Nutrition

Les micronutriments

Quel est le rôle des micronutriments dans la nutrition ?

Les micronutriments – également appelés vitamines et minéraux – sont les composantes essentielles d’une alimentation de qualité et ont des effets profonds sur la santé. Bien qu’ils ne soient nécessaires qu’en très faible quantité, les micronutriments sont les éléments de base indispensables à la bonne santé du cerveau, des os et du corps en général.

La consommation d’une large gamme d’aliments riches en nutriments aux côtés de l’allaitement au sein est la façon idéale pour les jeunes enfants d’apporter à leur régime alimentaire les micronutriments qui leur sont indispensables. Mais dans de nombreuses parties du monde, les régimes alimentaires des enfants ne contiennent pas assez de micronutriments et les carences sont courantes.

Les carences en micronutriments sont souvent qualifiées de « faim invisible » car elles se développent progressivement dans le temps, leur impact dévastateur ne pouvant être observé qu’une fois subis des dommages irréversibles. Bien qu’un enfant puisse dormir chaque nuit l’estomac bien rempli, les carences en micronutriments signifient que son corps a toujours faim d’une bonne nutrition.

Des millions d’enfants sont atteints de retard de croissance, de retard dans le développement cognitif, d’immunité affaiblie et de maladies à cause d’une carence en micronutriments. Pour les femmes enceintes, le manque de vitamines et de minéraux indispensables peut avoir des résultats catastrophiques, augmentant le risque d’insuffisance pondérable à la naissance, de malformations congénitales, d’avoir un enfant mort-né ou même de mourir. 

Quelles sont les carences principales ?

La carence en iode est, chez les enfants, la cause principale des lésions cérébrales évitables. Ses effets les plus dévastateurs se produisent durant le développement fœtal et au cours des premières années de la vie d’un enfant.  Dans le monde, 30 % de la population totale vit dans des régions il existe des carences en iode .

La carence en vitamine A touche environ un tiers des enfants vivant dans les régions à faible et moyen revenu, principalement en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud . La carence en vitamine A affaiblit le système immunitaire et accroît les risques qu’un enfant contracte des infections comme la rougeole et des maladies diarrhéiques et en meure. 

La carence en fer peut provoquer l’anémie avec des risques accrus d’hémorragie et d’infection bactérienne pendant l’accouchement et elle est liée aux décès maternels. Pour leur part, les bébés peuvent naître prématurément et être victimes d’infections, de troubles des capacités d’apprentissage et de retard de développement. Dans les pays en développement, presque 40 % des femmes enceintes et plus de 40 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d’anémie . On pense qu’environ la moitié de ces cas sont le résultat d’une carence en fer.

La carence en zinc affaiblit la fonction immunitaire et est associée à une augmentation des risques d’infections gastro-intestinales. Elle est aussi un facteur déterminant dans les décès d’enfants causés par la diarrhée. La carence en zinc est particulièrement fréquente dans les pays à faible revenu en raison de la faible consommation d’aliments riches en zinc et d‘une absorption insuffisante.  

Les carences en calcium, vitamine D et acide folique sont particulièrement préoccupantes pendant la grossesse et peuvent entraîner un certain nombre de complications à la fois pour la mère et le bébé qui se développe.

Comment prévient-on et traite-t-on les carences en micronutriments ?

L’UNICEF apporte son soutien aux stratégies suivantes dans le but de prévenir et traiter les carences en micronutriments chez les femmes et les enfants :

Les stratégies de diversification du régime alimentaire aident les familles à accéder à tout un éventail d’aliments riches en nutriments. Elles nécessitent d’informer les personnes qui élèvent des enfants sur les pratiques correctes  d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant et sur la meilleure utilisation des aliments localement disponibles.

Les programmes d’enrichissement fournissent des micronutriments particuliers qui ne font pas partie de l’alimentation normale. L’enrichissement est particulièrement important lorsque le corps a des besoins spécialement élevés en micronutriments – par exemple pendant la grossesse – qui sont difficiles à satisfaire grâce au seul régime alimentaire. Un exemple est celui des suppléments en fer et en acide folique pour les femmes enceintes qui peuvent réduire le risque d’insuffisance pondérale à la naissance, l’anémie maternelle et la carence en fer.

La fortification à grande échelle est le processus consistant à ajouter des micronutriments aux aliments et aux condiments qui sont régulièrement consommés par la population comme la farine, le sucre, le sel et les huiles de cuisson. Les programmes de fortification sont extrêmement efficaces pour la prévention des carences en micronutriment à un coût minimal – souvent seulement quelques centimes par personne et par an. L’iodation universelle du sel et les programmes de fortification de la farine (ajout de fer) ont permis à la fortification à grande échelle de réussir dans de nombreux pays.

Les programmes de fortification à domicile offrent aux personnes élevant des enfants des micronutriments en poudre à répandre sur les aliments qu’elles préparent chez elles pour les enfants. Ceci peut substantiellement améliorer la qualité diététique des aliments complémentaires pour les enfants âgés de six mois à deux ans ou plus.   La fortification à domicile autonomise les personnes qui élèvent des enfants et leur donne les outils leur permettant d’améliorer le régime alimentaire familial sans nécessiter des changements importants dans les habitudes quotidiennes. 

Ces stratégies, associées à la prévention et au traitement des maladies infectieuses et à la prise de vermifuges, peuvent diminuer considérablement les pertes en micronutriments et réduire les carences en micronutriments parmi les groupes vulnérables.

Quels sont les obstacles ?

Les carences en micronutriments sont provoquées par des facteurs premiers tels que la consommation insuffisante d’aliments nutritifs et des maladies infectieuses – et par des facteurs seconds tels que la pauvreté et des environnements néfastes pour la santé. S’attaquer à ces facteurs peut être difficile. 

L’augmentation de la consommation d’aliments nutritifs peut être difficile parce que les aliments riches en micronutriments sont souvent chers et pas facilement accessibles. Pour prendre un exemple concret, la carence en fer est le problème nutritionnel le plus répandu sur la planète mais les progrès réalisés pour l’éliminer ont été limités en partie parce que les aliments riches en fer – comme le foie, les œufs, le poisson, le pain complet et les légumineuses  – ne sont pas largement disponibles pour les familles ou trop chers pour elles. 

Les maladies infectieuses et les carences en micronutriments enclenchent un cercle vicieux. Les infections entraînent la perte des micronutriments au moment où le corps en a le plus besoin. Avec des réserves limitées dans lesquelles puiser, le système immunitaire s’affaiblit davantage et devient de moins en moins capable de lutter contre l’infection.

Des facteurs secondaires, comme une façon inadaptée d’élever les enfants  et un environnement domestique malsain, notamment où l’eau n’est pas potable et l’assainissement insuffisant, compromettent aussi la consommation d’aliments et accroissent les risques d’infection.   

Aider les populations les plus vulnérables de femmes et d’enfants représente aussi une difficulté, notamment pendant la période critique des mille jours de développement allant de la grossesse au second anniversaire de l’enfant. 

Comment l’UNICEF intervient-il ?

L’intervention de l’UNICEF face aux carences en micronutriments englobe à la fois les contextes de développement et les situations d’urgence.

Amélioration de la diversité du régime alimentaire

Apport de suppléments

  • Soucieux de réduire la mortalité infantile, l’UNICEF appuie les programmes d’apport de suppléments en vitamine A pour les enfants âgés de 6 à 59 mois dans les pays prioritaires (ceux ayant des taux élevés de mortalité élevés chez les enfants de moins de cinq ans ou bien ceux où les carences sont un problème de santé publique). Les suppléments sont souvent distribués au cours des « Journées de la santé de l’enfant » au côté d’interventions de santé à impact élevé comme les vaccinations ou l’administration de vermifuge. Ces manifestations sont particulièrement efficaces pour toucher les enfants vulnérables des communautés isolées et dans les environnements fragiles ayant des systèmes de santé peu performants. 
  •  L’UNICEF défend l’importance des suppléments en fer et en acide folique pendant la grossesse et soutient les gouvernements pour que ceux-ci appliquent cette intervention à plus grande échelle. L’UNICEF a  travaillé avec ses partenaires pour créer la préparation à micronutriments multiples testée dans différents environnements et destinée à réduire l’anémie et améliorer la façon dont se déroule la grossesse  ; l’organisation est actuellement en train de travailler avec ses partenaires pour mettre en place des recommandations au niveau international pour cette intervention. 

Soutien de l’iodation universelle du sel

  • UNICEF préconise la mise en place de l’iodation universelle du sel et indique aux gouvernements et aux producteurs de sel du secteur privé comment la mettre en place.
  • En tant que membre du Iodine Global Network, l’UNICEF participe à l’élaboration des politiques et des normes portant sur la consommation d’iode.

Promotion d’autres formes de fortification à grande échelle

  • Outre le sel, l’UNICEF aide les gouvernements à mettre sur pied des programmes de fortification alimentaire pour la vitamine A, le fer et l’acide folique. Une part importante de ce travail consiste à défendre la création d’une législation rendant obligatoire la fortification alimentaire pour en assurer l’accès à la plus grande partie possible de la population. 
  • Au niveau international, l’UNICEF est à pied d’œuvre pour définir le programme international de fortification alimentaire et apporter des directives sur la façon d’améliorer les dispositifs de suivi.  

Soutien aux programmes de fortification à domicile

  • L’UNICEF est un des principaux partisans des programmes de fortification à domicile dans le monde. Ceci consiste à fournir des micronutriments en poudre, à défendre l’adoption de politiques en rapport avec les programmes, de créer une demande et des stratégies de changement de comportement afin de toucher les populations ciblées et veiller à ce que ces programmes soient l’objet d’un suivi et d’une évaluation rigoureux.
  • UNICEF est co-président du Groupe technique consultatif pour la fortification à domicile, un réseau international de parties prenantes chargées d’apporter leur aide à la mise en place de programmes de fortification à domicile.

 

 

Recherche