République centrafricaine

En République centrafricaine, L’UNICEF agrandit un centre de traitement nutritionnel pour les enfants sévèrement malnutris

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© UNICEF RCA/2011/DNambeanre
Ibrahim Japoné, 18 ans, et sa petite fille de 3 mois, Silvie Maté, bénéficient des nouveaux services de soins semi-intensifs à l’Hôpital pédiatrique de Bangui en République centrafricaine.

Par Colette Boughton et Elisabeth Zanou

BANGUI, République centrafricaine, 1er février 2012 – Environ 100 enfants sous-alimentés sont admis chaque mois à l'Hôpital pédiatrique de Bangui, beaucoup d'entre eux exigeant trois à quatre semaines de soins.

Jusqu’à récemment, l’espace restreint n’autorisait qu’un seul lit disponible pour trois enfants. Les patients et leurs parents étaient souvent relégués dans les couloirs et les parties communes.

Mais tout a changé le 5 novembre 2011, avec l'ouverture d'un centre de traitement nutritionnel étendu et offrant des services de soins semi-intensifs.

Des nouveaux services améliorés

Des responsables de l'UNICEF et des membres du Comité italien pour l'UNICEF ont visité l'hôpital en 2010 et avaient été émus des conditions de séjour des enfants malades, de leurs parents et du personnel.

Avec l’appui de l'UNICEF, le centre de traitement a été agrandi et rénové comprenant de nouvelles chambres, des lits supplémentaires, un nouvel équipement médical, des toilettes modernisées, une nouvelle cuisine et une cantine, et un cabinet médical. En attribuant un lit pour chaque enfant et en donnant les moyens aux parents et au personnel hospitalier de mieux prendre soin des jeunes patients, ces nouvelles installations devraient permettre d’améliorer les taux de survie des enfants.

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Avant la construction des nouvelles installations, les parents attendaient la prise en charge de leurs enfants en dehors et dans les parties communes de l’hôpital.

Le jour de l'ouverture, Ibrahim Japoné, 18 ans, et sa fille de 3 mois, Sylvie Maté, sont passés d’une  pièce surpeuplée à un lit dans les nouveaux services.

La mère de Sylvie est morte récemment après que leur famille ait fui les violences en République démocratique du Congo. Sylvie ne pesait que 2,3 Kg quand elle est arrivée à l’Hôpital, et devait récupérer au moins 2,6 Kg, avant d’être suffisamment en bonne santé pour être autorisée à sortir.

« J’ai amené ma fille ici il y a quelques jours pour la faire soigner, et si elle accepte le lait, elle devrait récupérer en trois semaines puis  nous pourront partir », explique Ibrahim Japoné.

À propos des nouveaux services, il ajoute « maintenant, nous serons plus à l’aise ici ».

Un risque de retards de croissance

Cependant, la malnutrition demeure une menace sérieuse pour les enfants en République centrafricaine. L’enquête en grappes à indicateurs multiples de 2010 (MICS), une enquête des ménages appuyée par l’UNICEF, indiquait que 2 pour cent des enfants de moins de cinq ans du pays souffraient de malnutrition sévère aiguë, une condition potentiellement mortelle.

Les Hôpitaux luttent quotidiennement pour satisfaire aux besoins de ces enfants. En dehors de Bangui, la capitale, sept villes provinciales manquent des infrastructures adéquates qui leur permettraient de soigner les enfants sévèrement malnutris.

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le 5 novembre 2011, ouverture du centre agrandi de traitement nutritionnel de Bangui en République centrafricaine.

Le directeur général de l’UNICEF, Anthony Lake, soulignait récemment une menace liée à la malnutrition : la crise cachée du retard de croissance chez l'enfant dans le monde. Les troubles de la croissance ont une grave incidence sur la santé et le développement des enfants qui sont exposés aux infections et nuisent à leur capacité de réaliser pleinement leur potentiel.

L’enquête MICS 2006 a révélé qu’entre 38 et 43 pour cent des enfants de moins de cinq ans en République centrafricaine souffraient d’un retard de croissance.

« Près de cinq enfants sur dix souffrent de retard de croissance ou de malnutrition chronique », affirme Elisabeth Zanou, une spécialiste de la nutrition à l’UNICEF à Bangui. « Le développement cognitif des enfants, leurs capacités d’apprentissage à l’école et plus tard leurs capacités productives à l’âge adulte sont notablement réduites. Malheureusement, cette forme de malnutrition, dont les conséquences sont irréversibles passé l’âge de cinq ans, est difficile à traiter ».

L’UNICEF intervient pour améliorer les centres de traitement dans les zones qui ne bénéficient pas des installations adéquates pour dispenser aux enfants malnutris des soins abordables dans des conditions acceptables. Des actions sont également en cours pour améliorer  la consommation de micronutriments, une intervention aux avantages durables.

« Il peut être difficile de lever suffisamment de fonds pour le traitement et la prévention de la malnutrition. Cependant, les apports de compléments en micronutriments et les efforts pour améliorer la nutrition des femmes enceintes et les habitudes alimentaires des jeunes enfants ont un impact connu et significatif sur tous les aspects du développement de l’enfant », déclare Elisabeth Zanou.


 

 

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