Libéria

Des prestations sociales en espèces transforment la vie des enfants vulnérables au Libéria

VIDÉO (en anglais) : Un reportage de l'UNICEF sur un programme de prestations sociales en espèces qui permet aux familles libériennes vulnérables de subvenir à leurs propres besoins et d'éduquer leurs enfants.

 

Par Ban Dhayi

COMTÉ DE BOMI, Libéria, 30 décembre 2011 – Au nord-ouest du Libéria, dans le Comté de Bomi, Sara Dennis, une mère de six enfants, est de bonne humeur, et ce malgré de grandes épreuves dans sa vie. « Je suis analphabète, tout comme mon mon mari, pourtant mes cinq enfants en âge scolaire obligatoire sont instruits. Et dans quelques années, quand ils auront fini leurs études, ils occuperont
des emplois prestigieux », affirme-t-elle.

Quatorze années de guerre civile, entre 1989 et 2003, ont laissé l'infrastructure et l'économie du pays en ruines, et dévasté le système éducatif. Malgré plusieurs années de croissance économique, les niveaux de pauvreté restent élevés : 84 pour cent de la population vit avec moins  de 1,25 dollar É.-U. par jour.

Protéger les enfants vulnérables

Le système d'allocations en espèces, a été mis en oeuvre au début de l'année 2010 pour protéger les enfants des ménages pauvres et vulnérables. Le Comté de Bomi a été sélectionné pour piloter le programme en raison de son niveau d'insécurité alimentaire exceptionnellement élevé ; le niveau de consommation alimentaire  dans le Comté est le plus bas du pays. 

« L'insécurité alimentaire impacte tous les membres d'un foyer, mais ses effets sont particulièrement pernicieux chez les enfants », explique Isabel Crowley, la représentante résidente de l'UNICEF au Libéria. « Une alimentation et une nutrition inadéquates ont des conséquences à vie sur leur santé, impactent négativement leurs capacités d'apprentissage, et donc portent atteinte à leurs autres conditions d'existence ».

Image de l'UNICEF
© UNICEF Libéria/2011/Jallanzo
Les enfants de Sara Dennis en train d’étudier devant le mur de boue séchée de leur maison dans le Comté de Bomi au Libéria.

Les ménages bénéficiaires reçoivent une prestation sociale mensuelle en espèces qui varie selon la taille du foyer, et auquel viennent s'ajouter des allocations attribuées pour chaque enfant inscrit à l'école. Tandis que la prestation sociale n'est pas soumise à la condition d'une inscription scolaire, le programme vise lui à favoriser l'éducation, décourager le travail des enfants et fournir aux parents des ressources supplémentaires pour couvrir les coûts relatifs à la scolarisation comme des vêtements, des cahiers d'exercices et des crayons. 

Le programme est administré à Bomi par le Gouvernement du Libéria, avec le soutien de l'UNICEF et avec des financements de la Commission européenne et du Gouvernement du Japon.

Une différence à long terme

Jusqu'à présent, 1900 familles de Bomi reçoivent le soutien de ce programme. Les foyers de quatre personnes ou plus reçoivent à peu près 1750 dollars libériens (environ 25 dollars É.-U.) par mois. Environ 54 pour cent des bénéficiaires sont des enfants.

À peine 18 mois après son lancement, le programme pilote de prestations sociales apporte un changement significatif et durable dans la vie  de ces enfants et des familles participantes.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Libéria/2011/Jallanzo
Sara Dennis reçoit une prestation sociale en espèces dans le Comté de Bomi au Libéria.

Sara Dennis a utilisé ses prestations pour générer un revenu régulier pour sa grande famille. Chaque mois, elle épargne une partie de l'argent pour acheter un poulet. Elle soigne alors les poulets et vend les oeufs à sa communauté.

Avec de la chance, le programme mettra quasi littéralement un toit sur sa tête.

« Avec Noël qui approche, j'utiliserai cette fois l'argent différemment. Je vais acheter une nouvelle paire de chaussures pour chacun de mes enfants et remplacer le toit de chaume de ma petite maison avec les feuilles de zinc », dit-t-elle avec un sourire.


 

 

Partenariat UNICEF-Union européenne

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