Pakistan

La différence entre la vie et la mort pour les enfants dans la province de Sindh, au Pakistan

Par Zeeshan Suhail

Un nouveau rapport de l'UNICEF révèle la forte prévalence du retard de croissance chez les enfants de moins de 5 ans, mais il souligne également les énormes possibilités actuelles pour en faire un problème du passé.

Une approche novatrice de la malnutrition dans la province du Sindh, une région du Pakistan sujette aux inondations, peut aider un enfant non seulement à survivre, mais aussi à s’épanouir. 

DISTRICT DE SANGHAR, Province du Sindh, Pakistan, 15 avril 2013 - Nightat Bibi est originaire d'un village isolé de tout dans le district de Sanghar. Cette mère de cinq enfants, sait très bien qu’un enfant souffrant de malnutrition est particulièrement exposé aux maladies, voir à la mort.

Chris Niles, correspondante de l'UNICEF, présente un programme qui remet sur pied les enfants souffrant de malnutrition dans la province du Sindh, au Pakistan.

 

Elle est hantée par la rapidité avec laquelle la santé de son fils de 4 ans s'est détériorée à la suite d’épisodes de diarrhée. « J'aurais perdu Fazal si l’on ne s’était pas occupé rapidement et efficacement de sa situation nutritionnelle, dit-elle, et maintenant, je sais que cela peut être fait à la maison, et aussi bien. »

Nightat Bibi s’est maintenant donné un rôle de spécialiste de  la bonne nutrition et elle en vante les mérites dans son village. Elle joue un rôle actif dans les efforts réalisés pour que les gens prennent conscience de l’importance d’une nutrition saine et apprennent comment faire administrer des soins thérapeutiques pour les enfants qui sont atteints de malnutrition sévère.

Des équipes de mobilisation au niveau de la communauté

Les inondations de 2011 ont entraîné d’énormes pertes de stocks de nourriture, pollué de l’eau potable et sapé les services d'hygiène de base. Dans de telles situations, un cycle de malnutrition commence : tous les enfants en souffrent mais surtout les plus jeunes.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2012/Khurram
Une femme tient son bébé d’un an dans les bras, au centre de santé Sinjoro, district de Sanghar, dans la province du Sindh. Le bébé est atteint de malnutrition. Les agents de santé communautaires l’ont envoyée au centre de santé, qui a soigné le nourrisson et donné à la maman des instructions simples sur l'alimentation et de bonnes pratiques familiales.

Après ces inondations, l'UNICEF a aidé les communautés à travers le Pendjab et le Sindh en transposant à plus grande échelle les services de santé et de nutrition. L'intervention a été appuyée par le service d'aide humanitaire de l'Union européenne (ECHO).

L'UNICEF a également épaulé les efforts des équipes de mobilisation communautaire pour assurer que les efforts contre la malnutrition de l’enfant dans la province du Sindh soient déployés jusque dans les villages les plus petits, les hameaux les plus isolés.

Ces équipes visitent régulièrement les villageois, en soulignant l'importance d'une bonne nutrition et d'une alimentation équilibrée pour les femmes - en particulier les femmes qui sont enceintes, allaitantes ou en âge de procréer. Elles identifient les enfants atteints de malnutrition et les femmes enceintes et allaitantes ainsi que le soutien nutritionnel vital qui peut leur être fourni, comme des rations d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi et des médicaments, lorsque cela est nécessaire. Elles veillent également au renforcement de pratiques saines, telles que l'allaitement au sein, la nutrition de base et une bonne hygiène

Affronter un danger grandissant

Les enfants sont confrontés à un risque de plus en plus important de malnutrition aiguë. Les catastrophes naturelles, la hausse des prix des denrées alimentaires et les mauvaises conditions environnementales aggravent la situation. L'ampleur et la gravité de ce problème expliquent que les solutions doivent être apportées aux niveaux de la communauté et des établissements de santé de manière à ce que les mesures prises contre la malnutrition puissent être appliquées jusque dans les zones les plus isolées et atteindre tous les enfants.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Pakistan/2012/Khurram
Ce conseiller en matière d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant du centre de santé Sinjoro enseigne aux femmes du village de bonnes pratiques en matière de nutrition et d’hygiène familiale. La province du Sindh est sujette aux inondations, ce qui expose les enfants au risque de malnutrition.

Des programmes de nutrition innovants mobilisant la communauté, tels que le projet d'ECHO, peuvent aider à relever le défi. Au-delà de l'identification des enfants atteints de malnutrition et qui ont besoin d'urgence d'un traitement, ces programmes enseignent des comportements simples et efficaces qui peuvent aider à prévenir la récurrence de la malnutrition et de la maladie.

Cette approche est appréciée par les mères comme Nightat Bibi qui ont d'autres jeunes enfants à charge et peu d'argent à consacrer à des visites chez les médecins et dans les hôpitaux. La bonne santé des enfants présente évidemment des avantages mais au-delà de cela, l’argent économisé peut permettre aux familles d’investir leurs ressources dans la reconstruction des moyens de subsistance et des foyers.

La sensibilisation à l'importance d'une alimentation saine pour les mères et les enfants,  et notamment des pratiques d'alimentation des nourrissons et des enfants qui soient appropriées - et les compléments alimentaires, lorsqu'ils sont recommandés par les praticiens de la santé – peuvent assurer la survie de l’enfant et également son épanouissement. Lorsqu’une famille connait bien les bonnes pratiques d'hygiène et de santé, les enfants souffrant de malnutrition peuvent échapper à la mort, en particulier dans les zones où même les établissements de santé les plus rudimentaires sont rares et éloignés les uns des autres.


 

 

Améliorer la nutrition de l’enfant : un objectif impératif et réalisable pour le progrès mondial


Partenariat UNICEF-Union européenne

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