Kenya

Après les élections au Kenya, la violence diminue mais des familles sont toujours déplacées

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© UNICEF Kenya/2008/Cameron
Après avoir été chassée de chez elle par les violences de la période post-électorale au Kenya, Lucia Aguda attend avec ses enfants, dans un camp de Kericho, un moyen de transport pour être emmenée dans le district voisin de Kisii.

NEW YORK, Etats-Unis, 11 janvier 2008 – Les effets de la violence durant la période post-électorale au Kenya continuent de se faire sentir dans l’ensemble du pays. On estime que 25 000 personnes ont fui leurs domiciles et sont dans l’attente de nourriture, d’abris et de médicaments de première nécessité.

Bien que les affrontements aient diminué d’intensité immédiatement après les élections de la fin du mois de décembre, la tension reste élevée entre les opposants politiques divisés par des différences ethniques. Les personnels humanitaires redoutent que les familles déplacées par le conflit ne puissent regagner leurs habitations, dont beaucoup ont été réduites en cendres. 

A Jamhuri Park, à Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi, des douzaines de familles vivent actuellement dans des zones habituellement réservées à des échoppes d’artisans locaux. 

Fatuma Roba, 22 ans, réalise des Journaux numériques pour UNICEF Radio et la Voix des jeunes, le forum en ligne de l’UNICEF pour les jeunes. Elle vit à Kibera et a récemment visité ce camp de fortune.

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Des enfants en train d’attendre dans une grange aux abords de la ville d’Eldoret après avoir été obligés de fuir leur domicile. Ils seront transférés avec leurs familles dans un camp provisoire soutenu par l’UNICEF.

«Leur maison a été réduite en cendres »

Au camp, Fatuma a rencontré des enfants qui n’avaient pas vu leurs parents depuis le début des violences. « Ils attendent simplement que leurs parents – s’ils sont vivants – reviennent et se mettent à leur recherche, » a-t-elle annoncé.

Fatuma a été aussi été choquée de rencontrer une amie qui avait perdu sa maison, détruite quand un petit magasin attenant a été brûlé.

« J’étais stupéfaite – je ne peux même pas l’expliquer, » a déclaré Fatuma. « Elle avait un bébé et vivait avec sa sœur. Elles avaient un kiosque et quand le kiosque a pris feu, l’incendie s’est propagé et leur maison a été réduite en cendres. » 

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Des familles dans un camp pour personnes déplacées de la vallée du Rift, au Kenya. Elles ont pris la fuite lorsque leurs maisons ont été incendiées par les membres d’un groupe ethnique rival.

Effets à long terme

Pendant ce temps, autour de la ville de Nakuru, située dans la vallée du Rift, une des provinces du  Kenya – une autre région touchée par la violence – l’UNICEF et ses partenaires sont à pied d’oeuvre pour aider les 20 000 à 30 000 personnes du secteur qui ont fui leurs domiciles.

La spécialiste de nutrition pour UNICEF Kenya, Linda Beyer, qui revient tout juste d’un voyage à Nakuru, a estimé que 40 à 60% des personnes déplacées se trouvant dans des camps sont des enfants. Le manque d’accès à des hôpitaux et l’absence d’une alimentation adéquate ont créé une situation sanitaire fragile, a-t-elle ajouté. 

Linda Beyer craint que le déplacement n’aient des conséquences négatives à long terme sur le bien-être des familles qui, pour survivre, dépendent de l’agriculture.

« Dans leur cas, pour qu’ils profitent réellement de la prochaine période de plantations, ils faudra qu’ils soient de retour chez eux d’ici la mi-février, » a-t-elle expliqué, «  ou bien ils ne pourront rien planter ou se réinstaller. Par conséquent, si nous ne pouvons par mettre les gens dans les zones où ils peuvent retourner à leur mode de vie, il faudra intervenir pendant plus longtemps. »


 

 

Audio (en anglais)

10 janvier 2008:
Fatuma Roba, qui tient un journal numérique, raconte à UNICEF Radio sa surprise lors de sa visite dans un camp de fortune pour personnes déplacées près de Kibera, à Nairobi. 
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10 janvier 2008:
Linda Beyer, la spécialiste de nutrition de l'UNICEF au Kenya, partage ses inquiétudes face au futur des Kenyans déplacés.
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