Nutrition
Alimentation et soins des nourrissons et des jeunes enfants
Protéger, promouvoir et soutenir l'allaitement maternel
OBJECTIF : Protéger, promouvoir et favoriser une alimentation optimale des nourrissons et des jeunes enfants. L'objectif est de créer à l'échelle mondiale un environnement permettant aux femmes d'entretenir un contact par le toucher avec leurs enfants et d'allaiter dès la naissance , de nourrir leur enfant exclusivement au sein pendant les six premiers mois et de continuer à allaiter pendant deux ans ou plus tout en fournissant une alimentation complémentaire adaptée à l'âge et à la situation. Il s'agit là de la meilleure alimentation possible du nourrisson et du jeune enfant, du meilleur départ dans la vie. Cette alimentation devrait améliorer l'état nutritionnel, la croissance et le développement, la santé et donc la survie du nourrisson et des enfants en bas âge. Elle est étroitement liée à la nutrition maternelle dont dépend le bien-être de la femme.
Le défi
L'allaitement maternel est le meilleur moyen de nourrir un bébé pendant les six premiers mois de sa vie, et profite aux enfants du monde entier. Mais l'allaitement maternel est bien plus qu'une alimentation ; il protège les nourrissons de la diarrhée et des infections respiratoires aiguës, stimule leur système immunitaire et améliore la réaction de leur organisme aux vaccinations, et contient plusieurs centaines de molécules, enzymes, protéines et hormones bénéfiques à la santé.
Afin de parvenir à cet objectif, il est nécessaire de renforcer dans un bon nombre de pays une « culture de l'allaitement maternel », et de réagir avec vigueur contre toute propagation de la « culture du biberon ». Les mères sont nombreuses à ne pas allaiter au sein exclusivement durant les six premiers mois de vie de leur enfant et à remplacer le lait maternel notamment par des substituts trouvés dans le commerce au lieu de poursuivre l'allaitement au sein pendant au moins deux ans comme on le recommande. Le lait commercialisé est onéreux, il peut entraîner des maladies et la mort lorsque le risque de maladie infectieuse est élevé et lorsqu'on ne procède pas comme il convient à la préparation et au stockage de ces substituts. De nombreuses études indiquent qu'un enfant qui n'est pas nourri au sein, exposé aux maladies et sans beaucoup d'hygiène, risque de six à vingt-cinq fois plus de mourir de diarrhée et quatre fois plus de mourir de pneumonie que ceux qui bénéficient d'un allaitement maternel. Une étude récente, menée aux États-Unis, sur la mortalité postnéonatale a constaté que la mortalité augmentait de 25 % lorsque le nourrisson n'était pas nourri au sein.
La solution
Si tous les enfants étaient nourris exclusivement au sein de la naissance à l'âge de six mois, on estime que 1,3 million de vies seraient sauvées et que des milliers d'autres seraient améliorées chaque année. L'allaitement maternel permet également d'éviter les dépenses liées à l'achat de préparations pour nourrissons ou d'autres substituts, ainsi que le coût affectif et économique inestimable des maladies et décès résultant des problèmes liés à l'alimentation artificielle. Dans de nombreux pays, le coût des substituts du lait maternel est supérieur au revenu moyen d'une famille. L'allaitement maternel peut également aider les familles à espacer les naissances en retardant la reprise de la fécondité après l'accouchement.
La bonne nouvelle, c'est que les taux d'allaitement ne diminuent plus et qu'ils ont augmenté au cours de la dernière décennie, la progression de l'allaitement maternel exclusif atteignant 48 pour cent dans certaines régions. Toutefois, plus de la moitié des nourrissons ne sont toujours pas exclusivement nourris au sein pendant leurs six premiers mois et il arrive encore très fréquemment que l'allaitement se poursuive dans de mauvaises conditions et s'accompagne de compléments alimentaires inappropriés.
La Déclaration d'Innocenti de 1990 sur la protection, la promotion et l'encouragement de l'allaitement maternel
La stratégie de l'UNICEF vis-à-vis de l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant a pour base la Déclaration d'Innocenti sur la protection, la promotion et l'encouragement de l'allaitement maternel. La Déclaration sur la protection, la promotion et l'encouragement de l'allaitement maternel est un document d'orientation de référence, qui a énoncé les principaux objectifs clés concernant la protection, la promotion et l'encouragement de l'allaitement maternel. Cette Déclaration a été adoptée en août 1990 et approuvée ultérieurement par l'Assemblée mondiale de la santé et le Conseil exécutif de l'UNICEF.Les objectifs de la Déclaration d'Innocenti sont de :
- désigner un coordonnateur national pour l'allaitement maternel, doté de pouvoirs appropriés, et créer un comité national multisectoriel pour l'allaitement maternel ;
- faire en sorte que tous les établissements assurant des prestations de maternité respectent les Dix conditions pour assurer le succès de l'allaitement maternel (Initiative Hôpitaux amis des bébés) ;
- mettre intégralement en ouvre au niveau mondial le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel et les résolutions pertinentes adoptées ultérieurement par l'Assemblée mondiale de la santé ;
- promulguer des lois novatrices protégeant les droits d'allaiter pour les femmes qui travaillent ; et adopter des mesures pour assurer la protection de la maternité.
Le défi lié aux moyens de développer l'allaitement maternel, avec une vue d'ensemble sur l'allaitement maternel dans les années 90, est résumé et fait partie des objectifs du Sommet mondial pour les enfants.
La stratégie mondiale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant de 2002
Les États membres des Nations Unies ont réaffirmé la pertinence et l'urgence des quatre objectifs d'Innocenti dans la Stratégie mondiale de l'OMS/l'UNICEF pour l'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants qui a été adoptée par l'Assemblée mondiale de la santé en mai 2002. Cette Stratégie mondiale intègre et remplace les objectifs d'Innocenti, tout en attirant l'attention sur le soutien à apporter aux mères et à la collectivité. L'allaitement maternel crée un lien spécial entre la mère et l'enfant ; il offre une possibilité d'interaction et de stimulation sans pareil, qui, allant de pair avec un apport équilibré de protéines et d'énergie, de micronutriments et de facteurs actifs dans le lait, favorise la croissance et le développement et donne un sentiment de bien-être et de sécurité. L'allaitement maternel joue également un rôle positif dans la santé de la mère car il aide l'utérus à se contracter peu de temps après l'accouchement, réduisant ainsi les risques de saignement prolongé. Il contribue également à retarder le retour de la fertilité et réduit le risque de cancer des ovaires et du sein chez la mère. Ces avantages sont encore plus importants dans le cas des enfants souffrant d'insuffisance pondérale et dans les situations ou circonstances à haut risque.
La Stratégie mondiale comprend cinq objectifs opérationnels supplémentaires :
- Mise en ouvre de politiques gouvernementales complètes en faveur de l'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants ;
- Appui sans réserve du secteur de la santé et d'autres secteurs à deux années au moins d'allaitement maternel ;
- Promotion d'une alimentation complémentaire administrée en temps voulu, adéquate, sûre et appropriée (ajouts d'autres aliments pendant que l'allaitement se poursuit) ;
- Conseil sur l'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants notamment dans des circonstances difficiles, et soutien apporté aux familles et donneurs de soins ; et
- Législation ou mesures adéquates visant à mettre en pratique le Code international dans le cadre d'une politique nationale complète en faveur de l'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants.
L'UNICEF soutient les principes de l'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants dans le cadre de son Plan stratégique à moyen terme qui souligne l'importance d'une approche multisectorielle de l'amélioration de la santé et de la nutrition.
Ces politiques mettent en application l'article 24 de la Convention relative aux droits de l'enfant, qui fait obligation aux gouvernements de veiller à ce que toutes les couches de la société connaissent les bienfaits de l'allaitement maternel. Dans le cas particulièrement difficile des femmes séropositives, ces bienfaits doivent être évalués par rapport au risque de transmission du virus de la mère à l'enfant. Les politiques actuelles doivent continuer à encourager l'allaitement maternel, notamment l'allaitement maternel exclusif, tout en veillant à ce que l'alimentation des nourrissons fasse l'objet de décisions prises en connaissance de cause. Les recommandations relatives au VIH/SIDA et à l'alimentation des nourrissons continueront de se fonder sur le résultat des recherches visant à déterminer les mécanismes exacts de transmission du virus.
Ces circonstances particulièrement difficiles comprennent également les situations d'urgence, durant lesquelles la poursuite de l'allaitement maternel ne doit pas être compromise par des dons et un recours à des substituts du lait maternel inadaptés. Le Emergency Nutrition Network (ENN) (Réseau de nutrition en situation d'urgence), dont fait partie l'UNICEF, a élaboré dans un travail commun des Operational Guidance for Emergency Relief Staff and Programme Managers (Recommandations opérationnelles pour le personnel chargé des secours d'urgence et les responsables de programme). Des modules de formation, liés à ces Recommandations et destinés aux travailleurs humanitaires, sont actuellement à l'essai sur le terrain.
La Déclaration 2005 d'Innocenti sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant
À l'occasion du 15ème anniversaire de la Déclaration d'Innocenti initiale, une rencontre internationale s'est tenue à Florence, en Italie, les 21 et 22 novembre 2005. À cette occasion, on a fait le point sur les progrès réalisés dans la protection, la promotion et l'encouragement de l'allaitement maternel depuis 1990, y compris l'adoption en 2002 de la Stratégie mondiale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. La Déclaration d'Innocenti de 2005 sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant, adoptée lors de cette réunion anniversaire, repose sur la Déclaration d'Innocenti de 1990 sur la protection, la promotion et l'encouragement de l'allaitement maternel ; elle vise l'ensemble des pratiques concernant l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Elle cherche en outre à recenser les rôles et les responsabilités des principaux acteurs et souligne qu'il faut faire face à ces responsabilités pour parvenir à une vision de l'environnement permettant aux mères, aux familles et aux autres dispensateurs de soins de prendre en connaissance de cause des décisions sur l'alimentation optimale du nourrisson.
Deux stratégies visant à protéger, à promouvoir et à encourager l'allaitement maternel sont en bonne voie : l'initiative Hôpitaux amis des bébés et le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel (le Code).
Protection de la maternité
L'allaitement exclusif pendant six mois est essentiel à la santé des mères et des nourrissons du monde entier, et non seulement de celles qui n'ont pas accès à de l'eau salubre et n'ont pas les moyens d'acheter des substituts artificiels du lait maternel. Mais nous savons également que, partout, les femmes sont de plus en plus nombreuses sur le marché du travail et ont besoin d'un appui particulier pour pouvoir allaiter exclusivement.
Le travail des femmes est souvent informel, peu rémunéré ou pas rémunéré du tout, non reconnu et non encadré par le droit du travail. Les femmes sont généralement chargées du travail ménager non rémunéré et de la garde des enfants. La notion de travail recouvre donc des activités productrices de revenus sur le marché du travail officiellement reconnu et dans le secteur informel, ainsi que des tâches ménagères non rémunérées et non reconnues et du travail bénévole. Seules les femmes peuvent allaiter. Mais l'intégration de l'allaitement à d'autres formes de travail nécessite de nouvelles politiques et mesures visant à protéger les droits des femmes, y compris le droit d'allaiter.
Cela est particulièrement important à l'heure actuelle, car les travailleuses sont confrontées à des conditions de travail de plus en plus mauvaises. Dans le contexte actuel de la mondialisation, le travail rémunéré s'effectue dans des conditions de plus en plus incertaines et de plus en plus précaires. En conséquence, un grand nombre de femmes travaillent davantage pour être payées moins. L'allaitement maternel est un droit qui incombe aux mères et une condition essentielle à satisfaire pour garantir le droit des enfants à l'alimentation, à la santé et aux soins. Les gouvernements et la société civile devraient s'employer à mettre en ouvre ces droits au même titre que les autres droits de l'homme.
La protection, le respect et l'exercice de ces droits passent par une reconnaissance universelle de l'importance de la maternité comme fonction sociale, financée par des fonds publics. « La protection de la maternité est une condition préalable d'une aide à l'égalité des chances et de traitement des hommes et des femmes. » (Organisation internationale du Travail (OIT), Protection de la maternité au travail, p. 51, 1997)
Pour obtenir des informations de base sur les taux d'allaitement, le taux d'activité des femmes et les prestations sociales de protection de la maternité dans quasiment tous les pays du monde, lisez les fiches qui suivent sur la situation de différents pays, dont les sources sont indiquées.
Alimentation des nourrissons et VIH
Les mères doivent décider elles-mêmes comment nourrir leur enfant, mais, pour prendre une décision en toute connaissance de cause, elles ont besoin de conseils pour connaître les bienfaits, les risques et les coûts de chaque méthode d'alimentation.
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| © UNICEF/HQ95-0355/ Charton |
| Une mère allaite son enfant sous les yeux de la grand-mère. Myanmar. |
La "Stratégie mondiale en faveur de l'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants" a été approuvée par l'Assemblée mondiale de la santé en mai 2002. En septembre 2002, la Stratégie mondiale a été approuvée par le Conseil d'administration de l'UNICEF pour servir de base à l'action de l'UNICEF en faveur de l'alimentation optimale des nourrissons et des jeunes enfants, dans l'intérêt de la survie, de la croissance et du développement des enfants dans le monde entier.
Elle s'appuie sur une approche des programmes fondée sur les droits, prenant en compte le cycle de vie et les besoins spécifiques aux femmes, et visant à soutenir la mère et la famille et à améliorer directement la survie, la croissance et le développement du jeune enfant.
Ces activités contribuent à l'avènement d'un monde digne des enfants :
- - « Allaitement exclusif pendant six mois (entraînant une réduction importante de la mortalité et de la malnutrition infantile)
- Poursuite de l'allaitement accompagné d'une alimentation complémentaire sûre, appropriée et adéquate jusqu'à l'âge de deux ans ou plus (réductions supplémentaires de la mortalité et des retards de croissance), ainsi que :
- Nutrition et soins de santé en matière de reproduction pour la mère, avec notamment le recul de la première naissance et un espacement de 3 à 5 ans entre les naissances, ce qui contribue également à optimiser la nutrition et la survie à la fois de la mère et de l'enfant.
L'UNICEF tiendra compte dans son action des droits et des responsabilités des enfants et des familles et proposera des activités ayant fait leurs preuves en matière de mobilisation et d'appui des actions gouvernementales et non gouvernementales menées à trois niveaux : engagement national, améliorations des soins de santé et collectivités.
1. Appuyer l'engagement national multisectoriel en encourageant la mise en place des éléments suivants :
- Une instance nationale chargée de l'allaitement maternel/de l'alimentation complémentaire et un comité national multisectoriel
- Des politiques, des protocoles et des normes relatifs à l'alimentation des nourrissons et des jeunes enfants dans le cadre des politiques nationales, de la programmation et des organisations de santé professionnelle
- Des documents de sensibilisation portant sur les politiques et législations, nouvelles et en vigueur, destinés à tous les groupes concernés, comme les agents de santé, les dirigeants politiques, les différentes parties concernées et les partenaires.
- Législation et application du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, des résolutions ultérieures de l'AMS sur la question et de la Convention de l'OIT relative à la protection de la maternité
- Nouvelle législation ou autres mesures adéquates
2. Renforcer l'amélioration des services de santé et la réforme de la formation (Soins de santé amis des bébés) :
Développer et maintenir les soins de santé amis des bébés en :
- Encourageant la mise en ouvre intégrale de l'initiative Hôpitaux amis des bébés dans tous les services de maternité, y compris la 10e condition, qui consiste à mettre en place des activités communautaires visant à aider les mères qui allaitent.
- En préconisant et en apportant une assistance technique à l'élaboration de normes pour cette initiative, et en les intégrant aux systèmes d'information de santé nationale.
- En passant en revue tous les points de contact du système de santé afin de veiller à ce que chaque contact propose un soutien à l'alimentation de la mère et de l'enfant qui soit adapté à chaque âge.
- En apportant une assistance technique à la révision des programmes de formation pré-services, de manière à intégrer des techniques adéquates d'encouragement de l'allaitement et de l'alimentation complémentaire et des aides professionnelles adéquates pour favoriser l'amélioration des pratiques de soins de santé à tous les niveaux.
- En incluant dans tous les programmes des mesures d'encouragement de l'espacement des naissances : au moins 3 ans (de préférence de 3 à 5 ans) pour la santé et la survie de la mère et de l'enfant.
3. Apporter un appui aux programmes de communication/communautaires/de mobilisation sociale :
- En renforçant le soutien apporté par les collectivités à la mère et les possibilités d'orientation vers un soutien médical lorsque cela est nécessaire, ainsi que le soutien des familles et de la société à une alimentation optimale des nourrissons et des jeunes enfants et un espacement d'au moins trois ans des naissances. Un appui sera apporté aux activités nationales menées en manière de communication et de mobilisation sociale.
4. Remédier aux questions multisectorielles et liées aux partenariats :
Il s'agit notamment du renforcement des capacités, du suivi et de l'évaluation, et de l'apport de conseils sur l'alimentation des nourrissons à des jeunes enfants dans des circonstances exceptionnellement difficiles et sur le soutien annexe dont ont besoin les mères, les familles et d'autres donneurs de soins, dans des situations instables, dans le cas par exemple des familles ou des collectivités touchées par le VIH/SIDA ou des situations d'urgence d'origine humaine ou naturelle.
Vidéo (en anglais)
Liens
Opinion d'un expert
Fiches d´information
Liens
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Matériel de formation IHAB (versions révisées)

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