Inde

A l'Ouest du Bengale, des exemples de «déviance positive» dans les habitudes alimentaires qui conduisent à la malnutrition

Image de l'UNICEF
© UNICEF Inde/2009/ Khemka
Aparna, deux ans, prend un repas substantiel pendant que sa mère l'observe dans une garderie « Angawadi » appuyée par le gouvernement dans le Bengale de l’Ouest.

Par Angela Walker

DUMURDI, Inde, 11 janvier 2010 – Bharati Mandi se rend chaque jour à sa garderie « Angawadi » locale - un centre en Inde pour les mères et les enfants que soutient le gouvernement – avec son fils Biswajit, quatre mois, et sa fille Shampa, trois ans. Avec d'autres mères, elle prépare elle-même à la mi-journée un repas équilibré constitué de lentilles, de riz et de légumes.

« Je viens ici pour apprendre comment nourrir les enfants, pour apprendre comment prendre soin de mon enfant, » dit-elle. «Si je prends cette nourriture, je pourrai allaiter au sein mon fils parce que j'aurai plus de lait. En mangeant cette nourriture, mes enfants seront en meilleure santé. »

Bharati et ses enfants font partie d'un programme de « déviance positive » utilisant les ressources de la communauté pour s'attaquer à la malnutrition dans ce village de 565 habitants marqué par la pauvreté. Les « déviants positifs », dans ce cas, sont des familles avec des enfants en meilleure santé que les autres.

« Pourquoi ne pourrions-nous pas le faire? »

Dans le Bengale de l’Ouest, le programme de déviance positive est connu de tout le monde sous le terme de « Keno Parbo Na » qui veut dire « Pourquoi ne pourrions-nous pas le faire ? ». Le projet a pour but de provoquer des changements durables de comportement parmi les parents afin d'améliorer les habitudes dans l'alimentation des enfants âgés de trois ans et moins.

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Des femmes mettent à jour le «bulletin de croissance» d'un enfant à la garderie Dumurdi Angawadi, dans le Bengale de l’Ouest.

Toutes les familles de Dumurdi sont confrontées aux mêmes problèmes de pauvreté et de privations mais certains enfants sont mieux nourris que d'autres. Le programme estime qu’il est capital de comprendre la façon dont les familles élèvent leurs enfants et les nourrissent.

Au fondement de la déviance positive se trouve la conviction qu'il existe un bon sens considérable et des ressources inexploitées propres aux communautés, qui permettent aux habitants des villages d'utiliser des solutions existantes pour faire face à des problèmes complexes. La méthode utilise l'apprentissage collectif pour détecter les habitudes positives d'alimentation par des familles individuelles qui peuvent être adaptées au reste de la communauté.

Enseigner la nutrition aux enfants

Les cours se déroulent dans les centres locaux Angawadi où les enfants les plus âgés se distraient avec des jeux, des chansons et différentes activités qui leur permettent d'apprendre d'une façon amusante ce qu'il faut savoir en matière de santé, de nutrition et de bonne hygiène.

« Je trouve très intéressant de m'occuper d'enfants. Ils sont la génération à venir, » dit Monica Rajwar qui dirige le centre de Dumurdi.

Les membres de la communauté amènent des œufs et des légumes tels du gombo, des potirons et des pois. Les mères apprennent à préparer des repas plus substantiels ce qui, par voie de conséquence, donne à la communauté les moyens de gérer la malnutrition chez les enfants.

Beaucoup d'éléments pour réussir

Les habitudes alimentaires sont fondées sur des informations erronées qui peuvent conduire à la malnutrition. « La discrimination sexuelle est souvent un facteur. Par exemple, une fille qui a un jumeau peut ne pas recevoir autant de lait que son frère, » observe Monica Rajwar.

Certaines familles ont des préjugés concernant le lait maternel. Une mère peut ajouter du miel plutôt que d'avoir recours à l'allaitement exclusif au sein, cela en s'appuyant sur le fait de croire que le lait fait parler votre enfant « d'une manière douce ».

« La participation de la communauté est fondamentale pour faire face à la malnutrition, » dit Lori Calvo, responsable du bureau de l'UNICEF du Bengale de l’Ouest.

« Quand la déviance positive a été conçue, les mères ont commencé à réaliser qu'il était important de s'attaquer à la malnutrition, » dit le responsable des Services intégrés de développement de l'enfant (ICDS) du gouvernement, Monjary Chakraborty. « Les autres voient leurs capacités personnelles augmenter et sont maintenant capables de prendre des décisions qui sont acceptées par la famille. »


 

 

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