Nutrition

Alimentation du nourrisson et du jeune enfant

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ93-0269/Roger Lemoyne
Une femme allaitante sourit à son bébé qu’elle nourrit au sein à l’Hôpital des mères et des enfants pour la paix internationale, Shanghaï, Chine

Objectif

En accord avec la Stratégie mondiale pour l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (OMS-UNICEF 2003), l'objectif général de l'UNICEF dans ce domaine d’intervention doit être de protéger, de promouvoir et d’encourager les pratiques d’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants qui donnent des résultats optimaux. Les résultats attendus sont une amélioration de l’état nutritionnel, de la croissance, du développement, de la santé et, en fin de compte, la survie des nourrissons et des jeunes enfants.

Il est maintenant reconnu que la période allant de la naissance à l'âge de deux ans est une « période d’importance critique » pour favoriser une  bonne croissance, la santé et le développement comportemental et cognitif de l’enfant. il est donc crucial d’optimiser l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant pendant cette période. Ce qui signifie que les mères doivent être encouragées à allaiter leur nourrisson dans l'heure qui suit la naissance, de maintenir un allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois et de continuer cette pratique pendant deux ans ou plus, tout en apportant à l’enfant à partir de six mois une alimentation complémentaire suffisante et adaptée à son âge et à ses besoins. L’allaitement maternel est aussi important pour assurer à l’enfant un bon statut nutritionnel que pour protéger la santé de la mère.

La problématique

L'allaitement au sein exclusif est la manière parfaite de fournir au bébé la meilleure alimentation possible au cours de ses six premiers mois, et ses avantages pour les enfants ont été constatés dans le monde entier. Mais l'allaitement au sein ne présente pas seulement des avantages en matière de nutrition; les nourrissons allaités au sein mouront  probablement beaucoup moins de maladies diarrhéiques, d’infection respiratoire aiguë et d’autres maladies infantiles. L'allaitement renforce le système immunitaires de l'enfant et contribue à le protéger des pathologies chroniques qui se développent plus tard dans la vie comme l’obésité et le diabète. L’insuffisance de la pratique de l’allaitement maternel est, selon une étude de la revue médicale The Lancet, la cause d’environ 1,4 million de décès chez les enfants à travers le monde (Séries sur la nutrition du Lancet 2008). Les données les plus récentes indiquent que dans les pays en développement seulement 36 pour cent des bébé âgés de 0-5 mois sont exclusivement nourris au sein, 60 pour cent de ceux âgés de 6 à 8 mois sont nourris au sein et reçoivent une alimentation complémentaire et 55 pour cent des enfants âgés de 20 à 23 mois continuent à être allaités. Parmi les nouveau-nés, seulement 43 pour cent sont allaités pour la première fois dans l'heure qui suit la naissance.

Une alimentation complémentaire adaptée est particulièrement importante pour la croissance, le développement et la prévention de la sous-nutrition chez les enfants âgés de 6 mois à deux ans. La malnutrition chez l'enfant demeure un problème majeur de santé dans les pays pauvres ; environ un tiers des enfants de moins de cinq ans des pays en développement souffrent de retard de croissance (poids insuffisant par rapport à leur âge) et dans de larges proportions ont aussi une déficience d'un ou plusieurs micronutriments essentiels. qu’ils ont besoin de compléter le régime alimentaire fourni par la poursuite de l’allaitement maternel par l’apport de quantités suffisantes d’aliments de haute qualité riches en éléments nutritifs. Il a été constaté que les pratiques d'alimentation complémentaires sont généralement médiocres dans  la plupart des pays en développement, ce qui continue à exposer les enfants au danger de séquelles irréversibles comme les retards de croissance et de développement cognitif ainsi qu’à des risques nettement accrus de maladies infectieuses comme la diarrhée et la pneumonie.

L'action

On estime qu’un ensemble d’interventions conçues pour promouvoir, protéger et encourager des habitudes d’alimentation optimales en faveur des nourrissons et des jeunes enfants qui toucheraient plus de 90 pour cent de ce groupe permettrait de réduire globalement la mortalité infantile d’un cinquième. Des pratiques d’alimentation au sein optimisées, spécialement l’allaitement maternel exclusivement jusqu’à 6 mois, présentent la meilleure chance d’améliorer la survie de l’enfant et potentiellement de prévenir 1,4 millions de décès d’enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement (Lancet 2008). Six pour cent supplémentaires, soit près de six cent mille décès d'enfants de moins de cinq ans pourraient être évités grâce à une alimentation complémentaire adéquate. (Lancet 2003).

La stratégie et les actions de l'UNICEF pour appuyer l'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants, dans le cadre de son Plan stratégique à moyen terme (UNICEF's strategy and actions in support of infant and young child feeding), souligne l’importance d’une approche multisectorielle pour améliorer la santé et la nutrition de l’enfant en donnant une base factuelle à ces interventions et en élargissant leur échelle. La stratégie a pour base la Déclaration d’Innocenti de 1990 sur la protection, la promotion et l’encouragement de l’allaitement maternel, La Déclaration d’Innocenti de 2005 sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant et la Stratégie mondiale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. L’action de l’UNICEF prend en compte les droits des enfants et des familles et comprend des activités de communication et de mobilisation et le soutien à des activités gouvernementales et non gouvernementales menées à trois niveaux : au niveau national, à celui du système de santé et au niveau communautaire. Cliquez sur les lien ci-dessous pour en savoir plu sur ces questions et les actions qui leurs sont liées :

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ95-0355/ Charton
Une mère allaite son enfant sous les yeux de la grand-mère. Myanmar.
Mise en œuvre de la stratégie mondiale en faveur de l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants

La “Stratégie mondiale en faveur de l'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants” a été approuvée par l’Assemblée mondiale de la santé en mai 2002. En septembre 2002, la Stratégie mondiale a été approuvée par le Conseil d’administration de l’UNICEF pour servir de base à l’action de l’UNICEF en faveur de l’alimentation optimale des nourrissons et des jeunes enfants, dans l’intérêt de la survie, de la croissance et du développement des enfants dans le monde entier.
 
Elle s’appuie sur une approche des programmes fondée sur les droits, prenant en compte le cycle de vie et les besoins spécifiques aux femmes, et visant à soutenir la mère et la famille et à améliorer directement la survie, la croissance et le développement du jeune enfant.

Ces activités contribuent à l’avènement d’un monde digne des enfants :

  • - « Allaitement exclusif pendant six mois (entraînant une réduction importante de la mortalité et de la malnutrition infantile)
  • Poursuite de l’allaitement accompagné d’une alimentation complémentaire sûre, appropriée et adéquate jusqu’à l’âge de deux ans ou plus (réductions supplémentaires de la mortalité et des retards de croissance), ainsi que :
  • Nutrition et soins de santé en matière de reproduction pour la mère, avec notamment le recul de la première naissance et un espacement de 3 à 5 ans entre les naissances, ce qui contribue également à optimiser la nutrition et la survie à la fois de la mère et de l’enfant.

L’UNICEF tiendra compte dans son action des droits et des responsabilités des enfants et des familles et proposera des activités ayant fait leurs preuves en matière de mobilisation et d’appui des actions gouvernementales et non gouvernementales menées à trois niveaux : engagement national, améliorations des soins de santé et collectivités.

1. Appuyer l’engagement national multisectoriel en encourageant la mise en place des éléments suivants :

  • Une instance nationale chargée de l’allaitement maternel/de l’alimentation complémentaire et un comité national multisectoriel
  • Des politiques, des protocoles et des normes relatifs à l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants dans le cadre des politiques nationales, de la programmation et des organisations de santé professionnelle
  • Des documents de sensibilisation portant sur les politiques et législations, nouvelles et en vigueur, destinés à tous les groupes concernés, comme les agents de santé, les dirigeants politiques, les différentes parties concernées et les partenaires.
  • Législation et application du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, des résolutions ultérieures de l’AMS sur la question et de la Convention de l’OIT relative à la protection de la maternité
  • Nouvelle législation ou autres mesures adéquates

2.  Renforcer l’amélioration des services de santé et la réforme de la formation (Soins de santé amis des bébés) :

Développer et maintenir les soins de santé amis des bébés en :

  • Encourageant la mise en œuvre intégrale de l’initiative Hôpitaux amis des bébés dans tous les services de maternité, y compris la 10e condition, qui consiste à mettre en place des activités communautaires visant à aider les mères qui allaitent.
  • En préconisant et en apportant une assistance technique à l’élaboration de normes pour cette initiative, et en les intégrant aux systèmes d’information de santé nationale.
  •  En passant en revue tous les points de contact du système de santé afin de veiller à ce que chaque contact propose un soutien à l’alimentation de la mère et de l’enfant qui soit adapté à chaque âge.
  • En apportant une assistance technique à la révision des programmes de formation pré-services, de manière à intégrer des techniques adéquates d’encouragement de l’allaitement et de l’alimentation complémentaire et des aides professionnelles adéquates pour favoriser l’amélioration des pratiques de soins de santé à tous les niveaux.
  • En incluant dans tous les programmes des mesures d’encouragement de l’espacement des naissances : au moins 3 ans (de préférence de 3 à 5 ans) pour la santé et la survie de la mère et de l’enfant.

3.  Apporter un appui aux programmes de communication/communautaires/de mobilisation sociale :

  • En renforçant le soutien apporté par les collectivités à la mère et les possibilités d’orientation vers un soutien médical lorsque cela est nécessaire, ainsi que le soutien des familles et de la société à une alimentation optimale des nourrissons et des jeunes enfants et un espacement d’au moins trois ans des naissances. Un appui sera apporté aux activités nationales menées en manière de communication et de mobilisation sociale.

4. Remédier aux questions multisectorielles et liées aux partenariats :

Il s’agit notamment du renforcement des capacités, du suivi et de l’évaluation, et de l’apport de conseils sur l’alimentation des nourrissons à des jeunes enfants dans des circonstances exceptionnellement difficiles et sur le soutien annexe dont ont besoin les mères, les familles et d’autres donneurs de soins, dans des situations instables, dans le cas par exemple des familles ou des collectivités touchées par le VIH/SIDA  ou des situations d’urgence d’origine humaine ou naturelle.


 

 

Vidéo (en anglais)

31 juillet 2008 : Le reportage de la correspondante de l’UNICEF, Elizabeth Kiem sur le rôle des groupes d'appui à la promotion de l’allaitement maternel exclusif.
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