Somalie

L'eau potable reste rare en Somalie, favorisant la maladie et la malnutrition

Image de l'UNICEF
© UNICEF Somalie/2011/Abdulle
Un enfant se lave les mains avec de l'eau propre fournie par un programme assisté par l' UNICEF à Mogadishio en Somalie.L'eau potable continue d'être difficile à trouver en Somalie.

Par Abdul-Kadir Abdulle et Eva Gilliam

La Journée mondiale de l’eau, commémorée chaque année le 22 mars, porte l’attention sur l’importance de l’eau douce pour le développement durable. La Journée mondiale de l’eau 2012 souligne l'importance de la sécurité alimentaire mondiale.

MOGADISHIO, Somalie, 21 mars 2012 - Une ligne de femmes et d'enfants tourne autour du mur de l'ancien hôpital, aujourd'hui le siège d'un Programme thérapeutique de jour dans le district Hodan de Mogadiscio.

À l'entrée du centre, qui est conduit par le partenaire de l'UNICEF, l'ONG locale SAACID, un robinet, une bassine et du savon sont placés là comme une invite à s'en servir.  Ces ressources sont vitales pour les familles de la file d'attente à l'extérieur du centre, et dont beaucoup ont été déplacées par la violence ou l'insécurité alimentaire.

Le manque d'eau a dévasté la Somalie l'année dernière. Cela a été la pire sécheresse en deux décennies, provoquant la famine dans différentes zones du Sud. Alors que la situation s'est améliorée, 2,34 millions de personnes continuent d'avoir besoin d'une aide vitale.

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Des femmes et des enfants font la queue à l'extérieur d'une clinique thérapeutique de jour à Mogadishio. Le centre est dirigé par l'ONG locale SAACID, avec le soutien de l'UNICEF.

La relation eau - nutrition

L'eaupotable reste l'une des commodités les plus difficiles à trouver en Somalie, malgré des pluies supérieures à la moyenne lors de la dernière saison des pluies. La rareté de cette ressource essentielle continuer de remettre en cause la santé de tous les Somaliens. Les femmes et les enfants sont particulièrement frappés durement, spécialement dans les zones qui connaissent une insécurité alimentaire et des conflits en continu.

Falastin vit avec ses trois jeunes enfants dans un camp de déplacés dans la zone de Tarabuunka. Elle est arrivée récemment de Jowhar, dans le Middle Shabelle, après avoir été déplacée par les combats dans la zone. « Nous étions très peur pour nos vies », dit-elle. « Tout le monde pensait qu'il y aurait des combats et des bombardements ».

C'est la quatrième fois qu'elle se rend au Centre thérapeutique de jour pour le suivi sanitaire de son enfant malnutri.  Au centre, 20 personnes examinent entre 350 et 400 enfants par jour. Ce personnel soutenu par différentes organisations, dont l'UNICEF, met l'accent sur  les soins médicaux et nutritionnels de base. Leur travail comprend la sensibilisation des visiteurs à l'importance de se laver les mains et à d'autres bonnes pratiques d'hygiène pour se protéger de la maladie et de la malnutrition.

« La relation entre une mauvaise hygiène et la maladie, y compris la malnutrition est évidente », explique Nancy Balfour, la chef de l'eau de l'assainissement et de l'hygiène à l'UNICEF en Somalie. « Les tentatives pour parvenir à la sécurité alimentaire des ménages ont été abandonnées dans beaucoup de zones parce que les gens, particulièrement les enfants de moins de cinq ans, ont été malades, victimes à plusieurs reprises de diarrhées, et qu’ils ne peuvent pas absorber la nourriture qu'on leur donne ».

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Une femme assiste à l'évaluation du taux de malnutrition de son enfant dans le cadre d'un Programme thérapeutique de jour à Mogadishio en Somalie. Le centre examine des centaines d'enfants chaque jour.

La clé c'est l'éducation

Pour SAACID, promouvoir l'hygiène signifie également parler de l'eau, de l'eau potable qui fait toute la différence. Mais il n'est pas facile d'accéder aux camps provisoires qui hébergent des dizaines de milliers de personnes.

Quand les patients quittent le Centre thérapeutique de jour, ils reçoivent un lot de produits et matériels pour l'eau l'assainissement et l'hygiène (WASH) comprenant des seaux, du savon et de tablettes de purification de l'eau. « Le lot WASH que nous fournissons comprend du savon et des récipients pour contenir l'eau », explique Abdullahi Hassan Sahal, coordinateur SAACID pour le district de Holan. « Nous leur faisons également des démonstrations pour leur montrer comment se laver les mains correctement ».

Une équipe mobile de sensibilisation de SAACID visite aussi les camps pour éduquer les familles, leur apprendre comment purifier l'eau à usage domestique et comment la stocker correctement, mais aussi comment bien se laver les mains et garder une bonne hygiène.
 
« Comme le lot WASH, l'éducation est la clé », explique Nancy Balfour. « C'est pourquoi nous soutenons les activités de sensibilisation auprès des patients du centre pour les inciter à utiliser de l'eau potable et à prendre de bonnes habitudes d'hygiène, ainsi que les leçons techniques sur le traitement de l'eau et les pratiques d'hygiène dans les ménages ».

La relation est évidente : le recours à l'eau douce potable a une incidence directe sur la santé des enfants, des adultes et de l'ensemble de la communauté. 


 

 

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