Nutrition

L’allaitement au sein et l’alimentation complémentaire

Ce que nous donnons aux bébés et comment nous le faisons est absolument essentiel

Les bébés ont besoin des bons aliments au bon moment pour grandir et développer tout leur potentiel. Le moment le plus important pour une bonne nutrition se situe au cours de la brève période des mille premiers jours de la vie, du début de la grossesse chez la femme jusqu’au second anniversaire de l’enfant.

Le lait maternel est le meilleur aliment pour la santé et le développement des enfants pendant cette période d’importance critique. Il apporte toutes les vitamines, les minéraux, les enzymes et les anticorps dont un enfant a besoin pour grandir et s’épanouir. 

L’allaitement au sein est un investissement miracle. C’est une solution disponible partout, simple, à impact élevé et efficace en termes de coût pour sauver la vie des bébés mais, mondialement, elle n’a pas reçu toute l’attention qu’elle mérite. L’UNICEF s’emploie à changer cela.

L’allaitement au sein est la chose qui se rapproche le plus, pour la planète, d’une solution miracle au problème de la survie de l’enfant. Dans les pays en développement, l’allaitement au sein optimal – c’est-à-dire commençant dans la première heure suivant la naissance avec allaitement exclusif au sein (pas d’aliments ou de liquides supplémentaires, même de l’eau) pendant six mois et la poursuite de l’allaitement au sein jusqu’à l’âge de deux ans ou plus – a le potentiel d’empêcher 12 % de la totalité des décès d’enfants de moins de cinq ans .  Les enfants allaités exclusivement au sein sont moins sujets à la diarrhée et à la pneumonie et ont une chance de survie quatorze fois plus élevée que les enfants qui n’ont pas été allaités au sein .

Le lait maternel est sûr : il est toujours à la bonne température, ne nécessite aucune préparation et est disponible même dans les environnements où les conditions sanitaires sont mauvaises et l’eau non potable. De cette façon, l’allaitement au sein garantit aux bébés l’accès à une quantité sûre et suffisante d’aliments nutritifs et bon marché. L’allaitement au sein facilite également un bon développement cérébral, une meilleure réussite scolaire et diminue le risque d’obésité et de diverses maladies chroniques.

Les mères bénéficient aussi de l’allaitement au sein : il contribue à la prévention des hémorragies après l’accouchement, diminue le risque de cancer du sein et des ovaires et permet aux femmes de mieux espacer leurs grossesses. 

Après les six premiers mois de la vie, l’UNICEF recommande que les enfants suivent un régime alimentaire fréquent et varié d’aliments complémentaires riches en nutriments et  préparés dans de bonnes conditions d’hygiène en plus du lait maternel. Ces aliments ne sont pas seulement pas là pour remplir l’estomac d’un enfant : ils doivent lui apporter assez d’énergie, de protéines, de graisses, de vitamines et de minéraux pour répondre à ses besoins croissants. 

Le rôle de la personne qui s’occupe de l’enfant est aussi important que la nourriture elle-même : les personnes qui élèvent un enfant doivent communiquer avec celui-ci, répondre aux signaux qu’il fait lorsqu’il a faim, choisir la nourriture qui convient et préparer ces aliments dans de bonnes conditions d’hygiène.

Que sont les obstacles ?

Dans le monde, les pratiques de l’allaitement au sein et de l’alimentation complémentaire sont insuffisantes. Seulement 38 % des nourrissons (de 0 à 6 mois d’âge) du monde sont allaités exclusivement au sein et la plupart des jeunes enfants ne sont pas soumis à un régime alimentaire d’un niveau minimum acceptable.

L’un des plus grands obstacles à surmonter est celui de la méconnaissance du problème de la part les gouvernements, ce qui fait qu’ils n’accordent pas la priorité, ou les investissements, à une législation assurant la protection par exemple ou à la formation du personnel de santé ou à des programmes d’orientation et de conseil destinés à améliorer les pratiques portant sur l‘allaitement au sein et l’alimentation complémentaire.   

N’importe quelle mère dira que l’allaitement au sein peut être lui-même difficile : une aide de la part d’une personne qualifiée est essentielle. Cependant, de nombreux pays manquent d’agents de santé formés pour conseiller et aider les mères pour l’allaitement au sein et l’alimentation complémentaire. Cela doit changer.

Des politiques et une législation solides – tenant compte du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel – sont nécessaires pour lutter contre les stratégies commerciales agressives et souvent contraires à la déontologie des entreprises produisant du lait maternisé qui mettent en péril les normes et les pratiques liées à l’allaitement au sein.

Les gouvernements doivent aussi mieux aider les mères qui travaillent à allaiter au sein. L’adoption de politiques et de législations nationales  – telles que les congés de maternité payés, les pauses pour l’allaitement au sein et les espaces prévus à cet effet – permettront de faire en sorte qu’allaitement au sein et travail ne soient pas mutuellement opposés.

Le manque d’accès à des aliments riches en nutriments et d’un prix abordable est un problème constant pour de nombreuses familles de la planète. Trop souvent, les aliments solides et mous sont introduits trop tôt ou trop tard, la fréquence et la quantité d’aliments offerts sont inférieures à ce qu’exige la croissance normale d’un enfant ou la consistance et la teneur en nutriments des aliments ne correspondent pas aux besoins de l’enfant. 

Les pratiques d’alimentation et d’hygiène inappropriées sont liées à un certain nombre de facteurs : manque d’éducation chez les personnes qui s’occupent de l’enfant, croyance et interdits culturels, charge de travail des personnes qui s’occupent de l’enfant, mauvais accès aux ressources, pauvreté et insécurité alimentaire. La commercialisation d’aliments et de boissons nocifs pour la santé est également un obstacle à une bonne nutrition.

Alimenter des bébés devient même encore plus difficile pendant les situations d’urgence. Les personnes s’occupant d’enfants ont souvent du mal à trouver des endroits sûrs pour alimenter leurs enfants et les populations vulnérables sont les plus touchées par les pénuries alimentaires liées aux situations d’urgence. La distribution non contrôlée et non ciblée de lait maternisé pendant les situations d’urgence peut aussi remettre en cause l’allaitement au sein.

Comment l’UNICEF intervient-il ?

Initiative mondiale de défense de l’allaitement au sein (Global Breastfeeding Advocacy Initiative)– L’UNICEF et l’OMS sont à la tête d’un partenariat dont le but est de dynamiser l’engagement et les investissements au niveau politique afin d’accroître les taux d’allaitement au sein. Des progrès rapides sont possibles : certains pays ont déjà affiché des gains spectaculaires dans l’amélioration des taux d’allaitement au sein. 

Politiques et législations assurant la protection – L’UNICEF préconise la mise en place de lois nationales protégeant l’allaitement au sein et empêchant les fabricants de lait maternisé de recourir à des pratiques commerciales contraires à la déontologie. L’UNICEF aide les pays à appliquer et à contrôler ces politiques.

L’UNICEF collabore aussi avec les gouvernements pour mettre sur pied et appliquer des politiques qui permettent d’offrir du temps, de l’espace et l’aide aux femmes pour qu’elles puissent allaiter au sein. Parmi celles-ci figurent une législation sur les congés de maternité, des mesures favorisant les relations travail-famille et des mesures allouant du temps et des espaces réservés pour allaiter au sein ou collecter le lait maternel sur le lieu de travail.

Guides de programmation – L’UNICEF offre des orientations au niveau mondial sur les traitements convenables et les pratiques alimentaires. Parmi celles-ci figurent le Guide de programmation de l’UNICEF « Alimentation du nourrisson et du jeune enfant » et, plus récemment, le Guide sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant dans le contexte d’Ebola (Guidance on infant and young child feeding in the context of Ebola).

Formation et renforcement des capacités – L’UNICEF et l’OMS ont conçu un cours intégré sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant comportant une supervision d’appui afin de renforcer les capacités du personnel de santé à mieux conseiller et aider les mères. L’UNICEF offre un cours de formation en ligne en partenariat avec l’université Cornell (USA) pour appuyer les programmes d’alimentation du nourrisson et du nouveau-né dans les pays en développement.

Initiative Hôpital amis des bébés – Cette  initiative, conduite par l’UNICEF et l’OMS, aide les mères à commencer l’allaitement au sein après la naissance et à le poursuivre dès leur retour chez elles. Une maternité peut être appelée « amie des bébés » quand elle n’accepte pas de substituts de lait maternel gratuits ou à bas prix et remplit 10 conditions particulières pour réussir l’allaitement au sein.

Approches s’appuyant sur la communauté – L’UNICEF collabore avec les communautés pour mettre en place des services de conseil pour les mères afin qu’elles adoptent de bonnes méthodes d’alimentation. L’UNICEF a réalisé un dossier d’orientation et de conseil pour l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant afin de former des agents communautaires. Les services de conseil sont adaptés aux situations dans lesquelles vivent les familles et offrent des mesures concrètes destinées à changer les comportements, améliorer les méthodes d’alimentation et renforcer les réseaux d’entraide. Ils sont particulièrement importants dans les endroits où le système de santé est insuffisant.

Amélioration de l’accès à des aliments complémentaires nutritionnellement adaptés – L’UNICEF offre des informations sur la nutrition aux personnes qui élèvent des enfants afin d’améliorer l’alimentation complémentaire. Dans les endroits où sévit une insécurité alimentaire, l’UNICEF encourage la consommation d’aliments enrichis et de micronutriments en poudre pour améliorer la qualité nutritionnelle des aliments complémentaires. 

Aide pendant les situations d’urgence – L’UNICEF, en première ligne lors des crises humanitaires, apporte des services de conseil, travaille à la mise en place d’espaces protégés pour l’alimentation des nourrissons et effectue un suivi de la distribution de lait maternisé.

Aide à l’alimentation des nourrissons exposés au VIH – L’UNICEF aide les gouvernement des pays touchés par le VIH à mettre en place des stratégies et des politiques nationales portant sur le VIH et l’alimentation du nourrisson s’appuyant sur les plus récentes recommandations et à renfoncer les capacités du personnel de santé à aider les mères séropositives au VIH à pratiquer l’allaitement au sein en tout sécurité.

 

 

 

 

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1-Black, R. et al., « Maternal and child undernutrition and overweight in low-Income and middle-income countries » (« Sous-nutrition et excès de poids chez la mère et l’enfant dans les pays à faible et moyen revenu »), The Lancet, vol.382, no. 9890, 3 août 2013, pp.427-451. 
2-Black R. et al. « Maternal and child undernutrition: global and regional exposures and health consequences ». (Maternal and Child Undernutrition Series 1) (« Sous-nutrition chez la mère et l’enfant : vulnérabilités mondiales et régionales ».(Séries 1 sur la sous-nutrition chez la mère et l’enfant) . The Lancet, vol. 371 No. 9608, janvier 2008, pp.243-60


 

 

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