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Communiqué de presse

L’Afghanistan est l'un des pires endroits du monde pour la santé des femmes, affirment L'UNICEF et le CDC

New York/Kaboul, 6 novembre 2002 – Des enquêtes menées par l’UNICEF et les Centers for Disease Control (CDC) dans quatre régions d’Afghanistan ont montré que les femmes afghanes souffrent d’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés du monde. La moitié des décès des femmes de 15 à 49 ans sont le résultat de la grossesse ou de l’accouchement.

Selon Carol Bellamy, Directrice générale de l’UNICEF, ces enquêtes, menées à une échelle sans précédent dans le pays, mettent en lumière « une tragédie humanitaire permanente pour les femmes et les enfants afghans, une tragédie qu’il faut faire connaître et combattre. »

Tommy G. Thompson, Secrétaire d’Etat des Etats-Unis à la santé, qui s’est rendu récemment en Afghanistan, a déclaré : « L’Afghanistan et ses infrastructures ont été dévastés par la guerre et le Taliban, et les problèmes de santé publique sont particulièrement graves pour les femmes et les enfants. Les Etats-Unis sont décidés à améliorer cette situation catastrophique et à aider à rétablir la santé des femmes et des enfants en Afghanistan. » Le Secrétariat d’Etat à la santé supervise les CDC.

Les enquêtes lancées conjointement par l’UNICEF et les CDC ont été menées dans quatre provinces couvrant des zones rurales et urbaines : Kaboul, Laghman, Kandahar et Badakshan. Elles ont été organisées de mars à juillet 2002 en collaboration avec le ministère afghan de la Santé publique et avec l’appui d’agents sanitaires afghans de sexe féminin.

Les enquêtes montrent qu’il y a en moyenne 1 600 décès de mères pour 100 000 naissances vivantes, une statistique qui indique que l’Afghanistan est probablement le pire endroit au monde pour une femme enceinte. On a accompli peu de progrès pour réduire la mortalité maternelle. Quelque 515 000 femmes continuent à mourir chaque année pendant leur grossesse ou au cours de l’accouchement.

« Pour les Afghanes en âge d’avoir un enfant qui ont participé à nos enquêtes, la principale cause de décès, c’est la grossesse et l’accouchement, a constaté le docteur Linda Bartlett, médecin au programme de santé génésique des Centers for Disease Control (CDC), l’organisme qui patronnait l’enquête. Ces femmes meurent alors que la plupart de ces décès auraient pu être évités, ce qui veut dire que la prévention est tout à fait possible. »

Dans les régions reculées, les agents sanitaires de l’UNICEF et des Centers for Disease Control (CDC), y compris le docteur Bartlett, ont voyagé à cheval pendant plusieurs jours, faisant du porte à porte pour interviewer les familles sur les causes de mortalité des femmes dans leur communauté. Le rapport examine les données recueillies auprès de 13 000 foyers, dont les membres ont fourni des informations sur quelque 85 000 femmes. Les foyers ont dû répondre à des questions sur les décès des femmes en âge d’avoir des enfants et décédées entre 1999 et 2002.

« Ces enquêtes remarquables en disent long sur les difficultés que devront surmonter les femmes et les filles d’Afghanistan, a noté Mme Bellamy. Il est impossible de mesurer la détérioration de la santé des femmes suite aux restrictions imposées par le Taliban et à 20 années de guerre. Grâce à ses nouveaux dirigeants et à l’aide fournie par la communauté internationale, l’Afghanistan peut saisir l’occasion de renverser cette tendance dès maintenant. Mais les femmes ne profiteront des nouveaux investissements dans le domaine des soins de santé de base que si elles ont accès à ces soins. »

Lien entre mères et enfants

Lors de la publication du rapport au siège de l’UNICEF, les deux agences ont insisté sur le fait que la mortalité maternelle n’est pas seulement un « problème de femmes ». L’étude révèle que si une mère meurt en couches, son bébé n’a qu’une chance sur quatre de survivre jusqu’à son premier anniversaire.

« Perdre sa mère à la naissance est l’un des événements les plus graves et les plus traumatisants de la vie d’un enfant, a affirmé Mme Bellamy. La mortalité maternelle ne touche pas seulement les femmes, elle affecte les enfants, le père, la famille et la communauté tout entière. On peut dire que la mortalité maternelle est l’un des problèmes de santé publique les plus négligés au monde. »

Autres conclusions du rapport :
  • La plupart des décès maternels auraient pu être évités.
  • Sept pour cent seulement des femmes qui sont mortes au cours de l’accouchement bénéficiaient de l’aide d’un agent de santé qualifié.
  • La plupart des femmes qui sont décédées avaient entre 20 et 29 ans. Quatre pour cent d’entre elles seulement étaient alphabétisées et 26 pour cent de leurs maris étaient alphabétisés.
  • Les taux de mortalité maternelle variaient beaucoup en fonction de la région, illustrant les différences entre les villes et les régions rurales en ce qui concerne l’accès à des ressources et à des soins de santé.

Compte tenu des conclusions de l’enquête, l’UNICEF et les CDC recommandent :

  • La mise en place de capacités permettant de dispenser des soins de santé dans les régions isolées du pays. Equipés de médicaments essentiels, capables de faire des césariennes, d’aider à l’accouchement, de pratiquer des transfusions sanguines en toute sécurité, ces centres veilleront à ce que les femmes afghanes recourent de plus en plus fréquemment à ces services d’appui et de santé.
  • La formation d’accoucheuses, d’infirmières et de sages-femmes qualifiées.
  • La création de programmes d’éducation destinées aux femmes et à leurs familles et visant à les aider à reconnaître les différences entre une grossesse normale et anormale, ainsi que d’éventuelles complications.
  • Le traitement des complications qui peuvent survenir lors de la grossesse, comme la pré-éclampsie, ou dues à l’anémie et au paludisme. Il faut également améliorer l’accès à des soins prénatals de qualité.
  • La construction et la réparations des routes du pays pour faciliter l’accès aux dispensaires des régions rurales.

« On ne peut admettre que des femmes meurent alors mêmé qu’elles donnent naissance », a dit le Représentant de l’UNICEF Eric Laroche, qui dirige le programme de pays de l’UNICEF en Afghanistan. « L’UNICEF est déterminé à aider l’Afghanistan à améliorer la santé de ses femmes et de ses enfants, et, pour progresser, il faut absolument faire baisser les taux de mortalité maternelle. Cela doit être une priorité. »

Informations sur la situation des enfants en Afghanistan

Des millions d’Afghans, dont la moitié au moins sont des enfants, sont en danger. Le taux de mortalité des moins de 5 ans dans le pays est d’environ 257 pour 1 000 naissances vivantes, d’après les estimations, soit un enfant sur quatre. C’est un des taux les plus élevés du monde, le quatrième après le Sierra Leone, l’Angola et le Niger. De surcroît, un enfant afghan sur deux souffre de malnutrition et 40 pour cent des enfants meurent de diarrhée et d’infections respiratoires aiguës. Le pays manque d’eau salubre et d’installations sanitaires adéquates : 13 pour cent seulement de la population a accès à de l’eau potable et 12 pour cent à des installations sanitaires adéquates.

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Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à :

Jehane Sedky-Lavandero, UNICEF Media, New York,
212-326-7269,
jsedky@unicef.org

Chulho Hyun, UNICEF Media, Kabul,
+937 027 8493,
chyun@unicef.org

Laura Leathers, CDC Press Office,
770-488-5131,
lwl2@cdc.gov

William Pierce, U.S. Department of Health and Human Services,
202-690-6343


Pour de plus amples informations sur ce que fait l’UNICEF pour les enfants et les femmes de l’Afghanistan, consultez http://www.unicef.org/french/noteworthy/afghanistan


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