Somalie

Les difficultés quotidiennes demeurent un mode de vie pour de nombreux enfants de Somalie

Il y a un an, le 20 juillet 2011, les Nations Unies déclaraient la famine dans deux régions du sud somalien, le point chaud de la crise humanitaire qui s'installait dans la Corne de l'Afrique. Après un élan de solidarité internationale, la famine s’est achevée en février 2012, et des vies innombrables ont pu être sauvées à travers la région. Mais  millions de personnes en Somalie, Éthiopie, et Kenya continuent d’avoir besoin d’une aide humanitaire, et les efforts de l‘UNICEF pour leur venir en aide continuent.

Par Ahmed Somali

BOSASO, Somalie, 19 juillet 2012 – Un an après la déclaration de famine dans la Corne de l'Afrique, Osman Adan Mohamed, 9 ans, continue d'affronter les difficultés quotidiennes.

18 juillet 2012 : écoutez Osman Adan Mohamed décrire sa vie dans un camp de déplacés internes en Somalie.

 

Osman a été déplacé par la famine qui a frappé les régions sud de la Somalie en 2011. Aujourd'hui, il vit dans la ville de Bosaso et travaille comme cireur de chaussures dans la rue  afin de soutenir sa mère et ses quatres frères et soeurs. Il ne va pas à l'école

Une lutte constante

Osman et sa famille ont été déplacés de Ufurow dans la région de Bay. Son père est mort là bas, et la famille a perdu tous ses biens. Ils ont dû marcher pendant des jours à la recherche d'une aide.

« C'est la faim qui nous a amenés ici. Nos bovins et les chèvres sont morts ainsi que mon père. Nous ne pouvions plus gagner d'argent, et il n'y avait plus rien à manger ni à boire », raconte Osman. Pourtant, bien qu'ils aient fui la famine, leur vie reste une lutte constante.

« Tous les matins, je vais de bonne heure cirer des chaussures, et tout ce que je gagne je l'apporte à ma mère », continue Osman. « Ce travail de cireur de chaussures est dur – les enfants plus âgés sont tout le temps après moi et me battent, et aussi parfois ils me volent mon argent, et je reviens à la maison les mains vides ».

Quand cela arrive, la famille d'Osman reste sans nourriture.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Somalia/2012
Osman, 9 ans, (à gauche) cire des chaussures avec son frère à Bosaso en Somalie. Ils ont été déplacés par la famine qui a frappé une partie du sud somalien en 2011.

Hawa Isak, la mère d'Osman, travaille comme ramasseuse d'ordure. La plupart du temps elle n'est pas payée pour son travail, mais elle persiste parce qu'à l'occasion elle peut quand même ramener un peu d'argent à la maison.

C'est dans un camp pour déplacés internes à l'Est de Bosaso qu'est désormais le foyer de sa famille. Ils y vivent entassés dans une petite hutte faite de cartons et de bâtons.

« Je veux vous dire que nous souffrons », dit Hawa Isak . « Quand nous avons fui, nous sommes venus pour vivre avec mon frère. Nos fermes se sont asséchées, nous n'avions ni nourriture ni eau, et nos bovins et nos chèvres ont été décimés par la famine et la maladie ».

Des progrès fragiles

Beaucoup d'enfants ont perdu la vie lors de la famine en Somalie, le point d'ébullition d'une crise humanitaire qui a affecté la plupart de la Corne de l'Afrique. Beaucoup de familles ont été déplacées en Somalie, ou ont été forcées de fuir vers les pays voisins comme le Kenya, l'Éthiopie ou Djibouti.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Somalia/2012
Un camp de déplacés internes à Bosaso en Somalie. C'est désormais là que vivent des families qui ont été forcées par la famine de quitter leurs foyers l'année dernière.

Depuis juillet 2011, l'UNICEF, et ses partenaires, ont pu apporter une aide à 455 000 enfants souffrant de malnutrition en Somalie, dont 225 000 qui étaient sévèrement malnutris.  Mais ces progrès demeurent fragiles.

Huit millions de personnes dans la Corne de l'Afrique continuent d'avir besoin d'une aide humanitaire. La Somalie est le pays le plus touché, avec un tiers de sa population qui a besoin d'aide. Dans certaines régions du pays, un enfant sur cinq souffre d'une malnutrition aigüe qui menace sa vie.

L'action de l'UNICEF continue dans la région et en Somalie, où la santé de base, la nutrition et les services d'éducation sont en train d'être renforcés au niveau communautaire.

En attendant, la vie d'Osman - ainsi que celle de beaucoup d'autres enfants - reste ténue.


 

 

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