Nutrition

Nutrition et VIH/SIDA

Quel est le lien entre la nutrition, le VIH et le SIDA ?

On compte à travers le monde 2,6 millions d’enfants de moins de 5 ans qui vivent avec le VIH.

Les enfants qui vivent avec le VIH et le SIDA courent un risque élevé de malnutrition. Le VIH et le SIDA retardent la croissance de l’enfant et peuvent réduire son appétit, la quantité de nourriture qu’il prend et l’absorption de nutriments au moment même où son corps a besoin d’une bonne nutrition pour combattre l’infection. Il en résulte un affaiblissement supplémentaire du système immunitaire qui se trouve alors mal équipé pour combattre le virus et des infections comme la tuberculose.

De nombreux enfants séropositifs souffrent de malnutrition aiguë sévère, une pathologie extrêmement grave. Pour améliorer leurs chances de survie, ces enfants ont besoin d’aliments thérapeutiques qui permettent un traitement d’urgence de la malnutrition combiné à un traitement aux antirétroviraux pour arrêter la progression de la maladie.

Comment pouvons-nous en premier lieu empêcher les enfants de contracter le VIH ?

Le VIH peut être transmis à des bébés par une mère infectée pendant l’allaitement maternel, la grossesse et la naissance – mais heureusement, dans la plupart des cas, cette transmission peut être prévenue.

Se présentant sous la forme d’un seul cachet quotidien, le traitement antirétroviral permet de protéger la santé d’une mère qui vit avec le VIH et de prévenir sa transmission à son enfant – dans l’utérus, pendant l’accouchement ainsi que pendant la durée de l’allaitement maternel. Une stricte adhérence au traitement et des soins médicaux continus sont indispensables pour contrôler le virus chez la mère et pour assurer qu’elle allaite son enfant en toute sécurité.

On a prouvé que quand les mères qui vivent avec le VIH et qui suivent un traitement aux antirétroviraux pratiquent uniquement l’allaitement maternel pendant les six premiers mois de la vie de leur enfant, le risque de lui transmettre le VIH est réduit de manière importante. En fait, la pratique exclusive de l’allaitement maternel est associée avec un risque trois ou quatre fois moindre de transmission du VIH qu’avec une alimentation mixte. Le facteur clé est que l’enfant soit nourri exclusivement au lait maternel – sans recevoir d’autres aliments ou fluides, y compris de l’eau – au cours de ses six premiers mois.

Mais pourquoi tant se soucier de nourrir au sein alors qu’il existe encore un faible risque de transmission ?

La réponse est que l’allaitement maternel garantit les plus fortes chances de survie à l’enfant. Ceci est particulièrement vrai pour les pays classés à faible revenu et à revenu intermédiaire où la prévalence du VIH est la plus élevée.

L’allaitement maternel réduit les risques qu’un enfant tombe malade et succombe à une maladie commune comme la diarrhée et la pneumonie. Dans les situations où les enfants vivent dans la pauvreté et sont exposés à la maladie, à un mauvais assainissement et une eau potable contaminée, les avantages de l’allaitement maternel l’emportent de loin sur le risque d’infection par le VIH. Son unique combinaison de nutriments et d’anticorps fait du lait maternel l’aliment le plus sain pour les bébés et leur fournit une protection sans pareille contre les risques de maladie et de décès.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’UNICEF recommandent que les mères atteintes du VIH pratiquent exclusivement l’allaitement maternel en le combinant avec un traitement aux antirétroviraux. Le lait maternisé ne doit être utilisé que dans les cas où eau salubre et bonnes conditions d’assainissement sont assurées, quand l’accès à ce produit est possible à un prix abordable et quand il peut être préparé en toute sécurité. Il est rare que l’ensemble de ces conditions soit satisfait dans une grande partie des pays en développement.

Quels sont les défis que présente le VIH ?

Les antirétroviraux agissent le plus efficacement quand les enfants sont bien nourris et disposent d’une nourriture suffisante. Malheureusement, ce n’est pas le cas de nombreuses mères et de nombreux enfants qui vivent avec le VIH. Ce qui complique le problème est que les antirétroviraux peuvent avoir pour effets secondaires de provoquer diarrhée et nausée, ce qui fait que manger est encore plus difficile, même dans les cas où il est aisé de se procurer des aliments nutritifs.

Il existe d’autres difficultés pour toucher les populations vulnérables d’enfants, d’adolescents, de mères enceintes et de mères allaitantes qui vivent avec le VIH. Un grand nombre d’entre elles sont privées d’accès aux antirétroviraux en raison des obstacles que représentent la pauvreté, certaines normes sociales et sexuelles, la stigmatisation et la discrimination qui s’ajoutent à des systèmes de soins de santé faibles et inefficaces.

Le fait que la plupart des mères infectées par le VIH peuvent pratiquer sans risques l’allaitement maternel est connu depuis relativement peu de temps – mais cultures, attitudes et pratiques de santé publique peuvent évoluer lentement. L’éducation et la formation à tous les niveaux – dans les familles, les communautés et au sein du système de soins de santé – sont essentielles, tout comme l’accès au traitement par les antirétroviraux pour tous ceux et celles qui en ont besoin.

Comment l’UNICEF intervient-il ?

  • Formation et soutien – l’UNICEF aide à former les agents sanitaires et les travailleurs communautaires à la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant et soutient la pratique sécurisée de l’allaitement maternel.
  • Procédures intégrées de test et de traitement – l’UNICEF aide à offrir des tests confidentiels pour le VIH aux mères qui le désirent pendant tout le cours de leur grossesse comme à l’accouchement et pendant la période de l’allaitement maternel. L’UNICEF s’efforce aussi d’intégrer ces tests et ces traitements au cadre de la prise en charge de la malnutrition aiguë sévère, de façon à ce que les enfants qui en souffrent et qui sont traités en conséquence passent un test de dépistage du VIH et reçoivent si nécessaire un traitement aux antirétroviraux.
  • Soins nutritionnels et alimentation thérapeutique – l’UNICEF aide à réaliser des évaluations nutritionnelles et à fournir des conseils pour la prise en charge de l’infection par le VIH et des effets secondaires des antirétroviraux. L’UNICEF apporte également son aide aux programmes d’alimentation thérapeutique et de thérapie aux antirétroviraux pour les enfants vivant avec le VIH et atteints de malnutrition aiguë sévère.
  • Définition de normes et de règles – l’UNICEF joue un rôle actif au niveau mondial dans la mise au point de directives sur l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants dans le contexte de l’épidémie de VIH et de SIDA.
  • Mise au point de politiques publiques – l’UNICEF aide les gouvernements concernés à mettre en place des politiques nationales sur l’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants, y compris celles qui prennent en compte les mères et les enfants qui vivent avec le VIH.

 

 

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