Nutrition

À Londres, une chance historique pour s’attaquer à la sous-nutrition dans le monde

Anthony Lake, Directeur général de l’UNICEF : quand les enfants ne reçoivent pas une alimentation appropriée, de la période de grossesse jusqu’à l’âge de deux ans, ils sont atteints de retard de croissance. Les dommages sur leur développement sont irréversibles. Mais nous pouvons prévenir le retard de croissance.  Regarder dans RealPlayer

 

Les dirigeants de la planète signent un accord mondial pour aider à vaincre la faim et la malnutrition (site Internet du Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord World – contient Global Nutrition for Growth Compact (Pacte mondial la Nutrition pour la croissance) [PDF en anglais] et Nutrition for Growth Commitments (les engagements de la Nutrition pour la croissance) [PDF en anglais]).


Par Samuel Hendricks

NEW YORK, États-Unis d’Amérique, 7 juin 2013 – En Haïti, entre 2005 et 2012, une opération commune destinée à s’attaquer au problème de la malnutrition chez les enfants a permis de faire passer les niveaux de retard de croissance de 29% à 22%. Cette réalisation remarquable est le résultat d’initiatives conduites par le gouvernement telles que la distribution d’aliments pour les plus vulnérables, des services d’orientation et de conseil au niveau des communautés locales et une gestion intégrée de la malnutrition aiguë.

La correspondante de l’UNICEF, Sarah Crowe, s’entretient avec le Responsable de la nutrition à l’UNICEF, Werner Schultink, sur ce que révèle un nouveau rapport de l’UNICEF soulignant l’ampleur du retard de croissance chez les enfants du monde entier.  Regarder dans RealPlayer

 

De plus, ceci s’est produit en dépit du tremblement dévastateur de 2013 qui a placé 1,3 million d’Haïtiens en situation d’insécurité alimentaire.

Le 8 juin, une réunion internationale de haut niveau s'est deroulée à Londres, intitulée : « la Nutrition pour la croissance : vaincre la faim grâce aux entreprises et à la science. » La manifestation, organisée conjointement par les Gouvernements du Brésil et du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord ainsi que par la Fondation du fonds d'investissement pour l'enfance (CIFF), a rassemblé des chefs d’entreprises, des scientifiques, des gouvernements et des représentants de la société civile pour prendre des engagements financiers et politiques. Elle a pour but d’aider à apporter une alimentation appropriée à des millions de femmes enceintes et de jeunes enfants du monde entier et à réduire les cas de retard de croissance et de décès causés par la malnutrition sévère aiguë.  

Cette manifestation représente pour les dirigeants mondiaux l’occasion unique de prendre un engagement ferme visant à appuyer les pays concernés en donnant plus d’ampleur à leurs programmes alimentaires dans la lutte  contre le retard de croissance et les diverses formes de malnutrition. Elle représente aussi une chance pour les pays les plus touchés par le retard de croissance de faire preuve de leur capacité à prendre l’initiative et à s’engager dans la lutte contre la sous-nutrition grâce à des méthodes multisectorielles et communes.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Bangladesh/2013/Mawa
Laizu Begum, 20 ans, tient dans ses bras son fils Mustafa, 23 mois, à Bhola, au Bangladesh, en mars 2013. Mustafa a reçu des suppléments en micronutriments pour améliorer ses apports nutritionnels, des agents sanitaires ayant constaté qu’il était atteint de malnutrition.

Nécessité d’agir

En 2011, le retard de croissance a touché plus d’un quart (26 pour cent) des enfants de moins de 5 ans, soit à peu près 165 millions d'enfants, une des conséquences de la sous-nutrition chronique pendant les périodes de croissance et de développement importantes des premières années de la vie. Ce chiffre rend compte à la fois d’un besoin urgent d’action et des progrès réels qui ont été accomplis dans la lutte contre la malnutrition au niveau mondial. En 1990, 40 pour cent des enfants de moins de 5 ans étaient atteints de retard de croissance.    

Grâce aux nouveaux engagements pris par les gouvernements, le secteur privé et les agences spécialisées, la réunion de Londres a pour objectif de réduire de 20 millions de plus le nombre d’enfants atteints de retard de croissance dans les 20 pays les plus affectés, d’ici à 2020. Ces pays sont situés majoritairement en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne avec 80 pour cent des enfants atteints de retard de croissance sur la planète vivant dans seulement quatorze pays.

La lutte contre la sous-nutrition est un impératif mondial. Selon les résultats d’une nouvelle étude publiée cette semaine par la revue médicale britannique « The Lancet », la sous-nutrition est responsable de 45 pour cent des décès d’enfants, causant chaque année 3,1 millions de décès. De plus, le retard de croissance provoque des traumatismes physiques et mentaux, conduisant à de mauvais résultats scolaires et à la création de revenus plus faibles plus tard dans la vie. L’incidence nette de ces états est une inégalité accrue et un cycle de pauvreté perpétuel.     

Les progrès réalisés en Haïti et ailleurs prouvent qu’il est possible de mettre fin au retard de croissance et aux autres formes de sous-nutrition dans la mesure où il existe une forte prise d’initiative, des moyens suffisants et un engagement durable. Comme l’explique le Responsable de la nutrition pour l’UNICEF, Werner Schultink, « la sous-nutrition chronique a un vaste impact économique et social, » dit-il. « Si on veut s’attaquer à la pauvreté, on doit s’attaquer au retard de croissance. »

Réalisable et d’un coût abordable

Le coût de la prévention et du traitement de la sous-nutrition est faible par rapport aux coûts à long terme de l’inaction. Le plus important est d’apporter une alimentation appropriée au cours des mille jours qui vont du début de la grossesse de la mère jusqu’au second anniversaire de l’enfant.

« Nous pouvons prévenir le retard de croissance pour un coût relativement faible, » dit le Directeur général de l’UNICEF, Anthony Lake, qui a participé à la réunion « la Nutrition pour la croissance ». « Tout ce qu’il faut, ce sont des micronutriments, le lavage des mains, l’allaitement au sein, de bonnes habitudes lors de l’alimentation de l’enfant et des programmes locaux de nutrition. »

Par sa présence au niveau national, régional et mondial, l’UNICEF se trouve dans une situation unique pour appuyer les pays concernés grâce à une politique de développement, à la mise en œuvre et au suivi de programmes. L'organisation a également appuyé  « Améliorer la nutrition » (SUN), un mouvement mondial qui a pour objectif de s’attaquer à la malnutrition au niveau national grâce aux efforts collectifs menés par les gouvernements, la société civile, les Nations Unies, les donateurs, les entreprises et les chercheurs, cela en reconnaissant que la sous-nutrition a des causes diverses et que la solution à ce problème a des effets bénéfiques multiples.

Mettre fin au retard de croissance et aux autres formes de sous-nutrition est réalisable et d’un coût abordable. La réunion de Londres représente une chance historique pour les dirigeants mondiaux de se montrer à la hauteur.

« La réalité, c’est qu’on n’a pas besoin d’une technologie nouvelle, innovante et coûteuse, » explique Werner Schultink, Responsable de la Section Nutrition de l'UNICEF. « Les choses sont vraiment assez simples. »

 


 

 

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