Somalie

Carnet de route : redoubler d’efforts pour aider les familles somaliennes à survivre et à s'épanouir

Image de l'UNICEF
© UNICEF Somalia/2010/Kunii
Des femmes portent leurs bébés dans un camp de Bossaso, une ville de la région du Puntland, au nord-est de la Somalie.

Le Dr Osamu Kunii, Responsable du Programme pour la survie de l'enfant de l'UNICEF en Somalie, a récemment effectué une visite dans la région semi-autonome du Puntland et a réalisé le reportage suivant à partir de sa propre expérience.

Par le Dr Osamu Kunii

BOSSASO et GAROWE, Somalie, 1er septembre 2010 – Aussitôt que je suis arrivé à Bossaso, la principale ville portuaire située au nord-est de la Somalie, la chaleur accablante, un vent violent et les plaines désertiques m'ont rappelé mon expérience antérieure en Somalie.

Je suis revenu dans le pays avec enthousiasme après y avoir travaillé avec une ONG en 1985 et en 1993. Cette fois, je m'y trouve en tant que Responsable du Programme pour la survie de l'enfant au Centre de soutien d'UNICEF Somalie.

Menaces pour les camps

Quand je suis parti en 1993, j'espérais qu'un nouvel État serait mis en place et que la vie quotidienne des Somaliens s'améliorerait. Il est navrant qu'aujourd'hui la situation en matière de sécurité continue à se dégrader. Selon l'Unité d'analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition en Somalie, environ 2 millions de personnes – des enfants pour presque la moitié – ont toujours besoin d'aide humanitaire dans ce pays.

Durant mon séjour à Bossaso, j'ai effectué des visites dans des camps pour les familles déplacées par les combats dans les parties méridionales et centrales du pays. Je me suis entretenu avec une femme, une mère de deux enfants qui élève seule sa famille. Elle a dit qu'il lui avait fallu quatre jours pour atteindre le camp par camion après avoir échappé aux combats à Mogadiscio, la capitale. Ses enfants souffraient de malnutrition sévère et de diarrhée.

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Un enfant déplacé dans un campement de Bossaso, au nord-est de la Somalie.

Heureusement, la condition de la famille est en train de s'améliorer, celle-ci ayant été traitée dans un centre d'alimentation thérapeutique et ayant reçu des soins médicaux avec l'appui de l'UNICEF. Laissés livrés à eux-mêmes, il est probable qu'ils seraient morts des suites des complications liées à leur maladie. 

Dans certains camps pour déplacés de Bossaso, plus de 26 pour cent des enfants de moins de cinq ans sont atteints de malnutrition aiguë; parmi ceux-ci, environ 5 pour cent sont atteints de malnutrition sévère aiguë. Ces chiffres dramatiques reflètent le besoin de mesures urgentes.

Opérations indispensables

Outre l'absence de consommation de nourriture, la malnutrition est provoquée ou aggravée par des facteurs supplémentaires tels qu'une mauvaise hygiène, les maladies infectieuses et un mauvais allaitement maternel qui, tous, menacent les camps de déplacés.

Dans les camps de Bossaso, de nombreux enfants sous-alimentés sont atteints de diarrhée et de pneumonie. De nombreuses mères ne pratiquent pas l'allaitement exclusif au sein, ce qui expose les nourrissons à de la nourriture contaminée et à de l'eau non potable.

Malgré des ressources humaines limitées, j'ai trouvé que le Centre de stabilisation de l'UNICEF basé à l'hôpital de Bossaso  et les établissements accueillant le Programme de soins thérapeutiques ambulatoires (OTP) dans les camps fonctionnent bien. L'UNICEF joue un rôle essentiel en tant qu’institution chef de file du Groupe sectoriel sur la nutrition, en appuyant la majorité des opérations liées à la nutrition en Somalie. Dans la province du Puntland, au nord-est de la Somalie, l'UNICEF assure son appui à un centre de stabilisation et à 29 sites accueillant un OTP.

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Un camp pour personnes déplacées à Bossasso, dans la région de Puntland, située au nord-est de la Somalie.

Néanmoins, ces opérations ne sont pas suffisantes pour répondre aux niveaux élevés de malnutrition parmi les déplacés et les populations vulnérables dans les régions difficiles d'accès. Nous avons besoin de davantage de moyens.

Engagement envers la santé

Au cours de mon voyage, j'ai rencontré le ministre de la Santé du Puntland à Garowe – la capitale de la région. Il a exprimé sa gratitude envers le soutien continu de l'UNICEF.

Nous nous sommes entretenus des programmes d'aide actuels et les avons examinés et j'ai été impressionné par l'enthousiasme du Ministre et par son degré d'engagement envers la santé et la nutrition.

Nous avons discuté plus amplement des moyens d'augmenter la couverture des opérations à impact élevé, de la façon de parvenir auprès de la plupart des personnes vulnérables et de la manière de tirer profit des ressources et d'améliorer les capacités du personnel médical.

J'ai également visité dans la région des établissements abritant des services de Santé de la mère et de l'enfant (MCH). L'UNICEF épaule actuellement 48 services de MCH et 93 dispensaires dans le seul Puntland en leur fournissant les médicaments indispensables ainsi qu'en apportant une formation à leur personnel médical et des moyens pour le motiver.

Mais davantage d'assistance reste nécessaire. On manque de matériel de base comme des lits d'accouchement. Étant donné que de nombreux enfants et mères continuent à mourir chez eux avant de parvenir dans les services de MCH, il est absolument nécessaire de renforcer l'ensemble des capacités de ces établissements.

Ce voyage m'a donné une plus grande compréhension de la situation d'ensemble relative à la santé et à la nutrition en Somalie. Je suis impatient de continuer de travailler avec l'UNICEF et d'améliorer la vie des enfants et des femmes somaliens.


 

 

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