En bref : Niger

Au Niger, les dispensaires concentrent leurs moyens sur le traitement des enfants sous-alimentés

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Baraka, une jeune mère de Guidimouni, au Niger, amène son fils Abdul, 13 mois, au dispensaire local où il se révèle atteint de malnutrition sévère aiguë et de paludisme

Par Kyle O'Donoghue

MIRRIAH, Niger, 18 juin 2010 – Quand Baraka, une jeune mère de Guidimouni, au sud du Niger, a emmené son fils Abdul, 13 mois, au dispensaire local, les examens ont révélé qu'il était atteint de malnutrition sévère aiguë et de paludisme. Pendant une semaine, il a suivi un programme d'alimentation en consultation externe mais a continué à perdre du poids. 

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« Abdul doit être conduit à l'hôpital, à Mirriah, » dit Baraka, abandonnant provisoirement le reste de sa famille pour procurer à son fils les soins qui doivent lui sauver la vie dans la ville la plus proche la plus importante. 

En fait, Abdul est seulement l'un des nombreux enfants qui devraient être admis dans les mois à venir au centre d'alimentation thérapeutique pour enfants atteints de malnutrition sévère à Mirriah. Et dans tout le Niger, environ 378 000 enfants dont l'âge va de six mois à cinq ans devraient être traités pour malnutrition sévère aiguë d'ici les 12 prochains mois.

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Une infirmière du dispensaire de Guidimouni, au Niger, recommande à Baraka d'emmener son jeune fils Abdul dans un centre pour enfants atteints de malnutrition sévère se trouvant à Mirriah, la localité la plus importante la plus proche.

Gérer la malnutrition

La situation est ici terrible : il reste encore quatre mois avant la prochaine récolte et il n'y a déjà plus rien à manger dans de nombreux endroits. Les faibles précipitations ont entraîné de mauvaises récoltes, faisant que presque la moitié de la population du Niger n'a pas de réserves alimentaires. La situation semble présager une crise alimentaire semblable à celle de 2005 qui a touché des milliers d'enfants. 

En 2006, le Gouvernement du Niger a lancé un processus d'intégration au sein de ses différentes structures pour assurer la viabilité de la gestion de la malnutrition. L'un des établissements qui en est issu, un nouveau bâtiment de l'hôpital de Mirriah construit avec l'aide de l'UNICEF, est consacré au traitement des enfants sous-alimentés.

Dans ce centre d'alimentation thérapeutique, Abdul et d'autres enfants atteints de malnutrition sévère aiguë reçoivent des soins intensifs et un traitement. Les chambres, spacieuses, comptent 32 lits, augmentant de moitié la capacité d'accueil de l'hôpital. Le nombre d'enfants admis pour y être soignés a brutalement augmenté depuis la mi-avril et devrait de nouveau s'élever en juillet et en août.

UNICEF Niger appuie aussi la gestion de la malnutrition sévère aiguë en fournissant des aliments thérapeutiques, les médicaments indispensables et du matériel à l'hôpital de Mirriah. Par exemple, un réservoir d'eau souple a été installé et deux autres sont en passe de l'être; l'accès à l'eau potable est essentiel pour l'hygiène et la préparation de lait thérapeutique.

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Abdul, 13 mois, est transféré au centre d'alimentation thérapeutique de l'hôpital de Mirriah, au Niger. Construit avec l'aide de l'UNICEF, le nouvel établissement se consacre entièrement au traitement des enfants sous-alimentés.

Action avec des ONG partenaires 

 Pour faire face à la crise alimentaire qui se profile, le système de santé national collabore avec 20 ONG dont BEFEN (Bien-Etre de la Femme et de l'Enfant au Niger) et Forsani. BEFEN travaille en étroite collaboration avec l'hôpital de Mirriah et les programmes d'alimentation thérapeutique dans 15 dispensaires.

« Qu'une ONG nationale participe aujourd'hui à la gestion des cas de malnutrition chez les enfants a un effet positif, » dit le Dr Maidadji, Coordinateur sur le terrain de BEFEN. « Les autorités locales ne ferment pas les yeux sur la situation comme elles l'avaient fait en 2005, » ajoute-t-il. « La population locale nous accepte. Elle commence à comprendre que la malnutrition est une maladie et quelque chose qui est acceptable et normal. »

Les ONG partenaires de l'UNICEF appuient la santé publique dans trois domaines principaux : l'apport de moyens en personnel qualifié, la fourniture de matériel médical et de médicaments et le maintien d'une logistique.  L'objectif à long terme est de transférer ces savoir-faire et veiller à ce qu'un personnel qualifié et des fournitures soient toujours disponibles localement.

« Jusqu'à maintenant, l'hôpital n'avait pas d'espace consacré au traitement de la malnutrition, » dit le Dr Omar Mahamadou, un des membres du personnel de l'hôpital de Mirriah recruté par BEFEN. « Aujourd'hui, il y a 21 personnes qui travaillent ici et sont appuyées par BEFEN, des médecins au cuisinier, afin d'assurer une prise en charge de qualité. » 

L'importance d'une intervention en temps voulu

Chaque enfant se trouvant à l'hôpital qui a été diagnostiqué avec la malnutrition sévère aiguë reçoit de la vitamine A et des suppléments en acide folique, des comprimés vermifuges et des antibiotiques ainsi qu'un traitement contre le paludisme quand cela est nécessaire. Les commandes mensuelles pour ces médicaments et les suppléments sont effectuées avec le support technique de BEFEN au niveau du district.

« Il est important que les commandes soient faites correctement et à temps pour éviter une rupture de stock qui, pour les enfants malnutris,  peut être fatale, » dit le Dr Maidadji.
Comme le dispensaire local ne dispose pas d'entrepôt, BEFEN stocke les aliments thérapeutiques pour les enfants sou-alimentés et le personnel de santé du district veille à ce que les aliments soient distribués en fonction des besoins. Parallèlement, l'ONG internationale Alima offre un soutien financier et technique à BEFEN, veillant à ce que tout soit fait selon les normes internationales.

Face à la crise alimentaire du Niger, l'UNICEF et ses partenaires sont à pied d'oeuvre pour garantir que des soins adaptés soient offerts à temps aux enfants afin qu'ils puissent survivre à cette crise et être de nouveau bien portants.


 

 

Vidéo (en anglais)

Le reportage de la correspondante de l'UNICEF Nina Martinek sur le traitement des enfants souffrant au Niger de malnutrition sévère alors que se profile une crise alimentaire.
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