En bref : Niger

La crise alimentaire pourrait encore s’aggraver

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Plus de 288 000 enfants de moins de cinq ans ont été traités pour une forme ou une autre de malnutrition.

Par Sarah Crowe

MARADI, Niger, 23 novembre 2005 – De nouveaux chiffres alarmants en provenance du Niger montrent que depuis le paroxysme de la crise alimentaire en juillet, plus de 12 pour cent des enfants de moins de cinq ans de ce pays ont été traités pour une forme ou une autre de malnutrition. Les travailleurs humanitaires préviennent que la crise n’est pas terminée; une nouvelle période critique s’annonce en janvier-février de l’année prochaine.

Dans le principal hôpital de la capitale, Niamey, les corps émaciés des bébés hospitalisés témoignent de la réalité persistante de la crise.

« Il y a ici jusqu’à 20 pour cent d’enfants souffrant de malnutrition chronique – cela représente un enfant sur cinq dans une ville comme Niamey où les conditions sont en principe bien meilleures, dit Isselmou Boukhary de l’UNICEF, vous pouvez donc imaginer combien la situation dans les zones rurales est beaucoup plus grave. C’est vraiment choquant. »

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En dépit d’une bonne récolte, l’endettement force de nombreux paysans à vendre leur grain, ce qui ne leur laisse que de maigres réserves pour l’année prochaine.

Le nombre total d’enfants traités dans les cliniques, pour une forme ou une autre de malnutrition, dépasse aujourd’hui 288 000, sur une population de moins de 5 ans estimée à 2,5 millions.

Un endettement qui contribue à la pénurie

L’activité de certaines des cliniques ouvertes par des partenaires de l’UNICEF comme « Médecins sans Frontières » (MSF) commence à ralentir; mais on a l’impression du calme avant la tempête. Bien que la plus grande partie du Niger ait bénéficié de bonnes récoltes, de nombreux agriculteurs ont dû vendre le grain qu’ils avaient récolté en octobre pour rembourser leurs dettes.

« Ce n’est pas la fin de la crise » , dit le docteur Alberto Kalume à la clinique MSF d’Aguié. « La plupart de ceux qui ont eu quelque chose à récolter sont endettés et il leur restera très peu de réserves. Par conséquent, en janvier, février et mars, la situation sera à nouveau très mauvaise. »

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Au Niger, moins de deux pour cent des mères allaitent leur bébé exclusivement au sein, ce qui peut compromettre la nutrition de leurs enfants.

De mauvaises habitudes nutritionnelles

De mauvaises habitudes nutritionelles et des superstitions ont exacerbé les effets de la crise. Moins de deux pour cent des mères nourrissent leurs enfants exclusivement au sein, et beaucoup d’entre elles commencent à leur donner des aliments solides prématurément. Le nombre important d’enfants par famille – huit en moyenne – , général dans le pays, aggrave encore la situation.

La croyance superstitieuse selon laquelle les bébés à qui on donne de l’eau risquent de devenir des voleurs plus tard pose également problème. Elle explique que nombre d’enfants souffrent de déshydratation, particulièrement quand ils sont portés sur le dos de leur mère sous le soleil brûlant du Sahara.

Eric Mullerbeck à contribué de New York à la rédaction de cet article


 

 

Vidéo (en anglais)

23 novembre 2005 :
Le reportage de la correspondante de l’UNICEF, Sarah Crowe, sur la crise alimentaire qui continue à sévir au Niger.

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