Burkina Faso

L'Éducation, une première étape pour améliorer la sécurité nutritionnelle au Burkina Faso

OUAHIGOUYA, Burkina Faso, 10 septembre 2012 - Un fin saupoudrage de pousses vertes couvre les plaines sableuses entourant Ouhigouye dans le Nord-Ouest du Burkina Faso. Les pluies récentes ont enfin interrompu trois années de sécheresse redonnant vie à la végétation dans cette région aride, semi désertique.

VIDÉO : le reportage de l'UNICEF sur un projet au Burkina Faso qui vise à renforcer les communautés grâce à une nutrition améliorée.  Regarder dans RealPlayer

 

Pour certains les pluies sont arrivées trop tard. L’UNICEF estime que 100 000 enfants de moins de cinq ans risquent de souffrir de malnutrition sévère aiguë au Burkina Faso tandis que selon les estimations du Programme alimentaire mondial près de 1,7 million de personnes vont souffrir de la faim.

Une action conjointe cible les femmmes et les enfants

Un soutien est opérationnel au Burkina Faso dans le cadre de de l'action conjointe de l'Union européenne (UE) et e l'UNICEF pour améliorer la sécurité nutritionnelle en Afrique.  Financé par l’Union européenne, le programme ne constitue pas une réponse à la crise alimentaire actuelle au Sahel, mais plutôt vise à travailler, en partenariat avec l’UNICEF, le Gouvernement du Burkina Faso et les ONG locales, à l’amélioration de la sécurité nutritionnelle chez les femmes et les jeunes enfants. Il s’agit d’une approche large qui commence par l’éducation.

« La malnutrition n’est pas vraiment due au manque de nourriture », explique Mme Sylvana Nzirorera, représentante adjointe de l’UNICEF au Burkina Faso, « mais à la connaissance par la mère de la quantité de nourriture nécessaire pour nourrir un jeune enfant et cela est entièrement lié à la question de l’éducation des mères. Comment une mère éduquée prend soin de son enfant. C’est pourquoi l’UNICEF, tout en luttant contre la malnutrition, aborde aussi cette question au travers de l’éducation, de l’éducation des filles parce que c’est ce qui fera toute la différence ».

Les mères, les vendeurs, les agriculteurs

À travers les ONG locales communautaires, les mères apprennent à sortir d’une alimentation entièrement à base de céréales comme le Mil, et à introduire et à incorporer des fruits et des légumes riches en vitamines dans leur diète quotidienne.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Video
The project in Burkina Faso aims to improve nutrition security among women and young children. Its approach is broad based and begins with education.

Cécile Beloum Ouedraogo est la présidente d '« Appui moral, matériel et intellectuel à l'enfant » (AMMIE), une ONG qui enseigne aux mères à mieux nourrir leurs enfants. Elle et son équipe vont de village en village pour donner des cours de nutrition. Des démonstrations de cuisine apprennent ensuite aux mères comment fortifier les repas de la famille avec des ingrédients riches en vitamines.

« Nous avons constaté des résultats très positifs. Grâce à l’éducation nutritionnelle, l’expérimentation et le diagnostic, les cours pour les mères, nous avons constaté une baisse du taux de malnutrition dans les zones où nous intervenons », explique-t-elle.

Le lundi est jour de marché à Ouahigouya. Cécile et son équipe y enseignent aux vendeurs de fruits et légumes la valeur nutritionnelle de leurs marchandises afin qu’ils puissent ensuite faire passer cette connaissance à leurs clients, tandis que les fermiers sont encouragés à cultiver des fruits et des légumes plutôt que de  continuer à produire seulement des céréales de base moins nutritives. On leur enseigne les techniques agricoles indispensables  et ils sont assistés financièrement dans le développement de leurs parcelles et de puits. Ils consomment leur propre production mais vendent également leur surplus sur les marchés locaux.

L'allaitement maternel

Une autre partie du projet consiste à s'assurer que l'enfant a bien été nourri dès son plus jeune âge. Traditionnellement les mères au Burkina Faso ne pratiquent pas l’allaitement exclusif, y substituant souvent une sauce ou même de l’eau. Nombre de bébés sont ainsi malnutris et beaucoup d’entre eux meurent.

Pour souligner la valeur nutritionnelle du lait maternel, des groupes de théâtre locaux se produisent dans les villages ruraux jouant des pièces qui encouragent l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois de la vie du nourrisson. Le spectacle est suivi d’une séance de questions et réponses pour renforcer le message.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Video
It is hoped that the project will revolutionize food production and diet in Burkina Faso and move the country towards nutritional independence.

Mamounata Kabore est l’une des mères qui assistent au spectacle, mais elle a déjà eu connaissance du  message et le met en pratique ; elle continue d’allaiter Oumarou, âgé de 9 mois, et n’a commencé à le nourrir avec d’autres aliments que récemment. Malgré la tradition, l’allaitement maternel s’impose progressivement et les bébés sont mieux nourris et en bien meilleure santé.

« Aujourd’hui ce n’est plus comme par le passé », explique Mamounata Kabore. « Avant les enfants étaient très malades. Ils attrapaient toutes sortes d’infections de leurs mères qui les nourrissaient mal. Parfois ils pouvaient même en mourir. Aujourd’hui, les femmes pratiquent l’allaitement exclusif et les enfants sont en bonne santé. Ils ne tombent plus autant malades. C’est pourquoi toutes les femmes du village allaitent leurs enfants jusquce qu’ils atteignent six mois ».

Plus de 14 500 villages vont bénéficier de ce projet, permettant d’atteindre environ 75 000 femmes enceintes, 145 000 enfants de moins de deux ans et 145 000 femmes allaitantes.

Vers l'independance nutritionnelle

Le chef de la délégation de l’Union européenne au Burkina Faso, Alain Holleville, s’est personnellement investi dans le déroulement et le succès  du projet. « Ce projet, qui s’intègre dans un ensemble de projets que nous finançons au Burkina Faso dans le domaine de la sécurité alimentaire, se consacre spécialement à la nutrition avec pour objectif pédagogique de souligner que les questions de  nutrition doivent être comprises selon une approche multisectorielle », explique-t-il. « Cela signifie d’intégrer la production, la qualité, la diète alimentaire, l’éducation. En un mot, cela doit devenir un « hub » qui coordonne les questions, ce qui est une toute  nouvelle manière d’aborder les choses comparé à ce qui se faisait avant dans le domaine de la sécurité alimentaire au cours de ces dernières années ».

Le projet va, on l’espère, révolutionner la production alimentaire locale et la diète locale au Burkina Faso, et faire passer le pays de la crise nutritionnelle récurrente à l’indépendance nutritionnelle.


 

 

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