Kenya

Une enquête menée au Kenya révèle des taux élevés de malnutrition chez les femmes enceintes

Image de l'UNICEF: UNICEF video
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Emily Teshome, responsable de l’UNICEF pour la nutrition en situation d’urgence, mesure le bras d’une femme enceinte souffrant de malnutrition dans le district de Samburu, au Kenya.

Par Rachel Bonham Carter

NEW YORK, États-Unis, 4 mai 2006 – On constate des taux de malnutrition encore plus élevés chez les femmes enceintes que chez les enfants dans certaines parties du Kenya, touchées par la pire sécheresse survenue en dix ans dans la région. Selon des nutritionnistes de l’UNICEF, qui ont effectué une enquête auprès de communautés isolées des districts de Moyale, Marsabit et Samburu, les résultats de l’enquête indiquent un besoin immédiat d’aide supplémentaire, qui permettrait aux femmes et aux enfants les plus vulnérables de survivre à ce qui est devenu une situation d’urgence chronique.

Asetiyo Lenawase, une mère de cinq enfants, habite le village de Noisetet, à 20 km de la ville de Maralal. Une fois par semaine, sa famille vend une chèvre ou un mouton au marché, ce qui leur permet d’acheter pour environ trois jours de nourriture. La plupart des semaines, cette famille reste sans nourriture pendant trois ou quatre jours.

« Nos chèvres sont maigres », dit Mme Lenawase. « Elles ne sont pas productives et n’ont pas de lait. Ces petits enfants ne se nourrissent que de lait. Nous essayons de faire pour eux du thé noir, mais ils ne peuvent pas boire du thé sans lait. Nous sommes à la recherche d’autres moyens permettant d’acheter du lait mais nous ne pouvons pas nous permettre d’en acheter dans les boutiques. Nous avons vraiment un gros problème pour nourrir nos enfants ».

Les mères se sacrifient pour leurs enfants

Emily Teshome, responsable de l’UNICEF pour la nutrition en situation d’urgence, a participé à l’enquête sur la nutrition. « Nous avons fait cette enquête pour être en mesure de savoir quelle était la situation nutritive et de recenser la population touchée », dit-elle. « Cela va nous permettre d’affecter de maigres ressources au titre de l’aide alimentaire d’urgence, pour des interventions sanitaires et aussi en matière d’eau et d’assainissement ».

Selon les résultats de l’enquête, plus de 60 pour cent des femmes enceintes du district de Samburu souffrent de malnutrition, ce qui met leur vie et celle de l’enfant qu’elles portent en grand danger. Dans le district, 19 % des enfants sont dans un état de malnutrition grave.

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Trois enfants se tiennent à l’extérieur du logement familial, dans le district de Samburu, au Kenya. À cause de la pire sécheresse de la décennie, ils restent souvent des jours entiers sans nourriture.

Dans le district de Marsabit, toutefois, les taux de malnutrition chez les enfants sont plus élevés (31 pour cent) que dans celui de Samburu  alors qu’ils sont plus faibles chez les femmes enceintes (37 pour cent). Dans celui de Moyale, on enregistre un taux de malnutrition de 18 pour cent chez les enfants et de 29 pour cent chez les femmes enceintes.

« Dans cette communauté, la plupart des mères choisissent de donner leur repas aux enfants les plus jeunes », explique Mme Teshome, en parlant du district de Samburu. « Et si notre enquête indique que le nombre d’adultes et d’enfants souffrant de malnutrition augmente, cela plaide en faveur de la distribution généralisée de rations alimentaires dans le district ».

Programmes de distribution alimentaire et programmes éducatifs

Outre l’accroissement des distributions alimentaires d’urgence, ajoute-t-elle, l’UNICEF souhaite qu’on prolonge dans ces zones rurales les programmes de centres d’alimentation thérapeutiques et d’alimentation d’appoint axés sur la communauté, pour aider à lutter contre les effets dévastateurs de la sécheresse.

L’enquête sur la nutrition conclut que les taux de malnutrition sont aggravés par de mauvaises habitudes en matière de soins prodigués aux enfants et par un manque de connaissances concernant l’hygiène. L’UNICEF voudrait y remédier grâce à des programmes éducatifs.

D’un bout à l’autre de la Corne d’Afrique, en raison de quatre mauvaises saisons des pluies, 8 millions de personnes – dont environ 1,6 million d’enfants de moins de cinq ans – ont un besoin urgent d’assistance. Bien que la pluie soit récemment tombée dans certains secteurs de cette région, les effets de la sécheresse vont être ressentis par les femmes et les enfants du Kenya pendant encore un bon nombre de mois.


 

 

Vidéo (en anglais)

4 mai 2006 :
La correspondante de l’UNICEF, Rachel Bonham Carter, décrit la malnutrition chez les femmes et les enfants dans le Kenya frappé par la sécheresse.

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