En bref : Niger

Au Niger, une usine locale apporte une réponse nationale à la malnutrition

Par Bob Coen

Un nouveau rapport de l’UNICEF révèle une forte prévalence du retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans mais souligne aussi les possibilités immenses qui existent pour en faire une chose du passé. 

Une usine de Niamey est en train de transformer la façon dont le Niger réagit face à la menace de la malnutrition. Elle est aussi en train de transformer l’économie locale.

NIAMEY, Niger, 17 avril 2013 – À quelques centaines de mètres du puissant fleuve Niger, où les pêcheurs et les agriculteurs poursuivent, comme ils le font depuis des siècles, leur routine, une modeste usine transforme la façon dont ce pays d’Afrique de l’Ouest réagit face à la menace de malnutrition.

[Vidéo en anglais] Le reportage du correspondant de l’UNICEF, Bob Coen, sur un partenariat de l’UNICEF qui s’attaque à la malnutrition au Niger grâce à des aliments thérapeutiques produits et transformés localement.  Regarder dans RealPlayer

 

La Société Transformation d’Alimentaire (STA) est une entreprise entièrement détenue et exploitée par des Nigériens dans la capitale du pays, à Niamey. Derrière les murs de cette usine, le personnel travaille par équipes postées sur une ligne de fabrication rutilante et ultrasophistiquée. Carton après carton, il produit un aliment thérapeutique prêt à l’emploi à base d’arachides, le produit standard pour le traitement de la malnutrition sévère aiguë chez les enfants.  

Réponse à des crises alimentaires multiples

Depuis 2005, le Niger a connu plusieurs crises alimentaires graves qui ont menacé des centaines de milliers d’enfants de malnutrition sévère aiguë. En 2006, l’UNICEF décidait de s’engager dans un partenariat unique en son genre avec la STA, alors en plein essor, pour l’aider à développer ses capacités en vue de la fabrication locale d’aliments prêts à l’emploi. En seulement cinq ans, la société a pu fournir 100 pour cent des aliments prêts à l’emploi du pays ; en 2012, la STA a livré 2800 tonnes de ces aliments qui ont permis de traiter 370 000 enfants. 

« [Les aliments prêts à l’emploi] ont amené une véritable révolution pour le traitement des enfants atteints de malnutrition parce que ce sont des produits qui répondent à des normes internationales et aux besoins des enfants », explique le représentant de l’UNICEF au Niger, Isselmou Boukhary. « Ils sont extrêmement faciles à utiliser dans les dispensaires et, particulièrement chez soi, ce qui est important dans un pays comme le Niger ».

Image de l'UNICEF
© UNICEF Video
Des femmes sont en train de broyer des arachides cultivées localement. L’arachide constitue l’ingrédient principal d’un aliment thérapeutique prêt à l’emploi qui est fabriqué par le partenaire de l’UNICEF, la Société Transformation d’Alimentaire.

« Nous sommes extrêmement satisfaits de cette collaboration », dit le Directeur général adjoint de la STA, Ismael Barmou en regardant les camions chargés de cartons contenant les aliments thérapeutiques qui doivent être emmenés au dépôt central de l’UNICEF. « Une des choses dont nous sommes le plus fiers est de pouvoir être compétitifs sur le marché international. C’est donc un partenariat où chacun est gagnant, particulièrement les utilisateurs finaux, à savoir les enfants du Niger qui ont besoin de solutions nutritionnelles ».

« Bientôt il pourra courir  »

À environ 700 kilomètres de l’usine, Nana Hassia s’est présentée à son dispensaire avec son fils Hassan, âgé de 20 mois et en train de se rétablir de malnutrition sévère aiguë. Un agent sanitaire pèse et mesure soigneusement le garçon. Nana Hassia reçoit une ration pour une semaine de l’aliment prêt à l’emploi qu’elle utilisera pour soigner Hassan chez elle. 

« C’est un grand avantage pour moi de pouvoir soigner mon fils à la maison et de ne pas avoir à le laisser au dispensaire », raconte Nana Hassia qui a cinq autres enfants.

Une fois chez elle, tout ce qu’elle à faire est de déchirer le sachet contenant la pâte pour Hassan qui l’avale rapidement et goulûment. Sa mère lui en donne cinq fois par jour.

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En seulement cinq ans, l’entreprise a pu fournir 100 pour cent des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi du pays. En 2012, ces aliments ont servi au traitement de 370 000 enfants.

Les résultats n’en sont rien moins que remarquables. En l’espace de quelques jours, la plupart des enfants regagnent déjà du poids et des forces. « Je suis si heureuse », dit Nana Hassia tandis qu’elle alimente Hassan. « Je peux voir mon enfant devenir plus fort et, bientôt, il pourra courir ».

Approvisionnements au moment et à l’endroit où ils sont nécessaires

Afin que les aliments prêts à l’emploi soient disponibles pour des mères comme Nana Hassia quand elles arrivent à leurs rendez-vous hebdomadaires dans les dispensaires, il est indispensable qu’existe une chaîne d’approvisionnement sûre du produit – une des raisons pour lesquelles avoir un producteur local est si important. « Cela rend notre chaîne d’approvisionnement plus efficace et plus facile à gérer », explique Stéphane Arnaud, responsable des achats et des approvisionnements pour l’UNICEF Niger.  

Avant la mise en place du partenariat avec la STA, l’UNICEF importait de grosses cargaisons de ces aliments en passant par le port voisin de Lomé, au Togo, ce qui exigeait des mois de préparation. Selon Stéphane Arnaud, distribuer le produit de l’usine de la STA à plus de 900 dispensaires dans tout le Niger est bien plus simple. « Comme j’en dispose localement, je peux réduire mes coûts de stockage et il est aussi bien plus facile de gérer le produit en termes de durée de conservation ».  

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La ligne de fabrication ultrasophistiquée de l’usine de la Société Transformation d’Alimentaire produit par cartons entiers un aliment thérapeutique qui est livré à plus de 900 dispensaires du pays à partir d’un dépôt de l’UNICEF.

Bénéfices pour l’économie locale

Le partenariat UNICEF-STA a aussi un impact positif sur l’économie locale. La société emploie plus de 100 personnes dans son unité de fabrication ainsi que bon nombre de femmes dans une installation voisine qui inspectent et nettoient les arachides à la main. Sur les marchés des différents centres agricoles du pays, les grossistes peuvent acheter directement aux producteurs des sacs d’arachides. Des centaines d’autres personnes sont employées pour les  broyer. 

« Je suis vraiment satisfait et fier aussi qu’il y ait au Niger une entreprise qui utilise les arachides pour fabriquer ces aliments uniques destinés aux enfants », dit Hassan Nomao, un agriculteur producteur d’arachides.

« Je suis satisfait parce que je sais que ces arachides vont permettre de sauver beaucoup d’enfants ».


 

 

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