structures et des systèmes visant à renforcer la capacité de réaction du bureau régional en cas de crise. Grâce à cela, en 2001, l’UNICEF a été en mesure de déployer des équipes pour intervenir dans des crises humanitaires en Guinée, au Liberia et en République centrafricaine. En Guinée, deux bureaux auxiliaires ont ouvert rapidement pour fournir une aide aux réfugiés, aux déplacés de l’intérieur et aux communautés qui accueillaient ceux-ci.

« C’est moi qui en suis le bénéficiaire, maintenant que je suis Représentant en Guinée, sourit David Gressly. Ces structures nous permettent de réagir efficacement sur le terrain. Récemment, je me suis rendu dans la région de Kissidougou [sud-est de la Guinée] et les autorités locales m’ont déclaré que l’UNICEF était l’agence qui fournissait l’aide humanitaire la plus efficace. »

« Au Libéria, pour répondre à un afflux soudain de 20 000 réfugiés, nous avons organisé un pont aérien afin d’amener des fournitures essentielles à Monrovia, ainsi qu’une équipe d’intervention d’urgence. Nous avons reçu la demande le vendredi après-midi, les fournitures sont arrivées dimanche à Monrovia, et les réfugiés les ont reçues le lundi. L’UNICEF a été la première agence à répondre aux besoins de ces derniers. En République centrafricaine, nous avons pu faire pratiquement la même chose : nous avons envoyé des secours d’urgence donnés par les pays avoisinants et une équipe d’intervention. Là aussi, l’UNICEF a été la première agence à réagir. »

Il est manifeste que David Gressly aime passionnément son travail.

« Ce que j’aime dans mon boulot, c’est qu’on peut faire bouger les choses en faveur des enfants à tous les niveaux dans le pays, explique-t-il. Chaque jour, c’est différent, il y a toujours de nouveaux défis et on ne s’ennuie jamais. J’ai l’impression d’avoir le boulot idéal. »


 

 

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