Madagascar

Redoubler d’efforts pour lutter contre la malnutrition chez les enfants à Madagascar

Image de l'UNICEF
© UNICEF Madagascar/2009
Un agent communautaire récemment formé, Louisette Jeanne Raketamanga, avec un enfant qui est l’objet d’un suivi pour malnutrition, à Madagascar, où il y aurait, selon les estimations de l’UNICEF, jusqu’à 250 000 enfants en danger à cause de la sécheresse.

ANTANANARIVO, Madagascar, 24 avril 2009 – Une sécheresse récurrente sévit dans le sud de Madagascar. La dernière récolte a été gravement affectée par le manque de pluie, avec des conséquences sur la capacité des ménages de nourrir leurs enfants.

VIDÉO : regarder maintenant

Fin 2008, près de 400 000 personnes vivaient dans des districts où sévissait l’insécurité alimentaire, d’un bout à l’autre de Madagascar. La situation n’a fait qu’empirer depuis. À présent, il y aurait jusqu’à 250 000 enfants risquant de tomber malades ou de souffrir de malnutrition.

Une enquête récente sur la nutrition, menée dans cinq districts et bénéficiant de l’appui de l’UNICEF, montre que les taux de malnutrition aiguë globale chez les enfants de moins de cinq ans ont atteint des niveaux préoccupants. Des enquêtes supplémentaires sont prévues dans deux autres régions victimes de la sécheresse.

Éviter la maladie et la déshydratation

« Toute une série d’actions sont nécessaires afin de sauver la vie des enfants dans le cadre d’un programme nutritionnel massif où sont traités les enfants souffrant d’une grave malnutrition, et où sont distribuées des rations alimentaires de “protection” à leurs familles », affirme le Représentant de l’UNICEF à Madagascar, Bruno Maes.

Autre menace pour la survie de l’enfant, le manque de pluie a fortement réduit les quantités d’eau salubre disponible pour la consommation humaine – notamment l’eau potable, l’eau pour la cuisine et le lavage – entraînant une augmentation des maladies d’origine hydrique.

« Il faut s’attaquer d’urgence au problème du manque d’eau salubre afin d’éviter les maladies et la déshydratation. En outre, l’accès aux soins de santé est essentiel », déclare M. Maes.

« Si seulement il pleuvait »

Zefita habite avec son mari et ses quatre enfants dans la commune d’Ifotaka, située dans la région d’Anosy.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Madagascar/2009/Pirozzi
À Madagascar, dans le district d’Ambohijafy-Antanetikely, on suit la croissance et le poids d’un bébé.

« Ma fille a faim. Nous mangeons seulement de la raketa [le fruit d’un cactus] puisque nous n’avons pas autre chose », a expliqué Zefita. À présent, sa fille Sambeantrano, âgée de 5 ans, est affaiblie à cause de la malnutrition. « Si seulement il pleuvait, nous pourrions cultiver du maïs ou des pommes de terre, mais nous ne pouvons rien faire », a ajouté Zefita.

Elle a parcouru 10 km à pied, en portant à moitié sa fille, pour parvenir au dispensaire le plus proche. Sambeantrano a été immédiatement soignée pour sa malnutrition en ayant recours au Plumpy'nut, une pâte à base d’arachide, à haute valeur protéïnique et énergétique, fournie par l’UNICEF aux dispensaires et aux centres nutritionnels.

« Mon travail est de déceler la malnutrition chez les enfants et de suivre ces enfants », a dit l’agent de santé communautaire Louisette Jeanne Raketamanga. Elle fait partie de ceux qui aident à faire face à la crise actuelle. « Nous nous rendons aussi chez les gens en faisant du porte à porte et nous donnons des conseils aux parents et aux familles au niveau de la communauté. »

Des ressources insuffisantes

Mme Raketamanga et d’autres agents communautaires ont été formés à la prévention et au traitement de la malnutrition en collaboration avec les chefs de village locaux. Près de 5000 agents de santé s’efforcent de développer la détection précoce de la malnutrition dans tout le pays.

Avec des responsables sanitaires nationaux et locaux, l’UNICEF s’efforce de renforcer les capacités dans les zones les plus affectées.

Actuellement, plus de 100 installations à vocation sanitaire sont équipées pour soigner des enfants souffrant d’une grave malnutrition. Mais il faut faire plus. Les ressources ne suffisent pas pour répondre aux besoins d’un nombre croissant d’enfants souffrant de malnutrition sans perturber la vaccination de routine et d’autres services sanitaires essentiels.

Appel pour un financement d’urgence

« Des ressources financières supplémentaires sont absolument nécessaires pour faire face à la menace que fait peser la sécheresse actuelle sur la survie des enfants », a déclaré M. Maes, qui a invité les donateurs à réagir au récent appel pour un financement d’urgence.

Des organisations des Nations Unies et des ONG présentes à Madagascar ont lancé un appel éclair le 7 avril. Elles demandent une aide afin d’accroître les services de traitement et de santé dans le sud – notamment par l’acquisition de compléments alimentaires Plumpy-doz et par des actions en vue d’améliorer l’accès des familles à l’eau salubre et aux installations sanitaires.

L’UNICEF a également besoin d’un financement d’urgence pour s’attaquer au problème de la sécurité nutritionnelle dans les villes principales – en particulier la capitale, Antananarivo – qui a souffert de l’instabilité politique et de la crise socioéconomique.


 

 

Vidéo (en anglais)

33 avril 2009 : la correspondante de l’UNICEF, Elizabeth Kiem, décrit la crise nutritionnelle à Madagascar.
 VIDÉO  haut | bas

Obtenez des vidéos de
qualité professionnelle
chez The Newsmarket

Recherche