En bref : Niger

Au Niger, les dispensaires épaulés par l'UNICEF luttent contre la malnutrition

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© UNICEF Niger/2010/Pirozzi
Un bracelet pour mesurer la partie supérieure du bras est utilisé pour évaluer les degrés de malnutrition au Centre de réhabilitation nutritionnelle intensive qui est situé à 50 kilomètres de Maradi, au Niger.

Par Joëlle Onimus-Pfortner

TAKIETA, Niger, 4 janvier 2011 – Cherchant de l'ombre pour s'abriter de la chaleur brûlante de la mi-journée, un petit groupe de femmes qui ont amené leurs enfants pour un test de malnutrition se sont rassemblées au dispensaire de la région de Maradi, au centre sud du Niger.

« J'ai entendu dire que le centre soignait les enfants contre la malnutrition alors j'ai amené mon petit-fils Adamou. Sa mère est morte il y a huit mois et, maintenant, je m'occupe de lui », dit Hadiza, l'une des nombreuses femmes qui sont venues au dispensaire.

Hadiza a fait un voyage de 20 kilomètres pour faire soigner Adamou, deux ans. Pesant moins de six kilos, il a déjà perdu trois frères. Au Niger, un enfant sur quatre meurt avant son cinquième anniversaire et la malnutrition est souvent une des causes sous-jacentes de ces décès.

Partage d'informations

Le dispensaire de Takieta est l'un des 822 centres thérapeutiques implantés dans tout le Niger. En 2010, plus de 318 000 enfants de moins de cinq ans ont été admis dans ces centres pour malnutrition sévère aiguë. 

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Au Niger, une mère alimente son enfant, qui souffre de malnutrition sévère, avec du Plumpy'nut, une pâte alimentaire thérapeutique au Centre de réhabilitation nutritionnelle intensive appuyé par l'UNICEF et géré par MSF Belgique.

Malgré des récoltes se situant au-dessus de la moyenne en 2010, les taux d'admission dans les centres d'alimentation thérapeutique du Niger restent élevés : autour de 5000 par semaine. Ce chiffre met en évidence l'importance de la méthode de traitement dans des centres comme celui de Takieta où les familles apprennent à traiter et prévenir la malnutrition ainsi qu'à demander quand il le faut une prise en charge médicale pour leurs enfants quand elles observent des signes avant-coureurs comme de la fièvre, une perte de poids ou des infections respiratoires. 

Cette année, une épidémie de paludisme a provoqué l'envoi d'un grand nombre d'enfants dans les centres d'alimentation. Les trois cases se trouvant dans la cour de l'établissement Takieta illustrent le processus de traitement contre la malnutrition qui se déroule en trois étapes. A chaque étape, partager les informations avec les mères et les autres personnes qui s'occupent des enfants est fondamental.

Examinés pour détecter la malnutrition

Pour commencer, les mères reçoivent des conseils sur les habitudes simples en matière d'hygiène et d'alimentation qui, au foyer, peuvent réduire de façon significative la malnutrition comme, par exemple, se laver les mains avec du savon et pratiquer l'allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie d'un nourrisson.

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Une mère en train de tenir son bébé au Centre de réhabilitation nutritionnelle intensive. Celui-ci traite les enfants sous-alimentés du Niger.

Ensuite, on prend le poids et la taille des enfants ou bien on mesure la circonférence de la partie supérieure de leur bras pour détecter la malnutrition. Pendant cet examen médical, les enfants reçoivent un traitement médical de routine avec, par exemple, de la vitamine A et une supplémentation en acide folique ainsi que des vermifuges.

Finalement, dans la troisième case, on distribue de la nourriture. C'est ici que Zeinabou Moussa,  assistante sociale et agent sanitaire dévouée, donne aux mères une ration hebdomadaire soit de Plumpy’nut, une pâte à base d'arachide à forte teneur énergétique pour les enfants atteints de malnutrition sévère aiguë, soit une mixture de maïs et de soja utilisée pour soigner la malnutrition aiguë modérée.

Un rôle crucial

« Cette nourriture est seulement pour cet enfant », explique Zeinabou Moussa à l'une des mères. « Si vous la partagez avec d'autres membres de la famille, il n'ira pas bien ».
Zouhera, une mère de six enfants, s'est rendue au centre avec sa fille Aichatou pour recevoir un traitement pour la quatrième semaine de suite. Elle fait des signes de la tête attentifs alors qu'elle écoute les recommandations. « Tout le monde comprend qu'Aichatou est malade et a besoin de davantage d'attention », dit-elle.

Au Niger, l'UNICEF joue un rôle crucial dans la lutte contre la malnutrition sévère aiguë. Avec l'appui de ses donateurs et de ses partenaires, dont l'Union européenne, l'UNICEF fournit au gouvernement et aux ONG des aliments thérapeutiques, les médicaments indispensables, du matériel et une assistance pour la construction d'infrastructures. Les besoins se sont accrus avec la crise alimentaire et il importe de fournir à temps l’alimentation nécessaire.


 

 

Partenariat UNICEF-Union européenne

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