République populaire démocratique de Corée

Le rapport des agences de l'ONU souligne la crise alimentaire qui sévit en République populaire démocratique de Corée

Par Chris Niles

NEW YORK, 7 avril 2011 – République populaire démocratique de Corée (RPDC) manque de nourriture. Environ un quart de la population – six millions de personnes – n'a pas assez à manger, selon un nouveau rapport des agences de l'ONU. Près d'un million d'enfants de moins de cinq ans sont concernés.

VIDÉO (en anglais) : 6 avril 2011. La spécialiste en nutrition de l'UNICEF, Mandana Arabi parle de la crise alimentaire en Corée du Nord.  Regarder dans RealPlayer

 

L'évaluation de l'ONU - conduite par l'UNICEF, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) - a été faite avec une approche des familles, sans précédent dans le pays. Les autorités en RPDC ont annoncé que la nourriture est rationnée et que les centres de distribution publics seront vides d'ici à la fin de ce mois ou au début du mois suivant. À moins que des mesures immédiates ne soient prises, les conséquences se feront ressentir bien plus longtemps.

« Pensez que les populations sont totalement dépendantes des rations du gouvernement alors même que celles-ci vont venir à manquer », témoigne la Spécialiste en nutrition de l'UNICEF Mandana Arabi, qui faisait partie de l'équipe qui s’est déplacée en  RPDC pour réaliser cette évaluation. « Il n'y a vraiment plus beaucoup de ressources dont elles pourraient bénéficier ».

Image de l'UNICEF
© REUTERS 2010/Petar Kujundzic
Des gens font la queue devant un stand de nourriture à Pyongyang, la capitale de la République populaire démocratique de Corée.

De graves pénuries

Le pays est sujet aux crises alimentaires en raison de son isolement politique et économique et du changement climatique. L'année dernière, des inondations importantes dans la région principale productrice de riz du pays ont abouti à une faible récolte. Une épidémie de fièvre aphteuse a également affecté le bétail utilisé habituellement pour les récoltes. Ce qui a eu pour effet d'aggraver les pénuries.

Beaucoup de familles ne font que deux repas par jour et, avec très peu de viande ou de graisse, leur régime manque de la variété nécessaire à une bonne nutrition. Les taux de retard du développement  chez les jeunes enfants sont de 40 pour cent dans les zones rurales et de 20 pour cent dans les zones urbaines.

« La diversité diététique est un gros problème. La plupart des diètes sont basées sur des amidons et des graines, très peu sur des ressources végétales et presque pas d’aliments d’origine animale », explique le docteur Arabi.

Une « situation très vulnérable »

L'UNICEF s’inquiète tout particulièrement de la santé des enfants de moins de cinq ans, des femmes enceintes et allaitantes et des grandes familles avec peu de revenu. L’organisation travaillera en coordination avec les agences soeur de l’ONU pour réagir promptement à l'urgence, qui restera critique dans les trois prochains mois.

« Nous devons considérer que la situation est  très vulnérable et il faut nous assurer du respect des droits de l'enfant », déclare le docteur Arabi. « Nous nous  inquiétons beaucoup du fait que les déficiences en micronutriments deviendront encore plus importantes, en raison de la monotonie des régimes alimentaires en l’absence d’autres sources de nourriture ».


 

 

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