Tchad

Une mère tchadienne découvre les avantages de l'allaitement exclusif au sein

Image de l'UNICEF
© UNICEF Tchad/2010/Gangale
Fatimé Hassan avec son bébé, Gazala, quatre mois, qui est allaité exclusivement au sein.

Par Achta Abderamane Aboubakar

Cette année, la Semaine mondiale de l'allaitement maternel, qui se déroule du 1er au 7 août, met en avant le rôle des professionnels de la santé. Voici un reportage faisant partie d'une série consacrée à ce sujet.

RÉGION DU SAHEL, Tchad, 3 août 2010 – L'allaitement exclusif au sein, une des meilleures façons de protéger la santé d'un enfant en bas âge, signifie alimenter un bébé uniquement avec le lait maternel et ne donner à l'enfant aucun autre liquide, de la naissance jusqu'à l'âge de six mois. Le lait maternel est facile à digérer pour le bébé et satisfait totalement tous les besoins nutritionnels et protège contre les maladies en communiquant l'immunité de la mère à son enfant.  

Mais l'allaitement exclusif au sein est-il possible dans la zone sahélienne du Tchad où les températures atteignent fréquemment 45° C ? Une mère a décidé de relever ce défi au nom de son bébé.

Des croyances bien enracinées

Fatimé Hassan, 28 ans, a quatre enfants. Avant la naissance de sa fille la plus jeune, on pensait qu'un bébé ne pouvait pas survivre dans cette région aride sans boire de l'eau ou des jus.

« Il fait très chaud où nous vivons et nous buvons beaucoup d'eau, » dit Fatimé Hassan. « Alors j'ai donné à mes trois autres enfants de l'eau, des jus et de l'eau bouillie avec du millet et du beurre quand ils avaient moins de six mois. »

Au Tchad, seulement 2 pour cent des enfants de moins de six mois sont nourris exclusivement au sein. En avril 2009, une campagne appuyée par l'UNICEF destinée à encourager l'allaitement maternel exclusif a débuté dans trois dispensaires de Mao, dans la région de Kanem, au Tchad. Quelque 95 bénévoles locaux ont été formés à Mao, 47 dans la ville septentrionale de Nokou et 45 dans la région de Bar-el-Ghazel, à l'est du pays. 

A peu près au moment de la campagne en faveur de l'allaitement maternel, Fatimé Hassan s'est trouvée de nouveau enceinte. Sa fille, Gazala, a été alimentée exclusivement au sein et la fille est en bonne santé. « Cela fait une grande différence, » dit la mère. « Elle n'a pas été malade depuis qu'elle est née. Elle n'a pas la diarrhée, pas de grippe. »

Changer les mentalités

Ce qui a convaincu Fatimé Hassan de changer d'avis sur l'allaitement maternel ? Elle montre une cicatrice sur son cou. Elle a subi une opération pour se faire retirer un goitre quand elle était enceinte de six mois. Elle a été hospitalisée à N'djamena, la capitale du Tchad.

« Les médecins m'ont sauvé la vie, » se souvient-elle. « Quand ils m'ont dit d'aller au dispensaire pour ma grossesse, j'ai pensé qu'ils savaient de quoi ils parlaient. Quand je suis revenue à Mao, je suis allée au dispensaire et on m'a expliqué l'importance de l'allaitement exclusif au sein. Je l'ai pratiqué et, aujourd'hui, je n'ai pas de regret et je suis fière de ma petite fille. »

Fatimé Hassan a vaincu les nombreuses pressions de sa famille et de ses voisins. « Ils me disaient que, sans eau, l'enfant mourrait, » dit-elle. « Mais j'ai tenu bon. Aujourd'hui, Gazala est la preuve vivante que j'avais raison et je la montre aux autres mères pour les convaincre. »


 

 

Recherche