En bref : Niger

Carnets de route : le chemin de la guérison de la malnutrition aiguë sévère au Niger

Image de l'UNICEF
© UNICEF Niger/2012/Adamou
Oumarou Seydou, âgé de deux ans et demi, avec sa mère, Barira Saidou, au centre de récupération nutritionnelle de l’hôpital d’Aguié, au Niger.

Par Shushan Mebrahtu et Adamou Matti Dan Mallam

Shushan Mebrahtu, spécialiste de la communication à l’UNICEF et Adamou Matti Dan Mallam, responsable de la communication, se sont rendus sur le terrain pour évaluer la situation des familles, en particulier des enfants et des femmes, dans la région du Sahel où s’intensifie la crise nutritionnelle. Voici leur rapport.

AGUIE, Niger, 1er mai 2012 – Oumarou Seydou, deux ans et demi, se tenait immobile dans les bras de sa mère. Il ne souriait ni ne pleurait. Il ne bougeait pas. 

C’était il y a quatre semaines, lorsque nous avons rencontré Oumarou et sa mère, Barira Saidou, dans le centre de nutrition intensive appuyé par l’UNICEF (CRENI, ou Centre de récupération nutritionnelle intensive) de l’hôpital d’Aguié, au sud-est du Niger. Oumarou venait d’y être admis.

Il fait partie des presque 394 000 enfants au Niger nécessitant un traitement contre la malnutrition aiguë sévère, une menace pour la survie. Leur détresse s’inscrit dans le cadre de la crise nutritionnelle qui frappe la région du Sahel en Afrique de l’Ouest et centrale, résultant de la sécheresse, des mauvaises récoltes et de l’augmentation des prix alimentaires.

Trouver des soins pour la survie

Barira Saidou a d’abord emmené Oumarou au centre de traitement nutritionnel ambulatoire de Kona, près de leur village, parce qu’il commençait à avoir des diarrhées et que ses pieds et ses chevilles étaient gonflés. Le personnel du centre l’a redirigé vers l’hôpital pour qu’il y suive un traitement.

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Oumarou Seydou avec sa mère, Barira Saidou, au centre de récupération nutritionnelle de l’hôpital d’Aguié, au Niger.

À l’hôpital, une infirmière a évalué son rapport poids/taille. Il ne pesait que 7,2 kg ; un enfant de sa taille aurait dû peser 8,8 kg. Le résultat a confirmé qu’il souffrait de malnutrition aiguë sévère. On lui a également diagnostiqué une anémie, un œdème, un paludisme, des diarrhées et des infections respiratoires, les complications de la malnutrition. Tous ces indicateurs ont permis de déterminer qu’Oumarou devait être hospitalisé en soins intensifs.

Semaine 1 : Lors des quatre premiers jours, Oumarou a reçu de la formule 75, une sorte de lait thérapeutique, afin de restaurer sa fonction métabolique. Il a été placé dans un programme alimentaire strict et a également reçu des médicaments contre le paludisme, du zinc, des antibiotiques et d’autres médicaments pour traiter les complications.

À la fin de la semaine, Oumarou commençait à se stabiliser doucement, les examens révélant la disparition progressive de son oedème et un début de guérison du paludisme. Mais son poids était tombé à un niveau  alarmant : 6,4 kg, à cause des pertes de fluides corporels. Il semblait décharné, sa peau étirée sur ses petits os.

Semaine 2 : Neuf jours après son admission, Oumarou a entamé la phase de transition du traitement. Il est passé à la formule 100, un autre lait thérapeutique, et aux aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE), qui contenaient tous les nutriments essentiels dont il avait besoin. L’infirmière suivait de près sa réaction au changement de traitement. Résultats encourageants : à la fin de la deuxième  semaine, Oumarou avait pris 0,8 kg.

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Oumarou Seydou, âgé de deux ans et demi, avec sa mère, Barira Saidou, lors de sa seconde phase de traitement contre la malnutrition aiguë sévère.

Semaine 3 et 4 : Oumarou a continué de recevoir  doses d’ATPE par jour, prenant 0,8 kg supplémentaires. Barira était ravie de voir son fils se sentir mieux et guérir. Il a quitté le CRENI avec un traitement à continuer à la maison, à base d’ATPE. Des dispositions ont été prises pour qu’Oumarou puisse recevoir un traitement ambulatoire au centre de Kano.

« Je croyais que mon fils ne s’en sortirait pas. Je le voyais déjà mourir », affirme Barira Saidou. « J’étais désespérée, mais j’ai décidé de lui donner une chance de s’en sortir. Nous avons suivi toutes les instructions données par l’infirmière et son état s’est considérablement amélioré ».

Préserver l’avenir d’Oumarou

Les parents d’Oumarou font en sorte qu’il parvienne à une guérison complète et qu’il reste en bonne santé.

Barira Saidou avait parcouru 55 km pour emmener son fils au CRENI. Là-bas, elle a participé à des sessions sur les pratiques saines d’alimentation de l’enfant, la préparation des aliments nutritionnels, l’importance de l’allaitement exclusif, de l’amélioration des pratiques d’hygiène, et de l’utilisation des moustiquaires pour lutter contre le paludisme.

« Je m’engage à mettre ces leçons en pratique et à suivre le traitement ambulatoire jusqu’à ce que mon fils soit complètement guéri », a-t-elle affirmé avant de quitter l’hôpital.
Barira Saidou est restée quatre semaines au CRENI, laissant ses trois autres enfants aux soins de son mari, qui est venu rendre visite à Oumarou au CRENI cinq fois. « Mon fils n’aurait pas survécu sans son soutien », a affirmé Barira Saidou.

L’UNICEF a urgemment besoin de fonds supplémentaires pour pouvoir fournir des médicaments essentiels ainsi que des aliments et du lait thérapeutiques mais aussi pour pouvoir embaucher le personnel supplémentaire nécessaire à la survie des enfants dont la vie est menacée.


 

 

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