Nutrition

L’UNICEF se prépare à une crise alimentaire avec un arsenal de solutions pour les enfants en danger

© UNICEF Togo/2007/DeMedeiros Au Togo, une femme porte des fournitures de Plumpy’nut qui seront stockées pour les besoins de sa communauté. Cette nourriture thérapeutique est destinée à traiter les cas de malnutrition sévère chez les jeunes enfants.

Par Elizabeth Kiem

NEW YORK, Etats-Unis, 28 mai 2008 – Les prix des denrées alimentaires de base augmentent partout dans le monde, et avec eux le spectre de la faim à grande échelle. Mais si on peut lutter contre la faim avec des solutions qui sont loin d’être parfaites -- comme à Haïti, où l’on a vu des gens contraints de manger des gâteaux à base de boue – on ne peut pas lutter contre l’effet à long terme de ce type de régime alimentaire.

« Lorsque la nourriture devient trop chère, les familles ne peuvent pas manger plus de deux fois par jour, et parfois même une fois seulement. Ensuite, c’est la qualité de la nourriture qui est aussi sacrifiée », constate Flora Sibanda Mulder, conseillère en chef en matière de nutrition pour l’UNICEF. « L’insécurité de la situation du ménage et l’insécurité alimentaire vont entraîner une malnutrition sévère ».

Alors que la communauté internationale s’apprête à affronter ce qu’on a appelé un « tsunami silencieux » causé par la flambée des prix alimentaires, l’UNICEF reste prêt à continuer à remplir son mandat qui prévoit de traiter les cas les plus graves – les 20 millions d’enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition sévère.

Les multiples visages de la malnutrition

Même si l’on ne tient pas compte de la flambée des prix actuelle, ni de la pénurie de produits alimentaires, on peut facilement prédire que la situation actuelle se traduira par des cas de malnutrition aigue encore plus nombreux.  Il existe divers types de malnutrition.

Une malnutrition modérée est plus facile à traiter à l’aide de produits de haute qualité fournis par les agences telles que le Programme alimentaire mondial. Cependant, au moment d’une crise alimentaire, il n’y a pas assez de ces produits, ce qui augmente le risque que la situation ne dégénère et facilite l’apparition de cas de malnutrition sévère.

C’est là qu’intervient l’UNICEF, avec son arsenal de produits alimentaires thérapeutiques à même de sauver des vies et facilement administrables, à la maison même, aux bébés les plus atteints. Des pâtes comme le Plumpy’nut, à base d’arachides, d’huile, de lait, sucre et micronutriments, ont sauvé des vies ces dix dernières années – en redonnant du poids, et la santé, à des millions de bébés sévèrement dénutris.

Les aliments thérapeutiques prêts à l’emploi - la meilleure arme actuelle

Bien que le prix du lait en boîte, ingrédient majeur des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (appelés aussi RUTF) ait doublé en 18 mois, l’UNICEF continue à sauver des vies pour seulement un dollar par jour – le coût d’une ration quotidienne de RUTF pour un enfant souffrant d’émaciation grave.

© UNICEF Togo/2008/Bonnaud Un diagnostic rapide des cas de malnutrition sévère est vital pour sauver les jeunes vies. On estime que, chez les enfants de moins de cinq ans, une circonférence du bras inférieure à 110 mm indique un cas de malnutrition sévère.

« Nous sommes protégés de la hausse des coûts de production parce que sommes le plus gros acheteur de ces aliments thérapeutiques du monde », affirme Mme Mulder. Et elle ajoute que bon nombre de producteurs essaient des mélanges qui font appel à plus de produits locaux et à moins de lait.

« Ils se servent d’autres ingrédients comme le soja ou les pois chiches, dit Mme Mulder, c’est le mélange complexe de minéraux et de vitamines qui fait la particularité des RUTF. C’est ce qui permet de traiter la malnutrition et de protéger l’enfant contre de futures infections.»

Traiter la malnutrition à la maison

Depuis 1995, l’UNICEF demande que l’on prenne en charge les cas de malnutrition aiguë au niveau de la communauté, en se servant des RUTF et du lait fortifié pour soigner chez eux les jeunes enfants. On évite ainsi une hospitalisation, qui représente beaucoup de frais et de temps pour les familles dont les enfants sont sévèrement malnutris.

L’année dernière, l’UNICEF a fourni des RUTF à une quarantaine de  pays, pour une valeur de quelque 18 millions de dollars.

L’organisation, qui demande aussi des fonds supplémentaires, travaille pour une meilleure collaboration entre les hôpitaux et les centres alimentaires des communautés et donne davantage de ces aliments thérapeutiques pour soigner la malnutrition avant qu’elle ne s’aggrave.

Les dirigeants de la communauté internationale et les agents humanitaires, tout en tentant de trouver une solution à la crise alimentaire, doivent aussi évaluer les interventions à mener à court et long terme. Mais hier, à Yokohama (Japon), au cours du Sommet pour le développement de l’Afrique, Mme Ann M. Veneman a rappelé avec vigueur, en sa qualité de Directrice générale de l’UNICEF, que la crise alimentaire actuelle risquait de réduire à néant les progrès de santé importants enregistrés ces dernières années dans quelques-uns des pays les plus pauvres du monde.


 

 

Vidéo (en anglais)

28 mai 2008 :
Elizabeth Kiem, correspondante de l’UNICEF, présente l’arsenal d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi, destinés à traiter les cas les plus sévères de malnutrition.
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