En bref: Yémen

Au Yémen, une volontaire de la communauté surmonte les obstacles pour venir en aide aux enfants sous-alimentés

Image de l'UNICEF
© UNICEF Yemen/2012/Al-Asaadi
Mona Ali Aiash, une volontaire de la communauté, au village de Deer Aiash, Yémen, tient Ahmed, son fils de 3 ans, dans les bras

Por Mohammed Al-Asaadi 

GOUVERNORAT D’HODEIDAH, Yémen, 31 juillet 2012 – Mona Ali Aiash, une volontaire de la communauté  du village de Deer Aiash, dans le Gouvernorat d’Hodeidah, effectue des visites à domicile bi-mensuelles aux familles ayant des enfants de moins de 5 ans.

Mme Aiash a suivi une formation de volontaires de la communauté en 2006 grâce à une initiative de l'UNICEF connue sous le nom de Gestion communautaire de la malnutrition aiguë (PCMA). Là, elle a appris à dépister les enfants souffrant de malnutrition et d’aiguiller ceux qui en ont besoin à l'établissement de santé le plus proche. Elle est devenue une agent de mobilisation communautaire dynamique, elle informe les autres femmes et  les encourage à emmener leurs enfants aux centres de soins ambulatoires thérapeutiques, qui sont financés conjointement par le Ministère de la santé publique et de la population et l'UNICEF, aux fins de dépistage.

Bien qu’elle travaillât pour le bien-être de sa communauté, Mme Aiash s’est heurtée à une certaine résistance. Il lui a fallu du temps pour convaincre les membres de son village d’écouter ses conseils.

« Au début, ils n’avaient pas confiance en moi, dit-elle. Ils pensaient que c’était normal, que leurs enfants soient petits. Je continuais à rendre visite aux parents et j’invitais les femmes chez moi et je leur montrais comment allaiter au lieu d'utiliser un biberon et comment respecter l’hygiène  pour éviter la diarrhée et la malnutrition sévère. »

Le mari de Mme Aiash ne pouvait pas accepter que sa femme se soit prise en charge. « On m'a demandé de choisir entre mon mari ou continuer à aider les enfants, dit Mme Aiash. «  Améliorer la vie de ces enfants, c’était ma passion, et j'ai dû divorcer. »

Une sous-nutrition alarmante

Le Yémen souffre d’un sous-développement chronique, exacerbé par des années de conflit, y compris la récente crise 2011.

Près des deux tiers, 58 pour cent, de tous les enfants de moins de 5 ans souffrent d'un retard de croissance - le deuxième taux du monde,  après l'Afghanistan - et la tendance s'aggrave. Quelque 43 pour cent des enfants de moins de 5 ans présentent une insuffisance pondérale, et 15 pour cent souffrent d’émaciation.

« Ces taux élevés de malnutrition chez les enfants très jeunes [6 à 23 mois] sont inacceptables », déclare Flora Sibanda-Mulder, une consultante en nutrition auprès de l'UNICEF- Yémen. « Une intervention d'urgence et efficace s’impose, pour s'attaquer aux causes immédiates et profondes de la sous-nutrition chez les enfants de manière à réduire les niveaux de mortalité et de malnutrition, en particulier parmi les enfants les plus vulnérables."

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© UNICEF Yemen/2012/Al-Asaadi
Mofeed Sharaf, 15 mois, souffre de malnutrition aigüe sévère. Sa mère Badria souffre également de malnutrition. Ils attendent de recevoir des aliments thérapeutiques dans une clinique du Yémen que soutient l’UNICEF.

Une enquête menée en décembre 2011 sur la nutrition dans le Gouvernorat d’Hodeidah a montré un taux alarmant de malnutrition aiguë globale, 32 pour cent. Le taux de malnutrition aiguë sévère , une condition potentiellement mortelle, était de 10 pour cent, ce qui est stupéfiant.

En réponse, l'UNICEF transpose à plus grande échelle ses interventions visant à accroître le nombre de programmes thérapeutiques à l’échelle locale. L'organisation élargit également le réseau de bénévoles de la communauté dans différentes parties du pays. Le plan est de former les 6 000 volontaires actuels qui travaillent sur les programmes de vaccination de manière à ce qu’ils donnent aussi des conseils et un traitement en matière de nutrition.

En juin, l'UNICEF a commencé à établir 110 nouveaux programmes thérapeutiques ambulatoires dans 16 districts ciblés d’Hodeidah. La formation a été prise en charge pour 153 bénévoles de la collectivité de cinq districts du gouvernorat en mai, et en juin, 220 agents de santé ont été formés. Quelque 431 autres volontaires devraient être formés au cours du troisième trimestre de cette année.

Ces bénévoles, comme Mme Aiash, dépisteront les nourrissons souffrant de malnutrition, encourageront l'allaitement maternel et aiguilleront les enfants souffrant de malnutrition vers des centres d'alimentation thérapeutique pour y être soignés.

«Tous les enfants que j'ai aiguillés ces dernières années ont survécu et leur santé s’améliore, cela me donne un sentiment d’accomplissement et m’encourage à continuer », dit Mme Aiash alors qu’elle met fin à sa visite du petit Sharaf Mofeed, 15 mois. « Ce garçon et sa mère souffrent de sous-alimentation mais le garçon s’améliore », constate-t-elle.

L'une  des volontaires les plus engagées

«Trois ans de travail bénévole continu et dévoué font de Mme Aiash l'une des volontaires de la communauté les plus engagés », affirme  Rasha Al-Ardi, une agent de santé et de  nutrition de l’antenne d’UNICEF à Hodeidah.

Mme Aiash a trouvé un sens à sa vie avec ce travail, et elle est maintenant heureuse aussi dans sa vie personnelle.

Elle est maintenant mariée à un homme qu'elle décrit comme «le bon mari», qui soutient son action en faveur des enfants de la communauté. Il l’encourage même à retourner à l'école pour obtenir un diplôme.

Mme Aiash est également désormais l'heureuse mère de deux garçons en bonne santé: 3 ans Ahmed, 3 ans, et Dhaif Allah, 12 mois.


 

 

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