Nutrition

Sel iodé : un avenir plus brillant pour le Laos et ses enfants

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© UNICEF USA/2004/Nielsson
Des travailleurs mettent du sel iodé en sac au Laos

BAN THA, Laos, 5 août 2004 – Vanhdy et Soudsadi Keothaune ont quatre enfants. Bien que ces enfants soient tous aussi aimés les uns que les autres par leurs parents, ils ne sont pas tous en aussi bonne santé.

« Chez le premier enfant, j’ai remarqué que son cerveau fonctionne plus lentement que les deuxième, troisième et quatrième enfants. Elle est également très  craintive et timide et n’a pas un très haut degré d’intelligence, explique Vanhdy, le père.

Il y a quatorze ans, la femme de Vanhdy, Soudsadi, a souffert d’une carence en iode. L’accouchement de son premier enfant, Naly, a été difficile et le développement physique et mental de Naly a été lent.

Naly n’est pas le seul enfant laotien ayant subi les conséquences du manque d’iode dans l’alimentation. Les carences en iode constituent depuis longtemps un problème de santé important au Laos.

Il y a neuf ans, une étude réalisée auprès d’enfants en âge d’aller à l’école au Laos a permis de constater que 95 % d’entre eux étaient atteints de carence en iode, ce qui laissait supposer des lésions cérébrales et un déclin du Q.I., nuisant aux capacités d’adaptation et à la productivité future de la prochaine génération du Laos.

Même à l’heure actuelle, dans les cols montagneux reculés du Laos, on observe encore les signes caractéristiques d’une alimentation autrefois pauvre en iode : des villageois âgés atteints de goitres, des adultes souffrant de débilité mentale.

Le Laos est un pays sans littoral au relief montagneux et au climat de mousson, ce qui empêche la rétention de micronutriments dans le sol. Cela veut dire que les légumes et le riz  consommés dans les provinces ne contiennent pas suffisamment d’iode.

Mais des progrès ont été réalisés, grâce à l’iodation du sel. En 1993, le Laos figurait sur la liste des pays dont la population était le plus gravement touchée par les carences en iode. Aujourd’hui, la situation est tout à fait différente. Le Laos devrait être le premier pays de la région après la Chine à parvenir à l’iodation universelle du sel.

Au milieu des années 1990, l’UNICEF a instamment demandé au gouvernement du Laos d’adopter une loi rendant obligatoire l’iodation universelle du sel. Après l’adoption de cette loi, Kiwanis International - une organisation au service des enfants et des jeunes dans 92 pays – a commencé à aider les producteurs de sel laotien à garantir la distribution de sel iodé de qualité dans l’ensemble du pays. L’organisation s’est également employée, en coopération avec les enseignants et le gouvernement, à promouvoir l’iodation du sel, de façon à ce que la population en connaisse les bienfaits, et à suivre les résultats.

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Les élèves obtiennent de meilleurs résultats à l’école grâce au sel iodé

Avec l’appui de l’UNICEF, le Gouvernement du Laos et les producteurs de sel se sont engagés à améliorer la consommation d’iode et gèrent le projet « Élimination des troubles liés aux carences en iode ». Grâce à ce partenariat, plus de 90 % des ménages du Laos consomment maintenant du sel iodé.

Vanhdy et Soudsadi ont constaté des progrès chez leurs enfants.

« Notre deuxième enfant est plus grand que le premier. Videth a plus d’imagination et également plus d’idées. Après l’école, il s’occupe des karbaus et des canards dans les champs de riz. Le troisième enfant, Sida, aide notre grand-mère. Elle tient la petite boutique de la grand-mère et vend des aliments préparés. Le dernier enfant n’a pas encore de responsabilités. Il accompagne surtout son frère et ses sœurs. Je veux que tous mes enfants aient des responsabilités, pour qu’ils deviennent autonomes », explique fièrement Vanhdy.

En tant que nation, le Laos cherche à devenir autonome en ce qui concerne le sel iodé. Bien que les producteurs de sel du Laos aient commencé à ioder le sel, le sel importé qui est commercialisé est parfois de qualité douteuse. Ces paquets de sel portent une étiquette « sel iodé », alors que le sel ne l’est pas toujours.

La conversation suivante entre une villageoise laotienne et un fonctionnaire illustre à quel point il est difficile de savoir si le sel contient véritablement de l’iode.

Mrs. Ngõ-Hue: J’ai acheté ce sel…(à l’usine)
Viengvilay Phommachanh, fonctionnaire chargé de surveiller l’alimentation et les médicaments : Ils vous ont menti sur la teneur en iode car ils voulaient vous vendre ce sel.
Mrs. Ngõ-Hue: Mais je l’ai acheté à l’usine. Ils ne peuvent pas mentir. Ils m’ont donné un certificat. J’ai un certificat.

Mais le certificat était faux. Des analyses en laboratoire ont indiqué que le sel ne contenait pas du tout d’iode.

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Les enfants sont plus heureux et plus productifs depuis que le Laos s’est engagé à ioder le sel.

Les commerçants locaux ont conscience du problème mais il est difficile de remédier à la situation, et personne ne veut reconnaître avoir été dupé.

« Avec tout le village, notre famille cherche des moyens de garantir l’approvisionnement régulier en sel iodé de l’ensemble du village, explique Soudsadi, de façon à pouvoir utiliser tous les jours et pour toujours du sel iodé ».

« Si à partir de maintenant tout le monde fait la cuisine avec du sel iodé, il y aura de nouveaux commerces familiaux dans le village, les gens fabriqueront plus de produits à vendre, et nos conditions de vie s’amélioreront progressivement », explique Vanhdy, le mari de Soudsadi, directeur de l’école primaire du village. « En classe, nous discutons de l’importance de l’iode, et de nombreux élèves se déclarent prêts à lutter contre la progression de la ‘maladie de la pomme d’Adam’. Ils veulent tous être plus intelligents. »

Les résultats ont été positifs, mais l’équipe de l’UNICEF présente dans ce pays rappelle volontiers que, à court terme, il reste encore beaucoup de travail à faire.

« 20 % des ménages difficiles à atteindre ne consomment toujours pas de sel iodé, indique Dr. Intong Keomoungkhoune de l’UNICEF.

Dr. Intong, qui plaide ardemment en faveur de l’éducation et du dépistage dans le cadre des campagnes d’iodation, explique : « Nous saurons dans les deux prochaines années si nous pouvons atteindre notre objectif et, à terme, si le programme d’iodation est viable. Sans Kiwanis International, nous serions encore très loin de cet objectif. J’espère qu’ils savent à quel point cela est important pour un nombre si grand d’habitants du Laos. Si nous y parvenons, cela changera pour toujours la vie de nos enfants. »

Vanhdy et Soudsadi savent que la vie de leurs enfants a déjà été changée grâce à l’ajout d’iode dans le sel. Ils sont en meilleure santé. Il en est de même de l’avenir du Laos.


 

 

Vidéo (en anglais)

Juin 2004- reportage sur le sel: comment le sel iodé améliore la santé du Laos

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